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Véronique Hermann Sambin, a jazzé et jazzera encore !


Par | Le 21 Mai 2018 | Lu 281 fois

Véronique, celle qui est compositrice, parolière et interprète alakel, oui alakel… Pour ceux qui la suivent déjà comme pour ceux qui la découvriraient, elle semble chaque fois recevoir de bien belles et nourries cheering ovations, ravir plus d'une oreille, susciter toutes sortes d'intérêts… Avec bonheur, "belté", pétillance, sublimité et audace, elle croise et mêle qui le jazz, qui kréol-la-ki-tannou, qui ses mots et leurs mots, qui les façons de chanter les autres, qui ses notes et leurs notes, qui les genres musicaux, qui la langue de Molière et de Shakespeare, qui ses amitiés musicales… Voilà une grande artiste bien-de-chez-nous qui se lit, s'écoute et qui fait swinguer… sans modération!


Véronique Hermann Sambin, a jazzé et jazzera encore !

GK : Pour écrire faut-il être une littéraire, pour composer faut-il être une musicienne… ou faut-il juste avoir envie de dire et de faire entendre si tellement et avec une belle dose de swing ?
Véronique Hermann Sambin : Oui, "juste avoir envie", comme vous dites. L'envie d'exprimer sa vision, lui donner les moyens de prendre corps, l'ouvrir au monde de manière sensible et/ou intelligible. Par ailleurs, l'écriture et la composition ne doivent pas forcément passer par un support artistique pour exister. Les histoires sont écrites au quotidien, leurs musiques défilent partout.

GK : You have a dream… écrire pour… ?!?
Véronique Hermann Sambin :
J'ai commencé par écrire pour raconter, chanter le créole à ma manière, le transmettre à mes enfants avec mes épices, mes touches de couleur. C'était très personnel au début. Comme en cuisine, je ne résiste pas à l'idée de faire évoluer les recettes. Mon rêve est de continuer le plus longtemps possible à faire des expériences et de créer en affûtant mes capacités d'observation, d'interrogation et d'émerveillement. Je rêve aussi que chacun puisse s'exprimer librement.

GK : Dans votre playlist aujourd'hui, quel est le morceau que vous écouteriez encore et encore… que vous feriez écouter… sans vous lasser… et pourquoi ?
Véronique Hermann Sambin :
Aucun. Pour tout vous dire, le seul morceau que j'ai écouté des dizaines de fois de suite, sans jamais me lasser est "Lé ou lov" d'Energy et Jean-Michel Rotin. Le propos était flou, la ligne de basse méchante, l'ambiance très siwo invitait à bouger... Bref, tous les ingrédients pour l'amour et à l'époque, j'étais follement amoureuse. Depuis, je suis guérie (sourire).

GK : Devant quel parterre de gens qui vous sont chers ou vous ont inspirée, que vous chanteriez vos morceaux favoris de votre album Basalte ?
Véronique Hermann Sambin :
Difficile de répondre à cette question et de faire une sélection. De plus, vous savez, je suis autant inspirée par ceux que j'apprécie que par les autres.

GK : Votre scène de rêve : un duo avec Ella Fitzgerald ou Edith Piaf ou Moune de Rivel …sur quelle scène emblématique… et surtout sur lequel de vos morceaux ?
Véronique Hermann Sambin :
Avec Ella, sans hésiter. Sur une plage, face à la mer, à l'abri des oreilles et des regards. Passer un moment avec elle. Fredonner quelques airs. Aucune de mes chansons ne conviendrait à cet instant. Et même si Ella me disait - poussons le délire à l'extrême : "allez Véro, j'insiste, faisons un duo sur l'une de tes chansons ! "; je lui proposerais sans doute d'improviser sur un Blues. Un blues de partage, qui n'a pas besoin d'être écrit parce qu'il est en nous depuis toujours !

GK : A Festival Eritaj 2018, votre prestation sera t-elle nécessairement en créole pour faire écho au thème Rézistans ou tout autre chose justement ?
Véronique Hermann Sambin :
Oui, chanter en créole, c'est une de mes manières de résister. Mon corps et ma tête répondent quand je les appelle. J'ai de quoi manger. Je peux m'exprimer relativement librement là où je vis. Je peux aller-venir assez facilement dans la plupart des pays de cette planète. Contre quoi faudrait-il résister ? Contre quoi faudrait-il s'élever quand tout invite à se laisser aller, au gré des vents dominants ? Je chante en créole pour dire "Merci". Dire "Merci" c'est résister à la tentation de se plaindre. C'est réaliser qu'on a la chance d'être là, au bon moment, au bon endroit. D'autres n'ont pas eu ce privilège. Je chante en créole pour donner le meilleur de moi. Exiger le meilleur de moi-même, c'est résister à tout ce qui tente de me dévier de la plus belle route. La plus belle route n'est pas la plus grande. En chantant, en écrivant, en composant, j'espère interroger. Interroger c'est résister à celui qui veut s'imposer. Je chante pour me connaître et encore plus égoïstement, pour me libérer. Oui, se libérer est un grand (gros) mot et cette quête paraît d'autant plus vaine que celui qui se croit libre est fou ou déjà froid. Mais pour moi, c'est une démarche nécessaire, vitale.

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Une passionnée de la presse avec une expérience à l’International ! En savoir plus sur cet auteur


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