Une Guadeloupéenne dans Le Meilleur Pâtissier 


Par La Rédaction | Le 9 Décembre 2017 | Lu 1750 fois

On a pris un rendez-vous téléphonique. Dès les premières paroles, on entend une voix rieuse. Eh oui, la Leila qu’on a connue devant la caméra est la même dans la vraie vie. La candidate de la 6e saison sur M6 a été éliminée le 21 novembre, mais cette trentenaire, souriante, pétillante, ingénieure en automobile a magnifiquement représenté la Guadeloupe – les Antilles.


© Jean-Philippe ROBIN
© Jean-Philippe ROBIN

Girlykréyòl : Leïla, comment avez-vous pris goût à la pâtisserie ?
Leïla : Alors la pâtisserie, c’est venu il n’y a pas si longtemps que ça, il y a trois ou quatre ans, je pense que ce sont des émissions comme Le Meilleur Pâtissier qui m’ont donné envie de faire de la pâtisserie. C’est une émission qui montre que des amateurs peuvent s’éclater et faire des trucs sympas. Donc j’ai commencé à regarder, à acheter des livres, à acheter beaucoup plus de livres, à m’entraîner dans ma cuisine, et puis voilà, j’ai pris goût comme ça à la pâtisserie.

Girlykréyòl : Pourquoi vous êtes-vous lancée dans cette aventure, « Le Meilleur Pâtissier » ?
Leïla :
Comme c’est une émission que je regarde souvent, je m’y voyais bien (rire), je pouvais bien m’y projeter. Ensuite, quand j’ai commencé à faire de la pâtisserie, j’ai beaucoup appris moi-même avec mes livres dans la cuisine et j’ai souvent eu l’envie de me confronter à d’autres, et j’avais déjà participé à d’autres concours, mais celui-là, c’était vraiment l’apothéose, c’était quelque chose qui m’intéressait beaucoup, mais je savais qu’il y avait des contraintes particulières, il fallait être disponible pendant une durée indéfinie, et cette année, j’avais un petit créneau dans mon agenda professionnel qui me permettait de prétendre pouvoir y participer, donc j’ai posé ma candidature, j’ai passé les différentes étapes du casting et puis on m’a sélectionnée.

Girlykréyòl : Ça n’a pas été trop difficile de vous retrouver face aux caméras ?
Leïla :
Eh bien, bizarrement, non ce n’est pas si compliqué, je pense qu’à un moment, elles font partie du décor et on s’y habitue. C’est vrai que la première émission, c’était impressionnant parce qu’il faut imaginer une tente avec 12 candidats qui pâtissent, donc 12 éviers, 12 fours, 12 plaques, et en plus tout l’environnement du tournage : les caméras, les journalistes, les réalisateurs, les cadreurs ; et ça fait un brouhaha impressionnant. Je pense que lors des premières émissions, j’étais peut-être un peu impressionnée, mais après, je me suis coulée dans le moule et ça a été.

Girlykréyòl : Avez-vous eu des moments de frayeur, de gros stress lors des épreuves ?
Leïla :
Pas forcément des moments de stress, je ne suis pas d’un naturel stressé, mais il y a eu des moments un peu plus « speed » que d’autres. Je suis quelqu’un qui d’habitude pâtisse pour le plaisir, à la maison tranquillement, et c’est vrai que la gestion du timing a été un peu compliquée (rires) ! Donc, il y a eu des moments, pas de stress, mais des moments de « speed ». Mais bon après je les prends vraiment avec philosophie et je ne me stresserai pas pour de la pâtisserie.

Girlykréyòl : Malgré la compétition, on avait l’impression qu’il y avait de l’entraide, des amitiés naissantes avec les autres candidats. Comment cela s’est-il passé, en général ?
Leïla :
En général, ça s’est vraiment bien passé et je trouve même qu’on ne montre pas assez l’entraide et les liens qu’il y a entre nous. Parce qu’il faut imaginer qu’il y avait 12 candidats au début et on vit ensemble en fait, on est tous dans le même hôtel, donc on tisse des liens, et on a tous cette passion commune qui est la pâtisserie donc on passe des heures à parler gâteau ! Vraiment, c’est amusant, et puis pendant les moments de calme, on organisait des soirées « jeux », on était toujours ensemble et donc ça crée vraiment des liens, et aujourd’hui encore, on se voit encore avec certains candidats.

Girlykréyòl : La question qu’on doit souvent vous poser : qu’avez-vous pensé de Mercotte et de Cyril Lignac ?
Leïla :
Eh bien, exactement, c’est une question qui revient souvent, parce que bien souvent, les gens lorsqu’ils regardent l’émission, ont un a priori sur Mercotte. Elle a l’air d’être dure et je vous jure que Mercotte, c’est quelqu’un d’extraordinaire, je le dis souvent, c’est quelqu’un de drôle, on rigole avec elle et en plus, comme elle et Julia (l’animatrice) sont souvent présentes au château, on les voit souvent. Elle vient nous donner des conseils, elle voit nos recettes, elle nous propose des choses pour nous améliorer ; c’est vraiment quelqu’un qu’il faut connaître ! Quant à Cyril Lignac, j’ai eu moins de contacts avec lui, donc je n’ai pas beaucoup échangé avec lui. Mais en tout cas, Mercotte, elle est top !

Girlykréyòl : Vous parliez tout le temps de votre île, des Antilles. Avez-vous eu des retours de la communauté antillaise, ou de votre famille sur place, en Guadeloupe ?
Leïla :
Ma famille sur place et mes amis sont super contents que je parle de la Guadeloupe et que je la représente « bien », mais ce que je leur ai dit lors du casting, c’est que quand je pâtisse, je pâtisse comme j’aime, et tous les produits de la Guadeloupe, j’aime ! Et je vous dirais même que je trouve que j’aurais pu encore faire plus, car on a un patrimoine gastronomique extraordinaire, que ce soit salé ou sucré et on pourrait mettre beaucoup plus en avant nos produits et notre gastronomie, donc si je peux le faire, je le fais.

© Jean-Philippe ROBIN
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Girlykréyòl : Quel a été votre meilleur souvenir de cette aventure ?
Leïla :
Le meilleur des meilleurs, il est général, je vais vraiment insister là-dessus : c’est les rencontres. Il y a des personnes que j’ai connues dans cette émission et que je n’aurais pas pu côtoyer, parce qu’on n’a pas les mêmes vies professionnelles, on n’a pas les mêmes environnements, et j’ai rencontré des gens top ! Mais vraiment top ! Il y en a cinq qui sont dans mon cœur et c’est ce qui est beau dans cette émission, c’est qu’on crée de beaux liens.

Girlykréyòl : Comment avez-vous vécu votre départ lors de la 6e semaine ?
Leïla :
Déjà, la cinquième semaine a été très compliquée, parce qu’il y a eu la fatigue, un peu tout, j’ai eu un passage à vide entre l’émission 5 et l’émission 6. Je n’ai pas forcément, sur le coup, compris mon élimination, après voilà je comprends qu’il y a des choix, que c’est la vie, mais bon… Je me suis dit : « Tu as fait ce que tu pouvais, tu t’es éclatée, et puis voilà, maintenant, tu rentres chez toi. »

Girlykréyòl : Pour conclure, quel a été votre regard lorsque vous vous êtes vue à la télé ?
Leïla :
Déjà, je me suis reconnue, j’avais surtout cette crainte en fait. J’ai bien vu que j’avais des cheveux blancs (rires). Je me suis bien reconnue, et j’ai bien retrouvé l’ambiance, j’ai vraiment adoré regarder les émissions. Et je continue à regarder pour voir ce que les copains font.

Girlykréyòl : Un dernier mot ? 
Leïla :
Moi, ce que j’aurais aimé partager, comme je vous l’ai dit au début, c’est le fait qu’on a une richesse aux Antilles, culturellement, et aussi au niveau de la gastronomie, et je pense qu’on a tous une façon de la valoriser. Si on peut le faire, il faut le faire. Je trouve qu’on ne parle pas forcément tout le temps en bien de la Guadeloupe et pourtant des gens font des choses bien. Donc il ne faut pas hésiter à en parler, à le montrer.

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Merci à la chaîne M6
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