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Témoignage de NATHALIE CHILLAN : son cancer du sein, le sien !


Par | Le 25 Octobre 2014 | Lu 3230 fois


Témoignage de NATHALIE CHILLAN : son cancer du sein, le sien !
ESSAYER DE COMPRENDRE LES EPREUVES DE LA VIE
Sinon je dois reconnaître que d’autres épreuves dans ma vie m’ont forgées (pour que vous compreniez bien MON état d’esprit). Et quand j’ai eu le cancer du sein… c’était un cancer du sein, voilà quoi… je ne peux pas dire que je l’ai accueilli comme un truc banal… c’est pas vrai… mais je me suis vite remontée en me disant «((…)) ce n’est pas un cancer du sein qui va t’abattre…». C’était un peu : «circulez, il y a rien à voir» : voilà… qu’est-ce qu’on fait ? comment on gère la crise ?… et puis voilà ! J’ai une carapace assez dure par rapport aux choses qui peuvent m’arriver. Mes collègues ne furent donc pas étonnés de ma réaction, de comment j’ai géré le cancer du sein : «C’est tout à fait, Nathalie…». Après quand j’essaie d’insuffler ça aux gens, je ne veux pas non plus trop minimiser le fait que quelqu’un puisse mal le vivre… Je me dis : «Nathalie, peut-être que les gens n’ont pas les mêmes outils que toi !». Je vous assure, je ne sais pas où je les ((les outils)) pris. C’est comme ça que je suis : quand une épreuve se présente, je la gère. C’est naturel pour moi. Je suis toujours en train de me dire : bon alors, j’ai ça… c’est fait : on n’y peut rien ! Comment on fait pour s’en sortir ? et je suis comme cela dans tout ce que j’entreprends. Malheureusement, des fois ça peut paraître ((aux yeux des autres)) «inhumain». Je suis assez rationnelle et je ne suis pas dans «l’affect». Ca ne veut pas dire que je n’ai pas de peine. Mais je choisis de rebondir… la vie continue… il faut continuer… Je me suis plongée dans le travail, dans plein d’autres choses ! Souvent, les gens me disent «oui, on vous entend parler… mais pas de Dieu !». J’ai une conception assez rationnelle de ma foi : je ne suis pas quelqu’un qui va à l’église… de temps en temps je fais une prière… je n’en veux pas à Dieu de m’avoir fait passer ces épreuves. ((…)) Peut-être qu’il fallait que j’ai un cancer pour m’engager dans mon blog MA TÉTÉ, pour m’engager dans un certain nombre de choses, pour m’impliquer dans quelque chose qui va apporter aux autres  ((…)). Je prends acte de ce qui m’arrive. Ma foi c’est dans ma manière de me comporter avec les autres au quotidien. Moi ce que je crois, et j’en suis persuadée, que ce sont des épreuves de ma vie ont déclenché mon cancer du sein - (même si c’est génétique… regardez ma mère n’a rien développé !). Je vis pleinement. Je bouge beaucoup. A un moment de sa vie : il faut regarder ce qui vous arrive… se poser des questions… pourquoi je suis porteuse du gène du cancer du sein et des ovaires ? … Il y a un message : «Nathalie, il y a quelque chose là pour toi… tu ne le comprends pas encore ! …» Il y a comme des faits-exprès dans nos vies… Il faut voir… Il y a plein de petits signes qui me montrent que les choses se font comme elles doivent se faire, comme elles doivent arriver. Il y a des choses qui nous dépassent, qui sont plus «grandes» que nous. Je suis persuadée que tout ce qui m’est arrivé a un sens. Bon après… je comprendrai peut-être un jour ?!? Je dis qu’il y a des choses qui me mènent à des endroits que je n’aurais jamais soupçonnés : je ne serais jamais venue dans la prévention du cancer du sein, si je n’en avais pas moi-même eu un ! ((…)) Peut-être que c’est moi qui me fais mon film : peut-être qu’il ne faut pas chercher des explications ? Tout cela pour dire que je crois profondément en l’humain et cela me fait croire que l’on peut se surpasser, se dépasser, qu’on peut trouver en soi le courage pour surmonter les épreuves, accompagné(e) ou pas - de préférence, accompagné(e) !
 
BONDYE PAKA BAW CHAJ KE OUPEPA SIPOTE
«Tété pa janmè tro lou pou lestomak». ((…)) Quand j’ai eu le cancer, je me suis dit : «Là, ils (les médecins) seront obligés de les retirer, peut-être qu’ils sont devenus trop lourds… !?!». On peut tous trouver en soi de la ressource pour gérer pour peu qu’on soit décidé à s’en sortir. Quel est le sens de ce qui m’arrive. Est-ce que je vois l’immédiateté : la douleur ou est-ce que je vois au delà de ça. Moi, ce qui m’a beaucoup plu dans cette expérience c’est de transformer cela en quelque chose de positif. Je me suis dit «Avoir un cancer du sein pour avoir un cancer du sein, tant qu’à faire, autant que cela me serve à quelque chose. Autant que cela serve à quelqu’un. Autant que cela serve à des femmes. Voilà !» C’était cela mon leitmotiv. Quand j’ai eu la maladie, je me suis dit «Tiens tu vas écrire !». Puis finalement, je n’ai rien écrit parce que j’étais fatiguée… parce que… parce que… Et l’envie d’écrire s’est transformée en blog (MA TÉTÉ). Moi, je dis que pour bien écrire, il aurait fallu que je consigne un certain nombre de choses. Je n’ai pas envie de faire un livre et de ne pas restituer les vraies émotions. Et en fait, le livre se serait justifié si au jour le jour, j’avais notifié les choses. Faire un livre maintenant, ce serait sur «l’après». Je trouve que c’est dommage de faire un livre et de ne pas vraiment dire les émotions, les vraies émotions. C’est ce qu’elles souhaitent trouver les femmes : des émotions, une réalité pas travestie. Ce qu’elles veulent, c’est «à tel instant, comment ELLE a réagi… a tel moment, qu’est-ce qu’ELLE a fait… ELLE aussi, elle a eu ça… Est-ce que moi je vais réagir comme ELLE…». Avoir un panel de réactions et se dire «voilà je vais peut être passer par ça, par ça et par ça !» Ecrire un livre, cela ne me paraît pas opportun. Je ne suis pas spécialement sur cela. J’ai plutôt envie d’une implication où je vais aider sur «endurcir son moral». Je ne vais pas parler de «coaching», c’est un peu trop technique. C’est vraiment inspirer à assumer, à gérer… Je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire dans le sens des compagnons, des enfants à gérer, de l’intime… et qui ne sont pas vraiment explorer surtout chez nous : tout semble focalisé sur la femme malade et la maladie elle-même.Avec un blog (FB : Ma Tété), il y a la place pour l’échange, pour la discussion. Tenez, j’ai été très marquée la semaine dernière par un commentaire d’une femme anonyme. C’est vrai que ça m’a un peu bouleversée, un peu tourneboulé la tête : «elle» a fait le choix de ne pas se battre contre son cancer du sein. Elle sait qu’elle va mourir. De toutes façons le cancer du sein a raison d’elle. Il n’y a pas de nécessité qu’elle se batte…» Et je me suis dit «mais Nathalie, effectivement, toi, qui es-tu pour demander aux gens de se battre. Il y a peut être des gens qui ne veulent pas se battre !». Après c’est une question de caractère, je sais que je n’aurais pas eu ce discours-là personnellement : ça ne tient qu’à moi de dire cela. Je pense que je me serais battue, battue jusqu’au bout - même si effectivement c’est un peu perdu d’avance ! Mais ce témoignage m’a re-centrée un peu sur mon discours : il ne faut pas vouloir que les femmes veuillent faire par mimétisme. Je parle pour celles qui sont perméables à ce discours-là. Celles qui ne veulent pas, elles ne veulent pas ! Celles qui veulent être encouragées peuvent trouver là (sur mon blog) un espace où elles peuvent se re-motiver. Maintenant celles qui n’en ont pas besoin ou qui ne le souhaitent pas… vivent la chose différemment aussi. C’est leur choix, leur liberté aussi. Il faut surtout pas que je m’érige en «donneuse de leçons» - c’est ça que je ne veux pas ! Et c’est bien, ce témoignage-la m’a quelque peu re-cadrée ! 
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