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Témoignage de NATHALIE CHILLAN : son cancer du sein, le sien !


Par | Le 25 Octobre 2014 | Lu 3182 fois


SE FAIRE SUIVRE OU L’ON SE SENT BIEN ET EN CONFIANCE
J’ai tout voulu faire ici (Martinique) : mon compagnon était ici, ma famille, ma mère, ma grand-mère… J’AI CHOISI de tout faire ici : on a un beau plateau technique ici ! Ca c’est très très bien passé. Si c’était à refaire, je referais pareil. Et même les médecins qui m’ont vue après ont dit que ça avait été très bien fait. Mon compagnon aussi. Il faut être dans de bonnes dispositions. C’était mon cas et j’avais confiance. En Métropole, il y a surtout l’isolement. C’est métro-boulot-dodo. Les proches n’ont pas forcément le temps de venir : ils viennent le week-end. Ici ma mère était là tous les jours. Ma mère me faisait des petits plats quand ceux de l’hôpital ne me plaisaient pas. Elle faisait l’aller et le retour. Il y a tout ce soutien là ici qui est important et ça, ce n’est pas négligeable !
 
LES MEDECINES PARALLELES, UN RECOURS ?
Non vraiment pas. On m’en a beaucoup parlé. Je n’ai pas eu recours à cette médecine. On m’a parlé de plein de petits trucs. Mais j’étais tellement mobilisée sur ce que les médecins me donnaient à prendre que je n’avais pas la force de faire autre chose à côté. Je pense que c’est mieux après, pour se tenir en forme etc. J’ai pas fait grand chose. Je fais du yoga maintenant. Je ne sais pas si on peut appeler cela «médecine parallèle» - je préfère dire «thérapie alternative». Sinon, je pense que cela peut faire du bien. Je n’étais pas une adepte avant - donc je n’ai pas plus sauté sur cette occasion là. A propos du jeûne, j’ai envie de dire qu’avec la chimio, le jeûne s’imposait. Avec la chimio, je n’ai pas eu ce problème de goût, j’ai juste pas eu faim ! C’est marrant, j’avais l’impression d’être enceinte, j’avais envie de manger des agrumes. Mon cancer a été décrété en septembre. J’ai commencé ma chimio vers décembre, période où l’on trouve beaucoup de mandarines. Je ne mangeais que ça. Mon ami me faisait des salades de fruits oranges-mandarines. Il n’y avait que cela qui me faisaient envie. Et puis après, brusquement, j’avais à nouveau faim et ça repartait. Quand la chimio revenait, j’avais encore une perte d’appétit. C’était cyclique. Mais ce n’était pas un jeûne volontaire.
 
GERER AVEC SIMPLICITE LES REFLEXIONS DES AUTRES
Je ne suis pas susceptible. Et en fait, souvent les gens ne savent pas ce qui vous arrive ! Donc une fois ((…)) en voyant ma «boule à zéro», une dame âgée m’a dit : «Mais, pourquoi tu as coupé tes cheveux… tu ne sais pas que l’on ne coupe pas les cheveux, c’est dans les cheveux que l’on a toute sa force». Alors ça m’a fait sourire : parce que ça c’est un peu les anciens. Je lui ai tout simplement répondue «Vous savez Madame, j’aurais bien voulu garder mes cheveux… le problème est que comme j’ai un cancer en ce moment… ils sont tombés tout seuls !…». Elle s’est rendue compte un peu de sa gaffe et elle m’a dit «Ah bon, c’est vrai… aussi jeune ?…». Et on en a discuté parce que j’étais vraiment ouverte à la discussion. Je suppose que quelqu’un qui «cache» aurait pris cela très mal. Et sur ce même stand d’exposition, une petite fille de 7-8 ans  m’a dit «Ah non, moi, je n’aime pas te voir comme cela…». Pareil, j’ai dit «Oui, mais je suis obligée… j’ai eu une maladie qui s’appelle le cancer…»… Elle de répondre : «Oui, mais je ne comprends pas : Papa a dit que Mamie a un cancer, et Mamie, elle a mis une perruque !». Ce à quoi j’ai répondu : «Oui, Mamie a envie de mettre une perruque, mais moi je n’ai pas du tout envie d’en mettre une !». Et donc voilà j’ai toujours été dans le dialogue quelque soit le sujet et les circonstances. L’enfant m’a posé une question et je lui ai répondu tout aussi simplement.



Une passionnée de la presse avec une expérience à l’International ! En savoir plus sur cet auteur


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