Saïna Manotte : « Je suis une femme créole, je crois que c’est ce qui me définit le mieux : ma féminité et ma créolité. »


Par La Rédaction | Le 31 Mars 2018 | Lu 228 fois

Avec Poupée Kréyòl, la révélation des Lindor de 2016 est enfin de retour. Douceur, interprète, poétesse, Saïna Manotte continue de nous ensorceler avec une voix à tomber.


Saïna Manotte : « Je suis une femme créole, je crois que c’est ce qui me définit le mieux : ma féminité et ma créolité. »

Girlykréyòl : Depuis 2016, on parle beaucoup de vous, surtout en Guyane où vous avez été récompensée par 3 Lindor, pouvez-vous revenir sur cette expérience ? 
Saïna Manotte :
Oui, j’ai un bon public en Guyane. La Guyane me donne beaucoup d’amour à chaque fois que je m’y rends. En 2016, en effet, j’ai vécu une expérience magique. Se voir récompensée chez soi, c’est un cadeau incroyable. J’étais fière et honorée, et surtout, ça m’a donné envie de continuer. 

Girlykréyòl : Lors de votre dernière interview  sur GK, on vous avait découverte comme une artiste chrétienne, musicalement, vous avez changé de registre ? 
Saïna Manotte :
J’ai commencé la musique à l’Église. J’ai appris l’orgue et le chant à l’école d’orgue de Guyane. C’est pourquoi mes premiers pas se sont faits dans ce registre. Ensuite, j’ai voulu chanter ce que j’avais à dire. Et j’ai commencé à écrire. Du coup, mes chansons sont 100 % moi. Des textes poétiques, des mélodies variées, du piano, des percussions créoles ou caribéennes, une guitare acoustique, tout ça c’est un peu le style Saïna Manotte.

Girlykréyòl : Vous démarrez l’année 2018 avec un nouveau EP qui se nomme Poupée Kréyòl, qu’est-ce que ça signifie, donnez-nous des détails ? 
Saïna Manotte :
Le titre me vient d’un poème de Damas. J’ai beaucoup lu Léon Gontran Damas quand j’étais au lycée. Ma mère, plus jeune, a fait partie d’une association « les enfants de Damas » et m’a transmis son amour pour la poésie. Dans un poème il dit : « Rendez-les-moi, mes poupées noires, qu’elles dissipent l’image des catins blêmes qui s’en vont, viennent, sur le boulevard de mon ennui ». Et j’avais envie de dire, on est là... du coup, Poupée kréyòl. Par ailleurs, lorsque je me présente, je dis souvent que je suis une femme créole, je crois que c’est ce qui me définit le mieux : ma féminité et ma créolité. Alors, Poupée Kréyòl.

Girlykréyòl : Qu’est-ce qui vous a inspirée ? 
Saïna Manotte :
Je m’inspire de la vie. Des histoires de personnes autour de moi. De mes histoires aussi. Je m’inspire de la Guyane, sa beauté et sa complexité. Je m’inspire de la famille, avec ses facilités et ses difficultés. 

Girlykréyòl : Vous vous consacrez maintenant 100 % à la musique ? 
Saïna Manotte :
En effet, je me consacre entièrement à la musique. J’écris, je compose, j’enregistre, je donne des concerts. Et tout ça, ça me rend heureuse. 

Saïna Manotte : « Je suis une femme créole, je crois que c’est ce qui me définit le mieux : ma féminité et ma créolité. »
Girlykréyòl : Vous êtes suivie par + de 54 000 fans sur Facebook, votre musique, vos reprises sont écoutées/vues des milliers (voire millions) de fois ; que ressentez-vous ? Votre public vous soutient ? 
Saïna Manotte :
Oui, j’ai la chance d’avoir un public très présent, sur Internet, mais aussi en concerts. Il est partout dans le monde et j’ai hâte d’aller à sa rencontre. Des tournées s’organisent et je m’en réjouis.

Girlykréyòl : Comment vivez-vous cette mise en lumière qui a été soudaine ? 
Saïna Manotte :
Je le vis assez bien. Les gens sont bienveillants. Je suis moi-même dans ma musique alors je n’ai pas à me déguiser pour rencontrer le public. Ceux qui me suivent sur mes réseaux les plus intimes, comme Instagram, savent réellement qui je suis, comment je vis, ce que je mange, ce que j’écoute comme musique... 

Girlykréyòl : Sans trop rentrer dans votre vie privée, comment ça se passe la vie de couple entre deux artistes (votre époux est aussi votre guitariste) ? 
Saïna Manotte :
La vie de couple entre artistes, c’est le bonheur, en tout cas pour nous (sourire). On se comprend, on se connaît. Mon mari est chanteur, il a sa propre carrière, il part souvent en concert, ce qui me laisse du temps pour écrire. Quand on se retrouve, on compose ensemble. On partage parfois la scène ensemble, mais c’est plutôt rare. 

Girlykréyòl : Avez-vous prévu une tournée pour présenter votre EP aux Antilles-Guyane ? 
Saïna Manotte :
Je présenterai mon EP en Guyane dans les mois qui viennent. J’irai aussi au Sénégal et en Haïti. Pour les Antilles, c’est en discussion.

Girlykréyòl : Le mot de la fin.
Saïna Manotte :
Pour le mot de la fin, je citerai Albert Einstein, c’est la phrase qui me pousse à avancer chaque jour : « La vie c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre ». 

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