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LE SALON MADAME, salon pour les dames de chez nous !


Par | Le 7 Avril 2018 | Lu 534 fois

GK vous fait ses salutations Madame Cosette LOIAL-OUALLI. Le Salon Madame c’est donc «taw» : votre création, votre défi. C’est au Palais des Sports du Gosier, que vous-même, la marraine d’exception que vous avez choisie, Sonia ROLLAND, vos partenaires, intervenants et exposants allez nous recevoir les 14 et 15 avril. Avec audace et bienveillance, vous avez conceptualisé cette deuxième édition autour de la thématique «Femme et Entrepreneuriat». D’ici là et au-delà de ce week-end, rendez-vous sur salonmadame.fr, FB et Instagram.


LE SALON MADAME, salon pour les dames de chez nous !

Girlykréyòl : Au fait, pourquoi cette appellation «SALON MADAME» ?
Cosette LOIAL-OUALLI :
Je considère qu’il faut redonner aux femmes la place et le statut qu’elles ont occupés dans la société quelque soient leur origine et leur rôle. Avant, on disait davantage «Madame…».  Aujourd’hui, les femmes, les dames sont souvent appelées par leur prénom et rapidement tutoyées. Ceci pourrait leur faire perdre quelque dimension. «Madame» suggère une certaine consistance, classe, respect. Ce n’est pas qu’une question de féminisme ! Justement, le SALON MADAME s’adresse à toutes les femmes. «Ma» femme, celle que je vois à travers ce Salon, n’est certainement pas à limiter qu’à son maquillage, à sa beauté, à son style… Au-delà de sa beauté physique et intérieure, il faut lui reconnaître de l’énergie, du potentiel, de la volonté, des combats, des douleurs, du courage, etc. Elle joue plusieurs rôles dans la société. Il faut des opportunités tel ce Salon, pour permettre à des femmes de rencontrer d’autres femmes entreprenantes, voire leaders, de s’épanouir, de se révéler, de finir par se dire «moi aussi je suis capable de faire… de m’occuper de moi… de m’épanouir»… ! Trop d’entre nous pour des raisons culturelles, familiales, personnelles etc. n’ont pu se révéler que sur le tard. La société reste foncièrement machiste et sexiste : nous devons occuper la place avec juste mesure et personne d’autre ne nous y incitera si nous n’en faisons notre affaire. Si, grâce à ce Salon, des femmes arrivent à faire émerger des choses en elles, se diriger vers ce qu’il y a de mieux pour elles : je serai comblée.

Girlykréyòl : L’entité organisatrice est «BULLE DE SOI EVENT»…
Cosette LOIAL-OUALLI :
«Bulle»… tel un cocon. Le Salon Madame est une bulle, un univers dédié dans lequel je souhaite que les femmes se retrouvent, qu’elles virevoltent dans un cocon qui leur appartient. «Bulle» sous-entend aussi une certaine légèreté tout comme une idée d’effervescence. La bulle s’envole, sans direction forcément donnée au départ, puis s’éclate : les femmes se révèlent alors en émotions, talents, énergies et potentiels. Le «soi»… oui, il faut être centrée sur soi-même pour réussir, être bien avec soi-même, se sentir bien pour entreprendre… Il faut que ces femmes trouvent leur bonne énergie pour pouvoir redonner au monde. Qu’elles s’inscrivent dans le positif. Il faut de la spiritualité, de l’amour et de la bienveillance pour se révéler totalement. Je suis très sensible à cela. D’où des articulations diverses autour du développement personnel, du consulting en entreprises… ce n’est pas un salon à vocation commerciale : c’est un tout que je propose. J’ai des attentes et je pense avoir ciblé les intervenants en veillant à les sonder, les coacher, les cadrer… tout en leur demandant d’être eux-mêmes devant leur public.

Girlykréyòl : La thématique «FEMME & ENTREPRENEURIAT»
Cosette LOIAL-OUALLI :
Oui les femmes auxquelles je pense, elles sont «femmes» avant tout, puis «entrepreneuses». Dans chaque quartier, dans chaque commune, dans chaque maison… il faut que l’on puisse parler de femme et d’entrepreneuriat puisque les femmes, c’est l’avenir du monde - ce n’est pas moi qui le dit ! Il faut en parler partout et souvent pour qu’elles révèlent d’avantage et de nouveau le potentiel qui est en elles. Des êtres exceptionnels. J’ai prévu par exemple, un pôle «Business et Carrière» avec des porteurs d’initiatives complètement dédiées à l’entrepreneuriat. Mettre en synergie toutes les facettes du business. Permettre de lever la pression qu’elles ont de réussir… non pas seulement par rapport aux hommes, de réussir par ce qu’elles sont femmes par essence, parce qu’elles entreprennent déjà dans leur quotidien, parce qu’elles sont mères de famille, parce qu’elles sont célibataires, parce qu’il leur faut contribuer encore plus à la sphère économique, parce qu’elles veulent être reconnues, parce qu’il leur faut être indépendantes pour veiller à s’éloigner de toute situation de pauvreté, parce qu’elles jouent un rôle socio-culturel, parfois politique… parce qu’elles souhaitent pérenniser leur entreprise gage de garantie et de légitimité. Il faut pouvoir échanger, saisir les opportunités offertes, être confrontées à des mentors pour nous épanouir dans notre vie de femmes. Il y a des cheminements à suivre : il faut les apprendre et fédérer. Les conférences, les animations, les ateliers proposés au Salon Madame ont cette vocation. Il faut le savoir, la Guadeloupe abrite le plus gros vivier de femmes entrepreneurs de France. Certes il n’est pas donné à toutes d’émerger. Mais il est donné à toutes d’y croire, voire d’essayer… Chacune pourra trouver et ajuster sa façon d’entreprendre - du moins le Salon Madame a cette volonté.

Girlykréyòl : Pourquoi faut-il absolument venir au Salon Madame 2018 ?
Cosette LOIAL-OUALLI :
Pour répondre à cette question, permettez-moi de considérer ce que j’aurais aimé y trouver moi-même en tant que Madame Lambda :
- partager de la bienveillance, ingrédient majeur et tout ce qu’il y a à engranger !
- trouver quelque chose d’inédit, qui impacte de façon singulière et renouvelle l’esprit et le corps
- oui, aussi faire du shopping sympa… mais pas que ça, bien sûr !
- participer activement à des ateliers, des moments, des initiatives, des rencontres…
- bokanter : je suis, elle est, nous sommes, elles sont… toutes femmes mais si plurielles
- en profiter pour être soi-même afin de mieux donner et recevoir sans être jugée ni ridiculisée
- et tout bonnement, ne pas rater cette deuxième édition !

Girlykréyòl : Quelles sont les personnes qui vous ont positivement marquée ?
Cosette LOIAL-OUALLI :
Bien des femmes et de tout bord : écrivaines, femmes politiques, femmes de mode et de culture… dans ma vie m’auront marquée… Je citerai ici mes incontournables : celles qui me sont le plus chères :
- GERTY ARCHIMÈDE pour son audace à cette époque-là, du fait qu’elle ait été la première femme guadeloupéenne à être avocate, parce qu’elle a pris en main son destin dans cet univers d’hommes et de machistes… jusqu’à devenir une grande femme politique.

- ROSA PARKS parce qu’elle a su dire NON et l’assumer jusqu’au bout. Son NON a durablement et significativement changé le cours des choses. Son NON résonne encore en moi aujourd’hui. Je m’applique à dire des OUI ou des NON francs. Et j’essaie de transmettre ces valeurs à mes enfants.

- MA GRAND-MÈRE, qui est le nombril de ma vie (même si de son nombril est sortie ma mère, puis moi !).

- MA MAMAN qui a magistralement joué son rôle de solo-parent et a distillé dans ma vie tant d’enseignements qui contribuent encore à faire de moi celle que je suis devenue.

- Une certaine JOCELYNE (je n’ai jamais su le nom de cette Dame de Baie-Mahault) que j’ai rencontrée sur le lieu d’un de mes premiers emplois. JOCELYNE, femme de ménage a su dire NON lan mèm lan mèm au patron, NON à ses vociférations etc. Elle a un jour posé son balai en lui disant «a pa pas mwen, malérèz kon roch, kè ou ké fè mwen sibi». Elle a demandé son argent et est partie bien qu’elle avait 4 enfants à nourrir et que chaque jour suffisait sa peine. Je ne l’ai plus revue. Je sais que - seulement 3 mois plus tard - moi aussi j’ai prononcé mon NON à l’humiliation que me faisait subir ce même patron. Je suis partie sans me retourner au grand désarroi de ma maman me rappelant que  je venais d’être veuve et que j’avais mes enfants à nourrir. Je me suis jurée de ne plus jamais accepter vivre cela au travail… J’ai vite décidé de travailler pour moi et me suis donnée les moyens de mes défis, de ma réussite… jusqu’à aujourd’hui. Et c’est tout cela que je transmets à mes enfants et surtout à ma fille. OUI, on a chacun le droit et la nécessité d’être indépendant en ce qui concerne nos sentiments, nos émotions, nos choix… On doit pouvoir exprimer des interdits. Il y a des choses que nous devons pouvoir imposer aux autres. Oser faire des choix. Assumer ses responsabilités. Faire les choses selon son propre désir. Laisser les autres s’épanouir tout autant que l’on s’épanouit et vice versa. Merci JOCELYNE ! Merci Madame JOCELYNE !

Merci à GIRLYKREYOL.




Une passionnée de la presse avec une expérience à l’International ! En savoir plus sur cet auteur


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