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Virginie LEBEAU de Femmdoubout


Par La Rédaction | Le 28 Janvier 2012 | Lu 1272 fois


Virginie LEBEAU de Femmdoubout

Vous êtes une Femme Active, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je suis actuellement responsable d’un magasin dans le secteur du textile. Et en parallèle à mon métier, je fais partie de la session 2011 du concours national « 100 femmes ont décidé de changer leurs vies » lancé par la fondatrice du concept de Beauté et de Bien-être Ethnicia, Hapsatou Sy. Je deviens ainsi sa première ambassadrice en Outre Mer et je compte ouvrir ma franchise Ethnicia en fin d’année 2012, en Martinique.

Mon parcours est un peu atypique, après l’obtention d’ un BTS en informatique de gestion, j’ai voulu d’emblée entrer dans le monde de l’entreprise. Issue d’une famille de commerçant, j’ai hérité très jeune de cette fibre entrepreneuriale. Pendant près de dix ans, j’ai oeuvré dans le secteur automobile en tant que manageuse zone, ce qui me fait avoir une petite pensée pour un autre réseau associatif qui tend aussi à vouloir mettre en avant ces femmes qui font des métiers « dits » masculin : j’ai donc été pendant très longtemps l’une d’entres-elles.

Parallèlement, en 2006, j’ai décidé de me former au coaching d’entreprise, pour savoir mieux optimiser la gestion de mes différentes équipes, et transmettre la culture d’entreprise pour des valeurs et des enjeux communs.

A mes trente ans, j’ai changé radicalement de secteur d’activité pour pouvoir m’orienter vers un corps de métier beaucoup plus féminin et en adéquation avec ma personnalité. En juin 2009, mes diverses expériences tant professionnelles, que personnelles m’ont amené à créer deux e-réseaux associatifs : www.leaderdhom.org et www.femmdoubout.org.

Virginie, pourquoi avoir crée Femmdoubout ?

J’ai vécu des situations difficiles, de celles que l’on n’ose pas dénoncer ou que l’on évite d’aborder. Mais celles-ci m’ont forgé le caractère d’une battante et ont renforcé cette niaque d’entrepreneuse que j’ai en permanence. J’ai eu à vivre la discrimination dans son ensemble : par mon jeune âge, par mon statut de femme, par mon expertise professionnelle qui pouvait être remise en cause juste parce que je n’étais pas un homme, des avantages inégalitaires face à mes collègues au masculin (salaires et autres)… Et puis surtout, osez la confrontation avec un de mes supérieurs de l’époque après des années de vie active sans grande inquiétude.

J’ai perdu brutalement mon emploi que je croyais stable et je me suis retrouvée au chômage (tout cela pour une divergence d’opinion avec un « tout puissant », qui n’aime pas qu’on lui dise NON…). Cette longue période de traversée du désert, qui avait été précédée par « une mise au placard », m’a ouvert les yeux sur les réalités qu’encourt la femme cadre dirigeante sur un siège qui se veut être à tout moment en mode « éjectable ». Et depuis, je me suis donné pour mot d’ordre « Plus jamais ça ! ».

Virginie LEBEAU de Femmdoubout

Quels sont les objectifs de Femmdoubout pour 2012 ?

Renforcer le concept par « La journée de l’entrepreneure au féminin » que je souhaite cette année mettre en place sur la Martinique, au courant du mois de mars 2012. Le plus grand défi serait que mon association FD ait un poids suffisant pour peser auprès des instances publiques et privées, lorsqu’il serait question des interrogations diverses sur le rôle de l’entreprise dans notre société actuelle, tout en restant apolitique.

Surtout, que depuis plus d’un an la Martinique et la Guyane ont décidé de voter pour une institution collective unique.
Malgré la fraiche élection d’une femme à la tête, notamment, de la présidence du conseil général de la Martinique, beaucoup d’hommes, mais surtout de femmes qui subissent déjà silencieusement le « glass ceiling » (le plafond de verre) se posent énormément de questions sur leurs devenirs professionnels. Vous me direz certainement, que d’autres organisations existent depuis de nombreuses années, mais je pense que tout comme moi beaucoup d’entres nous ne s’y sont pas retrouvées, car elles marginalisent de trop les réalités au sein de l’emploi et la situation économique aux DOM.

L’idéologie de Femmdoubout est que « Nous voulons que la femme Martiniquaise, Guadeloupéenne, Guyanaise, Réunionnaise, soit à sa place dans la société moderne, et seulement à la place qui lui est due... » en faisant émerger toutes ensembles le savoir faire et le professionnalisme des femmes de l’outre-mer et au-delà de toutes les frontières.

L’impact idéal serait de faire valoir et reconnaitre ce que la gente féminine domienne est capable de produire et d’accomplir de par le monde. A titre personnel, lorsque j’ai fondé FD et LD c’était déjà un très grand challenge. J’ai mis en lumière ces concepts sans aucune aide logistique et sans aucun moyens financiers. Je ne peux donc à cette heure être plus que satisfaite que mes deux e-réseaux rencontrent un tel succès.

Pensez-vous que l'entrepreneuse doit créer un réseau pour évoluer ?

Pour la création d’une entreprise ou d’une association, il faut entreprendre des démarches qui peuvent s’avérer complexes pour aboutir au montage fiable et viable de votre future société : en menant une petite étude de marché, un budget prévisionnel, construire une équipe et en définissant son impact éventuel sur les personnes que l’on souhaite toucher.
Mais surtout, pour lui permettre de s’affranchir, il faut qu’elle garde une ligne verte constante sur ses objectifs ! Une entrepreneuse d’expérience saura évité certains pièges et conjuguera avec ses erreurs du passé, mais une débutante qui ne connait pas les codes et langages adaptés des chefs d’entreprises aura un peu plus de difficultés. Et, c’est là qu’intervient la nécessité de se faire accompagner ou soutenir par un réseau : un carnet d’adresse, des conseils, et pleins d’autres atouts qui sont plus qu’importants pour affronter la jungle de nos futurs concurrents…

Quel conseil donneriez-vous à une femme qui souhaite créer son entreprise ?

AYEZ CONFIANCE EN VOUS, n’attendez plus la reconnaissance de l’autre… » En Outre Mer, vous trouverez beaucoup de commerces de proximité détenus par des femmes, bien souvent dans le même secteur d’activités généralement liées à la mode ou à l’esthétisme.
Vous avez aussi un fort pourcentage de femmes au foyer qui ont du abandonner leur carrière pour élever leurs enfants, et qui n’ose pas ou ne trouve pas de travail dans une économie fragilisée et en perte de vitesse. Et enfin, vous avez des femmes, qui sont à de hauts postes de dirigeantes, mais qui pour cela ont du passer par la case de l’expatriation pour prouver leurs talents, avant de faire un retour triomphal au pays natal.

Il y a donc des inégalités constantes et frappantes et elles rencontrent des facteurs de discriminations identiques à celles de l’hexagone.
Les constats sont donc très simples à définir, aux Antilles-Guyane et à la Réunion, depuis plusieurs années nous atteignons des taux record de croissance dans la courbe vertigineuse du chômage. Et comme partout, à travers le monde, les premières touchées sont les femmes, malheureusement plus facilement éjectables de leurs postes.

Pourquoi ? Je ne saurais vous dire. Ce que j’entends trop souvent à travers les débats publics et médiatiques m’attriste et me révolte car il ne se passe pas un jour sans que l’on dépeigne d’une image défavorable la femme antillaise entretenue par les diverses allocations qu’elle perçoit telles que le RMI, le rsa, les Assedic ou la caf… A-t-elle réellement le choix dans un sillage économiquement pauvre en création d’emploi ?
Dans une société où les salaires proposés majoritairement aux femmes actives ne dépassent pas le SMIC, ou de peu, et qui ne lui permettent en aucun cas de vivre décemment face à une vie très chère, elle ne l’a pas ! Voilà, toute la complexité d’une question où seuls ceux ou celles qui auront connu le chômage trouveront rapidement une réponse à vous fournir… Les autres qui sont sur un nuage doré vous apporteront malheureusement des arguments qui ne refléteront en aucun cas la vérité sur le terrain.

Mais à coté de cela, on oublie de mettre aussi en projection et en lumière ce que j’appelle l’essentiel : les réalisations de celles qui sont des combattantes contre un système qui ne les soutient plus ou pas toujours.
Elles qui sont de plus en plus nombreuses à se lancer avec succès et très peu de moyens sur le chemin de l’entreprenariat. L’autre problématique est de pouvoir se positionner en tant que femme dirigeante, cela ne s’improvise pas, mais s’apprend : avant tout par l’école de la vie, puis en faisant la lecture de notre colonne vertébrale identitaire on peut arriver à développer au fur et à mesure sa culture managériale.

Hasard du calendrier, en février 2009, les habitants de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion ont été les premiers à crier leurs révoltes contre la vie chère. En octobre 2009, le parlement Européen a lancé le programme FAME, pour la valorisation de l’entreprenariat au féminin. En juin 2009, j’ai créé Femmdoubout pour que les femmes des DFA, puissent susciter et être porteuses de vocations et de propositions professionnelles.
Mon envie est que FEMMDOUBOUT, au fil des années, se pérennise et devienne le reflet de la réussite des entrepreneuses auprès de notre jeunesse domienne qui n’a pas toujours les repères qu’il faut pour s’intégrer en toute quiétude dans l’univers des « killers » dont regorge le monde de l’Entreprise.

Si on souhaite intégrer le réseau, quelles sont les conditions ? Un dernier mot ?

Soyons moins jalouses des réalisations des autres, mais beaucoup plus solidaires dans nos approches d’entreprenariats et de nos collaborations professionnelles.
Ne dit-on pas que l’union fait la force… D’ailleurs, je lance un appel à ceux ou celles qui souhaitent nous accompagner en tant que partenaires financiers sur « la journée et le gala de l’entrepreneure au féminin en 2012 » Pour tous renseignements sur nos conditions d’adhésions et pour télécharger notre dossier de présentation du projet, visitez notre site www.femmdoubout.org ou écrivez-nous sur contact@femmdoubout.org

Présidente et Fondatrice du e-réseau FEMMDOUBOUT - GSM : + (0596) 0696 78 57 96





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