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Un deuxième enfant dans le foyer


Par | Le 30 Janvier 2016 | 0 commentaire(s)


Un bisou contre un coup de pied, tirage de cheveux, pincements, câlins appuyés qui finissent en pleurs, moqueries… Il existe mille raisons de ne pas supporter son frère ou sa sœur. La rivalité peut prendre des formes exacerbées. Mais est-ce pour autant un mal ? Si cette rivalité est humaine, elle peut s’avérer usante pour les parents. Bien la gérer est important pour qu’elle ne dure pas.



© DNF-Style
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Depuis que sa petite sœur teste la marche à quatre pattes, la maison est invivable. Crise de larmes, colères homériques pour des broutilles, votre enfant est méconnaissable.
Dans la maison, il dresse des barricades autour de ses jouets. Et quand il se prend à cajoler sa petite sœur, ses étreintes s'éternisent : il la serre fort, fort, fort... La jalousie de votre aîné vous chagrine ? On se calme... «Beaucoup trop de parents s'imaginent que la famille idéale est celle où tout le monde s'entend à merveille. Du coup, quand leurs enfants s'écharpent, ils éprouvent un sentiment d'échec terrible. Ils se sentent mauvais parents ! Mais l'entente parfaite, c'est un mythe ! » insiste en souriant Matilde Muller, psychologue.
Trouver sa place au sein d'une fratrie, aussi petite soit-elle, c'est, peu ou prou, toujours un combat. Il y aura forcément des conflits. Parce que chaque enfant est né à un moment particulier de la vie du couple, parce qu'il a son caractère bien à lui, il va lutter pour rester l'unique, le préféré, le choisi, auprès de ses parents. « Cette rivalité n'est pas forcément négative, elle va vraiment l'aider à se construire pour sa vie d'adulte », rassure la psy.

Les avantages de l’aîné
Son statut de numéro 1 n'en fait pas le roi, mais mérite quelques égards : « L'aîné essuie les plâtres, c'est lui qui instaure la famille et apprend à ses parents à être parents, il est normal qu'il ait droit à une attention particulière », conseille Matilde Muller. On lui réserve des moments de complicité, on valorise ses capacités de « grand » : « Il est chouette ton dessin » ; on le félicite pour ses progrès : « Tu fais du vélo maintenant comme un grand. Bravo ! Son statut de numéro 1 n'en fait pas le roi, mais mérite quelques égards : « Toi, tu peux te coucher un peu plus tard. » Et quand il régresse à la naissance de son petit frère, on le rassure : « Tu sais, l'amour d'une maman et d'un papa ne se divise pas, il se multiplie, on t'aime toujours autant ! Mais différemment. »

À chacun sa place
« Ce week-end, c'est l'anniversaire de la petite. Il faut penser aussi à un cadeau pour notre grand bonhomme ! » calculent les parents. « C'est une erreur de vouloir à tout prix faire plaisir à égalité aux enfants par crainte de blesser l'un ou l'autre, relève la psy. Au lieu de calmer le jeu, cette obsession d'égalitarisme de la part des parents peut finir par créer une compétition effrénée entre frère et soeur. » Chaque enfant est différent, c'est bien cela qui fait le sel d'une fratrie. Alors, on se focalise sur les passions de chacun. Celui « du milieu » adore les fonds marins ? On l'amène voir un aquarium. Pour l'aîné, le must, c'est la musique : il fera un stage. « C'est en voyant sa singularité reconnue, en évitant d'être comparé aux autres, que chacun va trouver sa place dans la fratrie et s'y sentir en sécurité », explique la psy. Et quand l'ambiance devient trop électrique, on n'hésite pas à disperser les enfants, entre grands-parents, oncles ou tantes : quand un petit peut faire ses expériences en solo loin des frères et sœurs, quel bol d’oxygène !

Intervenir efficacement
Vous l’avez certainement remarqué, chercher le coupable, les forcer à partager ou confisquer l’objet de la dispute…ne font généralement qu’aggraver la situation. Ces situations font en effet perdre la face à l’un des enfants, ou lui font ressentir un fort sentiment d’injustice et risquent de l’inciter à élaborer des stratégies de vengeances ou de représailles. Lorsque ce ne sont que des chamailleries, laisser vos enfants se débrouiller seul autant que possible plutôt qu’intervenir au moindre chouinement, cela leur permettra d’apprendre à régler eux-mêmes leurs conflits.
Lorsque la dispute devient violente et qu’il faut intervenir pour éviter qu’ils ne se blessent, proposer leur une recherche de solutions.

Offrir une attention affectueuse
Bien souvent, les enfants sont parfois en compétition pour susciter l’intérêt des parents. Prenez garde à ne pas valoriser cette compétition entre frères et sœurs qui est la source d’inimitiés. Au contraire, quelles que soient ses difficultés, chacun doit être assuré de votre attention affectueuse. Ils ont le besoin impérieux de se sentir uniques à vos yeux.
Attention pourtant à ne pas les enfermer dans un rôle figé (le colérique, le sportif ou l’intello) que vous leur désignez, ni les comparer. Soyez patients. L’amour que vous leur donnez, sans condition, ils le répercuteront un jour sur leurs frères et sœurs.

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Nasra ANASSI TARACONAT
Journaliste passionnée par la famille, la santé... « Ecrire, Communiquer, Partager, c’est être... En savoir plus sur cet auteur


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