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Solène VANGOUT de Sainte-Anne, Miss Créole Québec


Par | Le 25 Octobre 2014 | Lu 552 fois


Crédit Photo: Nadia Zheng
Crédit Photo: Nadia Zheng
Apiyé Bravo pour la première Miss Créole Québec ! Solène, 19 ans est étudiante en Baccalauréat en relations internationales et droit international (BRIDI) et réside depuis 2 ans à Montréal. Voilà, avec son titre, sa personnalité et… son «kokotayé» superbement bien porté, elle fait un bien bel honneur à Sainte-Anne, sa commune, à toute la Région Guadeloupe et aux femmes du monde créole.

Girlykréyòl : Dites-nous presque tout sur votre première journée de Miss créole Québec 2014…
Solène VANGOUT : J’ai passé une petite journée au calme, avec ma mère qui avait fait le déplacement depuis la Guadeloupe. Nous étions rentrées très très tard (ou très tôt, tout dépend de quel côté du cadran qu’on se place !), je me suis donc autorisée une grasse matinée. Avec une pointe d’euphorie, j’ai plané sur un petit nuage en réalisant petit à petit ce qui s’était passé la veille. J’ai recueilli les impressions de ma mère sur le show puis je suis allée sur les réseaux sociaux et je dois avouer que voir tous ces compliments m’ont, certes, fait plaisir, mais aussi un peu effrayée ! Étant plutôt introvertie et pour la discrétion : autant de compliments de gens que je ne connais pas forcément, c’est tout nouveau ! J’ai aussi dû m’habituer à voir mon nom et ma photo un peu partout sur la toile ! J’en ai profité pour remercier tout ce gentil monde. Ensuite j’ai découvert tous mes cadeaux ! En fin de journée, avec une amie, j’ai visionné et commenté les vues prises, les anecdotes de coulisses et de scène…

GK : Bravo pour votre look… c'est une première : plus que «roots», vous êtes «kokotayé»… et élue Miss parmi toutes !
SV : Merci beaucoup ! Ça va faire 5 ans que j’ai adopté cette coupe car le volume de mes cheveux diminuait ! Je l’avoue, j’ai opté pour la facilité, adieu les tracas ! C’est un look qui engage la discussion, car, dans l’imaginaire commun, une femme a bien évidemment une chevelure. Et bien, moi, je veux prouver que sans cheveux, je suis et reste féminine ! J’ai relevé que beaucoup de femmes sont vraiment tentées par les cheveux courts, mais n’osent pas : elles n’ont pas la tête pour, ça ne leur ira pas, elles ont peur du regard des autres... Je trouve ça vraiment dommage ! J’encourage vraiment les femmes, car l’essentiel c’est d’être à l’aise avec soi-même, d’aller au bout de ses envies, peu importe l’avis des autres ! Et si ça peut rassurer certaines qui changeraient d’avis : ça repousse vite tout ça ! J’avoue que je ne savais vraiment pas, mais vraiment pas si ça allait m’aller, mais j’ai sauté le pas et… l’essayer, c’est l’adopter ! Aujourd’hui, je suis bien heureuse que cette coupe m’aille : elle va me tenir compagnie pour un bout de temps, même si je n’exclus pas totalement la possibilité, un jour, de laisser repousser mes cheveux !

Crédit Photo : Wesley Rigaud
Crédit Photo : Wesley Rigaud
GK : Comment vous retrouvez-vous entre la Guadeloupe, le Québec et le monde créole ?
SV : Mon cœur appartient à la Guadeloupe depuis toujours, et donc de facto au monde créole aussi ! Montréal, est une ville que j’apprends à connaître et à apprécier avec les années. Je me retrouve, car où que j’aille, il y a cette créolité. Ici au Québec, même si c’est une minorité, il y a bel et bien une communauté créole, donc j’ai des repères. Cette «nation créole québécoise» me permet de cultiver cette essence créole. Et puis le créole (l’individu) moderne, si je puis dire, c’est quelqu’un qui, selon moi, même s’il voyage, ne perd pas cette essence. Je me retrouve parfaitement : je suis une femme créole, d’origine guadeloupéenne et je suis québécoise d’adoption. Ce sont toutes ces choses-là qui me constituent et me permettre d’être pleinement moi.
 
GK : Ou sé moun kikoté an Gwadloup ? Ki sipôtasyon ou trapé an lantou a élèksyon-la ?
SV : Mwen sé moun Sentann ! Méri a Sintann sipôté mwen dèpi komansman a avanti-la ! Yo péyé rôb tradisyonel-la, èvè sé akséswa-la. Mè-la èvè tout sé adjwen-la pôté bel mannèv, yo té fyè é plen volonté pou rédé mwen pou konkou-la. Mwen rankontré mè-la an Gwadloup, é séli kipôtè angran mannèv pou manman-mwen rivé jiskont pou konkou-la ! Dépi éleksyon-la, Missié-lèmè, Kristyan Baptiste, félisité-mwen asi lè rézososyal é adjwen-ay osi ! Mwen fyè dè tit a anbasadris a Sentann o Kébèk é alantou-la. Isidan (anlè GirlyKreyol) mwenka viré di mèsi anlo-anlo a toutmoun ! Mwen kontan an sé an moun Sentann andidan kè anmwen é lèspri anmwen !

GK : Solène, votre "mot de la fin", que souhaitez-vous dire pour conclure ?
SV : Un grand grand merci du fond du cœur à tous ceux qui m’ont soutenue et qui ont cru en moi ! C’est avec très un très grand plaisir, que j’ai reçu ma charge de représentante de la communauté créole au Québec et d’ambassadrice au rayonnement de mon île. Je suis devenue aussi la porte-parole de l’Institut Raymond Dewar qui est un centre de réadaptation spécialisé en surdité et en communication. Ma mission est aussi grande qu’enrichissante. Je la prends très au sérieux : «Ansam, annou fè an diférans ». Et enfin, j’aimerais dire merci au Comité Miss Créole, pour cette merveilleuse idée et pour avoir accepté ma candidature. Merci à Sainte-Anne, ma commune. Merci au couturier Paul Jasmin qui m’a confectionné ma tenue traditionnelle : une pure merveille ! Merci au pianiste Jean-Max Mirval, qui a eu la patience de me faire apprendre le morceau de piano «Ou bèl» que j’ai joué. Et fin, le plus grand remerciement va à ma mère, sans laquelle littéralement je ne serais pas là… qui n’a cessé de m’encourager et qui m’a surtout faite l’honneur d’être là, le soir du gala. Une femme créole que j’aime… plus que tout au monde ! 
 



Une experte de la presse avec une expérience à l’International ! En savoir plus sur cet auteur


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