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Rencontre avec le chanteur Saïk


Par | Le 1 Novembre 2014 | Lu 2622 fois


Saïk est de ces artistes qu’on ne présente plus dans le monde de la musique caribéenne. Il n’en finit plus de viser les étoiles et de monter dans les charts. Mais la valeur sûre du reggae dancehall sait aussi garder les pieds sur Terre. Aujourd’hui, Saïk prend le temps de se dévoiler aux lectrices de Girlykréyol.
 
Moi : Sélène, pigiste… Avant : 14, fut ma meilleure note en cours de musique (chant). Aujourd’hui : plutôt bien connectée avec les courants musicaux de mon époque !
Lieu de la rencontre : L'audace Productions à Issy-Les-Moulineaux
Lui : Yohan Pierre-Justin, dit Saïk, Guadeloupéen de Sainte-Anne, musicien dont le troisième album Second Souffle fait un carton dans les charts reggae dancehall.

Crédit Photo : Jimi Kelly Photographe
Crédit Photo : Jimi Kelly Photographe
Sa mini-bio : L’histoire d’amour de Saïk avec la musique a débuté lorsqu’il n’avait que 11 ans ! C’est l’époque des “soundsystem”, des jeans Dikies et des tee-shirts XXL. Saïk fait ses premiers pas avec les Gwadaboys, aux côtés de ses amis de la cité (Mortenol) : Frédo Deado et Bia Bia.

Puis il fait une rencontre des plus inspirantes de sa carrière : Christy Campbell – dit Admiral T – l’un de ses amis et son collaborateur de longue date. Les deux jeunes hommes se lancent dans des sessions, accompagnés de Dj Jerry (le frère d’Admiral T). Des studios, ils partent à la conquête des fêtes communales et réalisent des prestations dans toute l’île.

Le temps passe et l’ambition de Saïk grandit. Un autre collectif voit le jour : le Mortenol Crew : Sam-X, Ocsen et Saïk s’illustrent dans le monde du dancehall underground. Quelques mois plus tard, d’autres artistes : Young Chang MC, Méthi’S et Reyel Ay sont invités à rejoindre les trois Pointois. Désormais, ils seront le Génésiz Crew. Ils feront vibrer les Antillais avec leurs nombreux projets, dont la célèbre mixtape “Téwowist”.

En 2007, il est temps pour Saïk de prendre son envol. Il sort son premier album avec Don Migwell, baptisé “Face à la réalité”. Un véritable succès en Guadeloupe comme dans l’hexagone.
Deux ans plus tard, il fait d’une pierre deux coups. D’une part, il sort son second album “M-10 Strict”, un street album pour faire la transition (après son premier album). D’autre part, il réalise le tournant artistique de sa carrière avec l’équipe G-zup, qui l’accompagne encore aujourd’hui.

En juillet 2013, Saïk montre une fois de plus qu’il est une valeur sûre du reggae dancehall. Son troisième album “Second Souffle” sort en tête des charts et fait toujours partie des meilleurs albums du classement «Musiques du monde» d’Apple. 

« J’ai toujours fait ma musique avec le cœur, par passion sans penser forcément au succès. »
 

De vos années à Mortenol à la scène parisienne : aviez-vous imaginé vivre un tel succès ?
Saïk : Loin de là, puisqu’en fait, j’ai toujours fait ma musique avec le cœur, par passion, sans penser forcément au succès. Dieu merci, ça a payé ! J’ai vraiment pris conscience de la portée de notre travail quand on a commencé à prendre l’avion pour aller assurer des showcases dans l’hexagone.
 
Votre dernier album “Second Souffle” est plutôt éclectique - notamment au niveau des styles, comment s’est passée sa réalisation ? Où puisez-vous vos inspirations ?
Saïk : C’est un album très mélangé, très coloré et ça a été volontaire. Je suis un artiste qui essaie et aime toucher à tout. La création de mon album s’est faite vraiment naturellement. À la composition, j’avais comme « colonne vertébrale » M. T Williams – qui a fait une quinzaine de mes titres – et avec ses instrucs, on a crée ensemble. La deuxième partie de la réalisation s’est passée chez défunt M. Henri Debs – une véritable chance – et son fils Rico. Mister Francky est venu bosser avec nous à l’enregistrement.
Il fallait varier les titres pour toucher un maximum de personnes, il fallait que toute la communauté s’y retrouve : les jeunes comme les plus âgés. C’est un album intergénérationnel qui répond aux attentes des connaisseurs de Saïk : de l’acoustique, du dancehall pur, du dancehall dansant. Côté inspiration, je suis quelqu’un de naturel, je fonctionne à la vibe. Je m’inspire des faits quotidiens, de la réalité. D’ailleurs, le nom de l’album “Second Souffle ” m’est venu de mon vécu, d’avant ma convalescence également. Pour moi, la musique c’est personnel. Quand je chante, j’ouvre mon cœur.
 
D’ailleurs, quel est votre morceau préféré sur “Second Souffle”?
Saïk : Wow, c’est une question compliquée ! Franchement, je dirais “Surviv’” (mais c’est pour vous faire plaisir !). Honnêtement, j’adore “Mamamia”, “Lan’nwit kon la jouné”. Ce sont mes titres et je suis fier de les avoir réalisés avec des références artistiques. Et puis par période, tu as ton classement en fait ! (Rires)
 
Vous avez développé ces derniers temps pas mal de projets personnels («Welcome2myworld», votre site personnel), c’est important pour vous de partager un peu de votre intimité avec votre public ?
Saïk : Oui, car le public cherche à voir plus loin que l’artiste sur scène. Il veut connaître ce qui se passe, les aléas, les coulisses… C’est une manière de lui faire découvrir notre monde d’artistes. Pour moi, des petits concepts comme “Welcome2myworld”, sont très importants car ils servent à maintenir une proximité avec le public. Ce n’est pas qu’avec des gros clips qu’il faut s’adresser à son public ! Et puis ça montre qu’on est naturel, c’est du viral en fait, car au jour d’aujourd’hui, les gens apprécient ce qui se rapproche de la réalité.
 
Vous êtes auteur-compositeur, est-ce que vous envisagez d’explorer d’autres aspects de la musique ?
Saïk : J’y pense… pour le moment, je n’y suis pas encore ! Pourquoi pas, dans le futur, envisager de faire de la production et m’occuper d’un artiste par exemple ? Ça me plairait bien !
 
Vous faites régulièrement des featuring avec d’autres artistes caribéens – récemment avec Desta Gracia –  Souhaiteriez-vous d’autres collaborations ?
Saïk : Oui, sans hésiter ! Il y a un tas d’artistes talentueux dans la Caraïbe : Jah Cure… mais pas que des jamaïcains… Il y a des talents chez nous aussi ! Je pense que c’est important de mélanger les cultures et de partager. Il faut échanger, ça nous enrichit. Quant à travailler avec un anglophone, ce n’est pas difficile : il y a juste la langue qui change. On aime tous faire de la musique, alors il suffit juste de se comprendre musicalement !
 
Entre albums et featuring, vous êtes sur tous les fronts - mais vous reste-t-il des rêves à réaliser ?
Saïk : Oh oui ! (Sourire) Vivre de ma musique, était un sacré rêve qui s’est concrétisé. Ensuite, on ne finit jamais de rêver, les ambitions sont toujours profondes. Il me reste des objectifs à atteindre, comme par exemple l’exportation de notre musique et notre culture sur la scène internationale. Ça aussi, c’est important pour les générations futures.

Rencontre avec le chanteur Saïk
Justement, vous parlez de promotion de la Caraïbe à l’international, en tant que tête d’affiche du Caribbean One Festival 2014, vous sentez-vous dans cette perspective ?
Saïk : L’échange culturel, c’est primordial, ça apporte une véritable richesse aussi bien à notre culture, qu’à nos connaissances. Un festival comme le Caribbean One Festiva l, pour moi c’est THE Event parce qu’il n’y a rien d’équivalent en France ! Avec ce festival, tu as, réunis sur une même scène, des artistes qui participent à diffuser une certaine chaleur caribéenne, et qui passent du bon temps ensemble !
 
Vous êtes un artiste engagé auprès de la jeunesse du pays, quel regard portez-vous sur notre jeunesse ?
Saïk : Ce sont nos petits frères et soeurs, nos enfants. Aujourd’hui, la jeunesse est «pressée» comme la société et évolue au rythme des nouvelles technologies. Si j’avais un conseil à donner – c’est mon petit côté paternel qui ressort et il n’y a pas que les jeunes qui ont besoin de conseils… (Rires) – ce serait de se mettre au travail, car le travail paie. Il faut toujours persévérer, avoir de l’ambition et voir plus loin. C’est la clé de la réussite !
 
LA question que les lectrices de Girlykréyol voudraient sûrement vous poser vis-à-vis : «Saïk es-tu encore un cœur à prendre ?»
Saïk : Non. (Rires) pour Saïk, tout va bien, aussi de ce côté-là !
 
Actualité : Samedi 8 novembre, Saïk fera encore danser et chanter les gens de la Caraïbe au Caribbean One Festival (Paris). Une seconde édition pleine de surprises, à ne pas manquer ! Soyez prêt(e)s, à vous amuser et à décoller vers les Antilles sur les notes de zouk, dancehall, électro et soca qui vont submerger le complexe Équinoxe à Paris.

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Sélène Agapé
Jeune journaliste, ma curiosité maladive se marie plutôt bien avec ma passion de l’écriture. En savoir plus sur cet auteur


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