Qui se cache derrière Foodîles ?


Qui se cache derrière... | Par La Rédaction | Le 11 Juin 2016 | Lu 339 fois


© EVAGENCY - GUADELOUPE
© EVAGENCY - GUADELOUPE
Cette jeune maman a créé en 2014 le premier Guide digital pour trouver un restaurant en Guadeloupe et dépendances. Nous l’avons rencontrée lors d'un événement numérique en Guadeloupe. En croisant ce regard doux, remplis de gentillesse, on n'a pas tardé à lui proposer un rendez-vous. Jessica est une femme simple, qui ne se la joue pas. Certes, l’entretien s’est déroulé par téléphone, et à certains moments on a causé à trois (avec sa fille de trois ans), c’était trop chou. Mais cela ne nous a pas empêché de parler vrai, elle nous a tout dit, ou presque. On ne sait pas pourquoi, il y a des gens que l’on vient à peine de rencontrer et avec qui il semble simple de discuter de choses intimes. Cependant, il y a des confidences qui ne resteront qu'entre nous, à tel point qu'à la fin de la discussion, on avait envie de continuer à papoter avec elle, comme des copines.

ELLE ÉTAIT TIMIDE

Jessica Brudey a une voix fluette, mais on sent qu'elle est à l'aise dans ses godasses : « A 18 ans, j'étais une fille assez timide, je ne campais pas encore bien sur mes positions. Aujourd’hui, je ne dirais pas que je suis encore timide, par contre j'aime bien rester à ma place. Quand je dis ça, c'est plus dans le sens où je ne veux pas me faire mousser, je ne veux pas être quelqu'un qui monopolise la conversation, pour ne parler que d'elle. Je crois au final que je suis assez discrète, c'est même Foodîles qui me pousse à me mettre en avant. »

C'EST UNE PHILOSOPHE DANS L’ÂME

Elle nous apprend aussi qu'elle est un peu philosophe, en plus d'adorer lire les phrases d'encouragements. Son envie remonte à ses années lycée : « Mes parents souhaitaient que je devienne fonctionnaire, pour la sécurité de l'emploi et tout ce qui va avec. Ça tombait bien, j'étais attirée par le métier de professeur des écoles. Je venais d'avoir mon bac et voulais partir à Paris pour faire des études de philosophie, mais mes parents m'ont dit qu'ils n'avaient pas les moyens. J'ai donc fait une prépa littéraire.»

ELLE A UNE PASSION POUR LA CULTURE

« C'est mon autre dada, la Culture. À la base avec mon master en Information, Communication et Patrimoine, j'ai travaillé avec Jacqueline Cachemire-Thôle, puis avec Léna Blou. La Culture, c'est un des axes qu'on devrait plus développer dans notre département, pour mettre davantage en avant notre patrimoine, pas seulement le patrimoine au sens classique, mais montrer que les choses évoluent, comme par exemple la technique de danse Techni'ka de Léna Blou. Il faut encourager ces artistes qui décident de travailler dans la Culture, parce que c'est un domaine vraiment difficile. Selon moi, il faudrait que les institutions encouragent davantage ces acteurs (Lena Blou, Mario Coco...), toutes ces personnes qui mouillent leur chemise pour faire avancer la Guadeloupe. »
Évidemment, on lui a demandé, puisqu’elle adore la Culture, pourquoi ne pas avoir opté pour une activité dans ce domaine : « J'ai compris très tôt que la Culture n'est pas considérée comme bankable et c'est dommage. En travaillant dans la Culture avant Foodîles, je me suis rendue compte que les milieux associatifs ont des moyens limités, au niveau des charges sociales, c'est carrément impossible. Personnellement, je continue à soutenir quand je le peux. »

L’ENTREPRENEURIAT N’ÉTAIT PAS PRÉVU

C'est parce qu'elle avait déjà frappé à beaucoup de portes, qu'elle n'avait rien trouvé et qu'elle devait nourrir sa fille qu'elle s'est lancée dans l'entrepreneuriat digital. « L'idée est venue du groupe que j'avais sur Facebook depuis 2 ans, Où fait-il bon manger en Guadeloupe ? Je voyais qu'au fil du temps, ça prenait de l'ampleur et là, je me suis dit qu'il y avait quelque chose à faire avec ça. J'ai donc décidé d'investir dans l'application et de créer Foodîles ».

ELLE CROIT AU DIGITAL

Connectée, jamais son portable, pour elle il y a deux mondes : « Il y a beaucoup de différences entre le monde de l'entrepreneuriat classique et celui de l'entrepreneuriat digital. Maintenant, dans l'entrepreneuriat classique, le chemin est tracé, il y a des aides, des subventions, des accompagnements. C'est assez bien encadré. Dans le digital, je trouve que c'est plus nébuleux, je prends l'exemple de Foodîles où l'on me demandait au départ de faire un business plan, en sachant que ce qui définit une start-up, c'est de chercher son business model. Sauf que ça, la plupart des banquiers ou conseillers de Pôle Emploi n'arrivent pas à le comprendre, et c’est la même chose au niveau des organismes d'aides ». Cependant, elle a la foi : « Je suis satisfaite quand je vois mes chiffres, les nombreux retours de mes utilisateurs. Certes, il y a des choses à corriger, mais il y a des évolutions qui doivent sortir, comme les profils utilisateurs, etc. »

ELLE EST TRÈS BIEN ENTOURÉE

Elle se définit aussi comme altruiste : « J’aime aider ma famille et mes amis » et ils le lui rendent bien. En effet, Jessica a son groupe d'amis fidèles qui croit en elle : « J'ai toujours eu beaucoup d'amis, ils m'ont toujours vu comme une fille ambitieuse et courageuse, qui ne réalise pas ce qu'elle fait. Même par rapport à Foodîles, ils me lancent : tu ne réalises ce que tu as fait. Ce sont eux qui me disent qu'entreprendre ce n'est pas facile. Et quand je n'ai pas le moral, que les choses ne se mettent pas en place comme je le voudrais, ils sont là pour m’encourager : regarde un peu tout ce que tu as déjà fait, il ne faut pas abandonner ». Sans oublier son chéri, un véritable atout et soutien : « Je suis très appuyée par le papa de ma fille. Quand j'ai des rendez-vous, il la récupère, la garde le soir. Au quotidien, il fait le repas, il nettoie, il passe le balai, il fait plus souvent que moi les tâches ménagères ! Et même si je lui reproche certaines choses, je sais qu'au fond, j'ai beaucoup de chance de l'avoir ».

MARIE-GALANTAISE DANS LE CŒUR

Jessica est née aux Abymes mais elle a aussi ses racines à la Grande Galette : « J'ai passé toutes mes vacances à Marie-Galante, mes meilleurs souvenirs sont là-bas, avec mes cousins et cousines, tous rassemblés sur le balcon de notre maison. Ma madeleine de Proust, c'est le plat que faisait ma grand-mère de MG quand j'étais petite : le riz pois de bois et le court-bouillon de poisson. Je n'ai jamais retrouvé la saveur de ce plat. »

ELLE AIME LA BONNE BOUFFE

Bon ! On aura compris que pour créer ce genre d'application, il faut aimer bien manger, et c'est justement le cas de Jessica. Elle nous a avoué être un peu Madame Questions quand elle va au restaurant. « En entrée, j'aime un œuf en cuisson basse température avec la petite mouillette, mais je suis très basique, donc j’adore les accras. Mon test dans les restaurants, c'est de demander : est-ce que vos accras sont faits maison ? C’est la même question pour les boissons locales. En plat, j'adore les frites maison, les bananes pesées. Les plats basiques, comme le ragoût de porc et riz aux pois. En dessert, le moelleux au chocolat maison, même si je ne suis pas très tablette de chocolat, ou encore la crème brûlée avec la couche de caramel très craquante. » Ça ne surprendra personne d'apprendre qu'« une de nos nouveautés, ce sont les ateliers : faire vivre la gastronomie aussi de l'autre côté de l’écran et partager pendant des cours notre amour de la bonne cuisine, de l'art culinaire. »

CE QUI LA MET DE BONNE HUMEUR

Elle est accro aux listes, enfin, disons qu’en tant que mampreneur, une organisation solide et une attitude positive sont de rigueur. « En termes d'organisation, le matin, je fais des To-Do Lists, ces listes de choses à faire qui aident à organiser sa journée ; le soir, j’écris cinq choses que j'ai réussi à faire et qui me rendent contente de ma journée ». Elle peut l'être encore plus : « Je suis de bonne humeur quand les utilisateurs de l'application sont satisfaits. J'aime beaucoup lire leurs avis. Et franchement, ça me fait plaisir quand ils vont à une adresse conseillée et qu'ils ont eu une bonne expérience, c'est ce que j'ai envie de vendre. Quand on décide d'aller dans un restaurant, c'est quand même pour avoir une expérience réussie en termes d'ambiance, d'accueil, de plats. Lorsque qu'ils ont suivi les conseils de Foodîles et qu'ils sont heureux, je suis moi-même très très heureuse. »

AU FINAL A SA PLACE

Un mot revient souvent dans la bouche de Jessica, on l'aura remarqué : place. Et voici sa philosophie : « Je dois faire ce que je veux, j'ai le droit d'exister, d'être à ma place, je ne vole la place de personne, j'ai ma place à prendre dans ce monde. »

Pour télécharger l'application
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