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Qui a dit que l'espionnage était interdit sur Facebook ?


Par La Rédaction | Le 20 Février 2016 | 0 commentaire(s)


Sur ce réseau social, la tentation d'épier un (ex) amoureux, une (ex) amie, un(e) collègue, une rivale et vice-versa est élémentaire en un clic.



© fotofabrika
© fotofabrika
Auparavant – et même toujours – pour espionner, on devait donner de sa personne au téléphone ou sur le terrain, faire parler quelqu'un, enrôler des espions ou attendre le rapport d'une indiscrète – makrelle, terme créole – « mafi ou pa sav ? … ». Maintenant, il suffit de scroller le wall de l'individu, scruter ses like, ses photos, ses commentaires pour connaître ses faits et gestes, la vie intime 2.0 de l'autre... Or les inhibitions qui empêchaient de succomber à la tentation ne sont plus d'actualité dans la mesure où personne ne sait qui consulte le profil de qui, de ce fait nul ne saura qu'on donne dans l'espionnage virtuel.

PERSONA NON GRATA !
Cette personne n'a plus de liens directs parce qu'on a coupé tous les ponts délibérément, mais à l'ère des réseaux sociaux, les e-liens subsistent, elle aura alors accès à notre profil public, ou bien même privé, si elle est l'amie des amis d'amis... sauf si on a paramétré et cadenassé toutes tentatives. On a perdu son souvenir, mais elle, elle ne nous a pas oublié et se crée un besoin d'épier pour différentes raisons : 1/ Pour garder un lien, une impression de contrôle sur la relation rompue. 2/ Par jalousie, envie de se comparer : « Réussit-elle mieux que moi ? ». 3/ Pour spéculer sur notre vie et mieux la critiquer... 4/ Pour alimenter ce sentiment de haine, de frustration.
Claire, 40 ans a su par l'amie d'une amie que l'ex-conjointe de son compagnon l'épiait sur Facebook : « J'ai su qu'elle regardait les photos, lisait les commentaires, etc. Qu'elle comparait nos vies pour me médire. Et cela avait pris une telle proportion que j'ai supprimé quelques personnes de mon compte. Accro, je ne pouvais pas me résigner à me déconnecter tout simplement. Maintenant, je fais partie des introvertis des réseaux sociaux, je ne divulgue plus rien de ma vie privée. »

COUPABLE DE SCHADENFRIENDING ?
Espionner un(e) ami(e) pour vous sentir mieux, tant qu'on y est ! Eh oui, c'est du schadenfriending, c'est un terme allemand, « schadenfruede » qui signifie joie malsaine et « friend » ami. On épie ses états d'âme, sa vie (soi-disant) de m****, ses statuts coups de gueule, son ras-le-bol... Et cet(te) ami(e) devient notre baromètre, en quelques scrawls. Wep, ça rassure de savoir qu'on a – éventuellement – une meilleure vie que l'autre.
Sandrine, 28 ans : « Je consulte régulièrement le profil d'une amie, sa vie est un peu chaotique – elle ne s'en cache pas dans ses statuts – donc ça me réconforte de savoir que la mienne n'est pas si déprimante, je sais, je suis vilaine ! »

UNE ENVIE DE...
On l'a zappé depuis belle lurette, mais il refait surface dans notre esprit comme une piqûre de rappel, son image venant troubler notre sérénité : « Qu'est-ce qu'il devient ? » , « Avec qui il est ? ». Et hop, voilà qu'on succombe à l'envie, la curiosité – véyé. Cela peut même en devenir obsessionnel pour certaines personnes. Une étude réalisée (en 2012, par Veronika Lukacs) montre que 9 personnes sur 10 espionnent leur ex sur Facebook, particulièrement quand la séparation est récente.
Tatiana, 25 ans est partie pour ses études et a quitté son amour d'enfance : « Au début, nous sommes restés en contact et puis plus de nouvelles, une copine en commun me donnait des informations sur sa vie et un jour, j'ai pris l'habitude de consulter son profil une fois par mois. Je n'ai jamais envoyé d'invitation, mais je ne suis pas encore prête à tourner la page. »

DÉTECTIVE PRIVÉ JUSQU’À QUEL POINT ?
Un doute, une suspicion, on croit qu'on est trompé, berné... Facebook est devenu le lieu de filature... la mission : fouiller le profil de son compagnon ou de sa compagne pour savoir ce qu'il (elle) fait lors de ses moments d’indépendance. Surtout avec qui ? Une manière d'apaiser ou de confirmer les incertitudes.
Divorcée, Carole, 53 ans : « Quand j'étais en instance de divorce, je fouillais sur le Facebook de mon ex pour le prendre en défaut, j'en avais marre de ses mensonges, je l'ai fliqué pendant quelques mois, ensuite ça m'a passé. »

Les fenêtres du web sont les nouvelles fenêtres sur cour, mais là, plus besoin de se cacher derrière les rideaux, on croit qu'on voit tout, qu'on sait tout, oui, mais n'est-ce pas là qu’une vitrine, où l'autre fait seulement étalage de ce qu'il a bien envie de montrer ? 
Une mise scène (professionnelle, sentimentale, familiale) de sa vie ?
Même si Facebook est un outil qui permet d'être spectateur, prudence aux conséquences malsaines (dépression, obsession, hystérie...) exacerbées par cette tendance à l'espionnage virtuel.




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