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Pour une éducation bienveillante à l’école…


Par Malika BOUQUETY | Le 29 Novembre 2014 | 0 commentaire(s)




 Je suis professeur des écoles. A ce titre, j’ai en charge des élèves de l’école primaire.
J’arrive à un moment de ma carrière où je m’interroge sur les tenants et les aboutissants des méthodes pédagogiques, des activités ludiques d’apprentissages, du sens à donner à l’école face aux enjeux et aux défis auxquels les enseignants et les élèves ont à faire face.
 
L’école d’aujourd’hui et a fortiori celle de demain ne peut plus fonctionner avec les méthodes d’hier. La formation des enseignants, la place de ce dernier dans le système scolaire, le rapport hiérarchique, la place des élèves et des parents est à repenser pour aborder ce tournant avec le plus de succès.
 
Le thème que je souhaite aborder ici est l’éducation au sens d’éducation des consciences, d’éducation au monde, aux apprentissages dits fondamentaux. L’éducation que les enseignants dispensent.
 
J’y joins l’adjectif bienveillant. Il faut donc éclaircir cette notion pour bien cerner de quoi il s’agit et ne pas tomber dans des interprétations fourre-tout.
 
© Szasz-Fabian Erika - Fotolia.com
© Szasz-Fabian Erika - Fotolia.com

Qu’est-ce qu’être bienveillant ?

Je vous livre ici deux définitions trouvées dans mes recherches et qui me plaisent beaucoup.
« La bienveillance est un art de vivre, c'est une attitude intérieure qui se cultive. Elle se présente comme une disposition favorable envers quelqu'un (y compris soi-même) qui facilite la résolution des problèmes ».
 
La Bienveillance commence donc par s’accorder de l’importance à soi, ses besoins, ses limites. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Ensuite, fort du soin pris de soi, nous pouvons accueillir l’autre dans ses besoins, ses limites et accorder une attention particulière à la relation.
 
S’accorder plus d’importance qu’à l’autre peut vite s’avérer conflictuel. Nous en avons tous fait l’expérience. Si nous accordons plus d’importance à l’autre qu’à soi, en revanche, nous courrons le risque d’un malaise intérieur grandissant. Se nier, pour se faire aimer, accepter, par loyauté… est un « jeu » hasardeux. L’addition d’efforts, non reconnus, non valorisés, pour lesquels on attend un retour entravent la relation et est génératrice de conflits, jugements dévalorisants, interprétations erronées…

Comment être bienveillant à l’école ?

L’école est le premier lieu où chacun attend de l’Institution qu’elle soit bienveillante envers le jeune public qu’elle reçoit.
Tout d’abord, dans la socialisation de l’enfant : lui apprendre à être avec les autres, devenir élève, … Les apprentissages, générateurs d’erreurs (nécessaires pour l’acquisition des savoirs), exigeant du temps, doivent se faire dans un accompagnement favorable.
 
L’Institution accorde de plus en plus d’importance à cette notion à travers les discours, programmes, guides pour gérer la violence, les conflits… à l’école.
Mais, plus que des mots ou des textes, il devient urgent, pour prendre soin des enfants que les adultes de l’école apprennent à prendre soin d’eux. Je l’ai dit en début d’article : charité bien ordonnée commence par soi-même. Nous ne pourrons accorder tout le soin nécessaire à la relation saine à l’enfant que quand l’Institution prendra soin de ses enseignants. Pour cela, n’exigeons pas des solutions curatives, mais des solutions préventives.
Former les enseignants à s’accorder l’écoute d’eux-mêmes, un mode de communication bienveillant, en lien avec l’autre sans jugement ni interprétation, invitant à valoriser.
 
Des solutions existent. La communication non violente, initiée par Marshall Rosenberg, Jacques Salomé et la méthode ESPERE offrent des démarches en ce sens, pour ne citer qu’elles.
Il faut exiger un accueil de qualité par des professionnels formés afin qu’ils transmettent aux plus jeunes par leurs comportements et leurs enseignements.

La bienveillance ne se décrète pas. Elle est un état d’esprit, un état d’être. Nous avons tous cette disposition en nous-même.

Evidente pour certains, elle doit être révélée pour d’autres. Il faut pour cela l’exercer, la travailler pour qu’elle devienne une seconde nature, avec le temps… Elle est un chemin, où l’on doit s’accorder le droit d’essayer chaque jour même si ce n’est pas simple, même si l’on y arrive pas, même si on regrette certains débordements… Elle commence par l’indulgence envers soi et ses limites.


Merci à Malika BOUQUETY "Professeur des Ecoles"
Créatrice de Profbienveillant.com et Martinikids.eklablog.com




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