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Patricia BRAFLAN-TROBO : La journée de la femme


Par La Rédaction | Le 28 Février 2012 | Lu 1165 fois

La journée de La Femme vue par une sociologue et auteure !


Que représente pour vous, La Journée de La Femme ?

J'apprécie particulièrement cette journée, car il y a une journée de la femme par an le 8 mars, le reste des jours, c'est l'année de l'homme. Le 8 mars, ce n'est pas le jour où les femmes font, car elles font tous les jours toute l'année.
Je crois que ce n'est même pas nécessaire de le rappeler. Néanmoins dans un monde dominé par les hommes, conçu et édifié par les hommes, pour les hommes, il est nécessaire d'ouvrir officiellement une fenêtre sur la situation des femmes qui sont encore sous représentées dans les sphères de pouvoir comme la politique ou la direction de grandes entreprises ou administrations ou même dans le champ intellectuel. C'est un moment idéal pour mettre le projecteur sur d'autres réalisations de femmes en dehors des tâches domestiques ou professionnelles habituelles.
Patricia BRAFLAN-TROBO : La journée de la femme

Que pensez-vous de la situation de la Femme dans la société d’aujourd’hui ?

 Même si la situation de la femme s'améliore globalement on ne peut pas ne pas remarquer qu'elles restent encore absentes dans les centres de décision du pouvoir. En octobre 2011 une loi a été adoptée en France pour rendre obligatoire 20 % de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises en 2012, 40 % en 2016. C'est dire qu'il y a du chemin à parcourir avant d'atteindre les 50 % qui donneraient l'égalité avec les hommes. Par ailleurs les femmes sont encore à mon avis trop soumises à des injonctions contradictoires du type êtres diplômées mais accepter des emplois moins bien payés et sous-qualifiés, être des femmes dynamiques actives indépendantes mais être aussi de bonnes mères, de parfaites épouses, être épanouies mais ne pas sortir du rôle de gardienne de la famille assigné par la société. Des situations qui font que les femmes sont toujours tiraillées entre choix et obligations et qu'elles sont toujours dans des postures de sacrifices et/ou de négociations.

Quel message, feriez-vous passer à la Femme noire surtout des Antilles-Guyane ?

Il me semble que ces femmes face à l'accélération du rythme de vie et de la société ont parfois l'impression d'être ou perdues ou de ne pas êtres à la hauteur. Ce qui n'est pas vrai. Simplement, les femmes ne se rendent même pas compte que finalement, elles sont soumises à toute une série de prescriptions qui leur sont infligées par ceux qui détiennent le pouvoir de prescription dans la société à savoir les hommes. Ces demandes qui relèvent beaucoup du fantasme veulent imposer aux femmes d'êtres parfaites partout tout le temps. Cela est impossible. Je vous laisse imaginer une minute la vie d'un homme à qui on demanderait d'enfanter deux, trois, quatre fois, d'élever les enfants, d'être en permanence jeune, mince, dynamique, de bonne humeur,  sex bomb, au top au lit tous les soirs après une journée de travail …
C'est la folie ou la dépression garantie. Les femmes doivent poser les limites à toutes les exigences qui ne font pas partie de leurs choix. Elles ne doivent pas non plus à mon avis copier des modèles d'émancipation des femmes qui ne sont souvent que des schémas théoriques non-transférables d'une société à l'autre. Mon message serait que nous devons-nous femmes des Antilles dites noires penser notre émancipation et notre réalisation à partir de notre histoire et de nos codes culturels qui sont différents de ceux des modèles occidentaux et européens d'émancipation qui nous sont imposés au quotidien par la télé, les ouvrages, les publicités,…

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre vie de Femme ?

Je suis une femme avec une vie tout à fait simple et c'est ce qui fait mon équilibre.
Je suis mariée depuis 21 ans à un Guadeloupéen d'ascendance africaine. Je le précise juste pour signaler que nos hommes sont comme partout. Il y en a de bons et de moins bons. J'ai deux enfants de 18 et 12 ans. Mon rôle de mère est ma fonction première.
C'est le moteur de mes actions. Je suis une femme tout ce qu'il y a de plus émancipée et de plus libérée.
Par contre, mon épanouissement passe avant tout par le bien-être de ma famille qui est mon lieu de paix et de régénération.
Je fais aussi partie d'une grande famille avant dernière d'une famille de 5. J'ai trois frères et une sœur avec les neveux, nièces que j'appelle mon clan, soudé autour de notre mère le poto mitan qui gère encore tout ce beau monde mine de rien.
Quand on est ensemble ça débat, ça se dispute, ça s'engueule, mais la famille c'est ça aussi.
Sans ma grande famille, je ne ferais pas tout ce que je fais, car je sais dans leurs soutiens que je ne suis pas seule et que les combats que j'ai choisi de mener valent la peine de l'être. Et pour tout cela, je leur dis à tous individuellement merci et que Dieu m'a donné la meilleure famille qui soit.

Bibliographie






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