Ouragan : les familles qui vivent au loin


Par La Rédaction | Le 16 Septembre 2017 | 0 commentaire(s)


Dans le contexte actuel, c’est un sujet dont il faut parler. La Guadeloupe, la Martinique... sont sur la trajectoire des cyclones. De génération en génération, on a la culture cyclone, on grandit avec et on s’en accommode... Chaque saison cyclonique, dès qu’une dépression est en route, on vit au rythme des alertes... Au fil de l’évolution du phénomène naturel, on reçoit des appels de la famille de métropole pour prendre des nouvelles. Face à leur inquiétude, que dire ? Eux aussi subissent un stress dû à leur impuissance et leur éloignement. Le mieux, c’est de faire témoigner les personnes concernées. Émouvant.



© Daniel Ernst
© Daniel Ernst

« Ça a été un gros choc... » Francelise, 50 ans installée en PACA.

« J’ai vécu l’ouragan Hugo en 1989 avec mes deux filles, nous étions calfeutrées, c’était l’enfer et l’angoisse est toujours là. Rien de comparable à l’ouragan Irma, le plus fort jamais enregistré. Vivant dans l’hexagone, j’ai appelé mes filles qui vivent toujours en Guadeloupe et cela m’a vraiment soulagée de les savoir en “sécurité” après le passage du cyclone. Saint-Martin n’a pas été épargnée. Ayant vécu là-bas avec mes enfants, et avec l’image que j’en conservais, j’ai été sidérée par l’ampleur des destructions. Ça a été un gros choc pour moi. De surcroît, l’insécurité des habitants qui ont tout perdu et qui se retrouvent braqués par leurs compatriotes, c’est vraiment désolant... »

« Je me sens si impuissante. » Céline, 35 ans, installée à Reims.

« Des membres de ma famille vivent en Guadeloupe, en Martinique. Je me sens si impuissante de loin, j’aimerais tellement pouvoir me rendre sur place et aider ces familles qui ont tout perdu. Tous les jours, je prie le seigneur pour toutes ces personnes qui souffrent. De la France, nous voyons ces images affreuses et je me demande comment une telle chose peut arriver et surtout, je me dis que nous ne sommes rien sur terre, la vie est très courte. »

« Je ne suis en contact avec eux que par des machines... » Sabrina, 24 ans, installée à Paris.

« Le vendredi après-midi, quand des collègues me disent qu’ils partent en week-end chez leurs parents, je les envie. Je n’ai pas la chance de pouvoir partir, dès que j’en ai envie, voir les miens. Ils vivent à des milliers de kilomètres... Et je ne les vois pas plus de deux fois dans l’année (et encore). Quand j’ai entendu aux informations l’annonce de l’arrivée d’une tempête tropicale, ça m’a embêtée et quand c’est devenu un ouragan, cela m’a carrément angoissée. Bien sûr, les parents essaient de ne pas te communiquer leur stress et tentent de se préparer comme ils peuvent. Mais les cyclones, on connaît et Irma était annoncée comme déchaînée.
J’ai été d’ailleurs très choquée qu’aucune équipe de secours n’ait été envoyée en amont pour gérer la crise à laquelle font face aujourd’hui les Caraïbes. Mon travail implique que je suive l’actualité, alors heure par heure, j’ai dû suivre l’évolution d’Irma et chaque minute mon cœur s’est un peu plus déchiré. Parce que je suis loin. Parce que je suis impuissante. Parce que je ne suis en contact avec eux que par des machines. Parce que je ne peux pas leur tenir la main dans cette épreuve. Parce que je ne peux pas les aider à nettoyer. La distance est cruelle dans cet instant. Elle nous rappelle qu’on a dû faire le choix de partir et qu’on ne peut pas revenir dès qu’on le souhaite.
Je n’imagine pas ce que ressentent les personnes dont la famille réside à Barbuda, Cuba, Saint-Martin ou Saint-Barthélemy. Celles qui sont oppressées par le silence. Un silence qui vous ronge et une distance qui vous épuise psychologiquement ».




Santé | Paroles de femmes | J'aime ça | Mariage | Love&Sex | Mode | Interview | Beauté | Bien-être | Forme | Cuisine | Kaz Pratique | Famille | Société | Hors-Séries | Top Musique | Travail | Inclassable