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Nina Vilus d'Art & Vision productions


Par La Rédaction | Le 25 Janvier 2014 | Lu 2380 fois


Nina, parlez-nous de vous, de vos expériences ?
NV :  j’ai 31 ans et suis une jeune productrice. J’ai créée ma société Art et vision productions en 2008 et celle-ci produit principalement des documentaires et fictions courtes. "J’aimerais me consacrer prochainement aux formats longs".
Au niveau de l’expérience, j’ai commencé par la production d’une série de portraits courts, "Aux bons souvenirsavec le partenaire Air Caraïbes, une série de portraits sur les personnalités d’outre-mer. Une première expérience appréciable et formatrice, grâce à Véronique Polomat de RFO notamment, qui avait accepté le projet à l'époque et Lorène Gaudet de Canal Overseas. Par la suite, je me suis consacrée à d’autres projets. "Couloir Extérieur", documentaire autoproduit sur l’athlétisme avec des interviews exclusives de Marie-José Pérec et John Smith qui a été diffusé sur France Ô en juin 2012, ce qui m'a permis de me faire connaître dans le milieu.
Je n'avais pas trouvé de financement au lancement du projet, mais après sa réalisation, j'ai pu le proposer à la chaîne télé France Ô qui a apprécié la thématique et l'angle du sujet. La région Guadeloupe a financé sa distribution.
J’ai enchaîné avec d’autres documentaires, comme "Gwada Ride" de Marc Boye (réalisateur à JLA Productions) documentaire sur le tuning et les départs arrêtés en Guadeloupe, diffusé sur les chaînes Planète No limit et Motors TV en 2012 et des projets de plus grande envergure, tel que "Vivre" le court-métrage de Maharaki (réalisatrice Martiniquaise) en coproduction avec Nomades Productions/Rock Rose (Martinique).
J'ai pu coproduire la série Villakarayib " qui sera diffusée en Mars sur Canal+Caraïbes avec Skyprod et De père en fils Productions.

Quel est le rôle de la productrice ?
NV : la productrice reçoit les projets de réalisateurs et des auteurs.
Personnellement, je lis et valorise le potentiel de chaque projet, je fonctionne au coup de cœur. J'entame une première lecture du scénario, du synopsis, de façon neutre, sans penser à l'aspect marketing. S'il y a un vrai potentiel, je relis une seconde fois pour estimer la viabilité du projet en terme de production, de recherche de financement, de diffusion et de marketing.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
NV : je suis arrivée par hasard, mais rapidement à la production. Après une école de commerce à Paris, j’ai fait une spécialisation marketing et communication. Lors d’un stage à RFO, au service communication, j'ai eu envie de travailler dans les médias. J’ai découvert un univers qui m’a vraiment plu. Après quatre années d’études, j’ai voulu faire une cinquième année et dans mon école de commerce ESG (École Supérieure de Gestion), il y a un MBA (Master Of Business Administration) en production audiovisuelle. Je me suis inscrite et cela m'a offert un apprentissage que j'ai fortement apprécié.

La chose que vous aimez le plus dans votre métier ?
NV : le challenge… (rires).
C’est un métier très compliqué avec ces hauts et ces bas, très aléatoires. Qui dépend beaucoup des partenaires extérieurs. Cela peut être décourageant, mais aussi passionnant.
C’est ce qui me passionne : éviter la routine, faire des rencontres et travailler sur de multiples projets.

Que souhaitez-vous pour le cinéma Antillo-Guyanais ?
NV : qu’il se développe, car le cinéma Antillo-Guyanais est un cinéma assez jeune. On essaye en Guadeloupe et dans la Caraïbe de créer une industrie du cinéma et j’espère que cela aboutira. Que l’on pourra devenir une référence. La Guadeloupe, une terre de tournage.

Crédit photo : Ph.Virapin
Crédit photo : Ph.Virapin
Sur un ton plus léger, quel est le film qui a marqué votre enfance ?
NV : L’ours de Jean-Jacques ANNAUD. Je ne sais pas pourquoi. J'avais six ans, j’étais dans une école religieuse quand je suis allée voir ce film et j’ai pleuré pendant tout le film. "Ce film m’a vraiment marqué".

Quels sont les deux programmes télé que vous prenez plaisir à regarder ?
NV : j’aime bien le Petit et le Grand Journal pour l’audace de ces émissions. Le Cercle présenté par Fréderic Beigbeder, pour son côte décalé.

Un dernier mot ?
NV : Art & Vision Productions a fini l’année 2013 dans de bonnes conditions, on continue sur la lancée.
Deux projets de documentaires : "Les Potomitans" de Bouchera Azzouz en coproduction avec la société De l'Autre Côté du Périph' dirigée par Laurence Lascary et Canal + Antilles. "On se pose la question de savoir si les potomitans d’hier et d'aujourd’hui, on le même rôle, est-ce que le mot "potomitan" a la même signification?"
Un documentaire "Arroz y Habichuelas" écrit par Christelle Théophile, journaliste sur Guadeloupe 1ère, qui traite des flux migratoires...

Deux mots caractérisent Art & Vision Productions, Féminin – Pluriel avec en plus une attention particulière sur l’innovation. Féminin : notre objectif est d’accompagner de jeunes réalisatrices dans leur processus de création dans ce milieu en général très masculin. Je ne suis pas une féministe, mais j’aimerais que les femmes dans ce milieu soient connues et reconnues avec la collaboration des hommes. Quand je suis arrivé sur le marché, j’ai été aidé par de nombreuses femmes. Des thématiques valorisantes, les femmes sont primordiales à mon sens.
"J’ai envie de m’intéresser à des problématiques féminines et de travailler avec des réalisatrices".
Pluriel : on joue la carte des coproductions régionales, nationales ou internationales avec des sujets ouvrant une fenêtre sur le monde. Éducation, immigration, mode, culture, environnement, sport autant de grands thèmes que nous développons en fictions ou en documentaires. "Je suis attachée à mes racines antillaises, il n’en reste pas moins que ma société demeure ouverte au monde".

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