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NAOMI MARTINO, révélateur d'émotions chocolatées


Par En collaboration avec Geneviève ZEBUS | Le 30 Novembre 2013 | Lu 1141 fois


Crédit photo : Yann LANGEARD
Crédit photo : Yann LANGEARD
Comment avez-vous commencé dans le chocolat ?
Par gourmandise. A vrai dire, je suis issue d’une famille qui sur plusieurs générations a toujours aimé les bonnes choses.  Ma décision prise d’en faire mon métier, je suis allée me former sur Paris avec un meilleur ouvrier de France. Je suis retournée en Guadeloupe avec l'idée de mettre en avant notre terroir en proposant des produits à base de cacao 100% Guadeloupe au goût d’épices, de fruits et d’ingrédients - tel le manioc - bien de chez nous. Il faut vraiment aimer cette matière pour la travailler : il y a tout un coup de main à avoir, des subtilités à respecter à chaque étape, tout un savoir-faire artisanal à faire sien. Me voilà bien rodée à tout ce monde de la transformation, du mélange des goûts et des textures… Mais il reste toujours de la place pour découvrir, faire des recherches, corriger, améliorer, revisiter, tester, innover…

Quelle a été votre première réaction à l’annonce de votre nomination en tant qu’Espoir du Chocolat lors de ce Salon International du Chocolat 2013 (novembre 2013 à Paris) ?
Surprise, émue et immensément heureuse. Je ne m'y attendais pas. Les organisateurs m'ont contactée après m’avoir auditionnée : ils ont goûté, testé les produits, comparé avec 400 autres chocolatiers en liste. Verdict du jury de sélection : qualité du cacao, produits de bonne qualité, haut de gamme avec une innovation au niveau des parfums. La Guadeloupe peut être fière de son cacao… et de sa fille, hum !

De retour du Salon International du Chocolat 2013, quel est votre ressenti ?
J'ai encore plus de volonté de pousser plus loin les limites de ce que je peux réaliser, de revoir à la hausse mes ambitions et mes visées sur le national et l’international. Mon équation RÉUSSITE = travail + investissements + challenges + sacrifices + rêves + acquisition de savoirs et techniques. Un tel évènement est une ouverture sur le national et l'international. J'ai fait des rencontres intéressantes informelles et d'affaires, reçu des conseils, des encouragements, ai vu, ai pris note, ai posé des questions... Me voilà bien boostée pour poursuivre ma belle aventure de jeune entrepreneur de 28 ans. Hyper-Méga logistique - j’ose avouer - à mettre en place pour y tenir un stand de façon professionnelle - mais le retour sur investissement est en train de se concrétiser.

Comment voyez-vous l'avenir du chocolat en Guadeloupe ?
Mon rêve est que la Guadeloupe retrouve sa réputation d’antan au niveau de la production du cacao. Il serait bien que les autorités intègrent le cacao dans la diversification agricole - d’autant que ce n’est pas un arbre qui demande un gros entretien. Il faut se mettre à planter et re-planter des cacaoyers sur notre territoire.

Crédits photos : Yann LANGEARD et JESDWIN
Crédits photos : Yann LANGEARD et JESDWIN
Parlez-nous de votre boutique, de vos produits ?
Je viens d’ouvrir ma nouvelle boutique à Jarry (Immeuble Socogar - au tournant de la rue Ferdinand Forest en face d’Air Caraïbes). Vous y découvrirez les bonbons de chocolat - mon produit-phare au Salon - les tablettes de chocolat classiques… et quelques surprises et bien sûr des nouveautés pour les fêtes de fin d’année qui sont déjà en rayon.

Votre recommandation pour les amateurs de chocolat comme pour les gourmets ?
Je recommande de consommer le chocolat, de préférence le matin ou en fin d'après-midi. Jamais quand on vient de se brosser les dents parce que le palais est saturé par le dentifrice. Le chocolat se marie très bien avec un café, un thé non fruité si possible. Et ma confidence, pour encore mieux faire ressortir les saveurs du chocolat, c’est le déguster avec du jus d'orange. Eh… le bon chocolat ne donne pas de crise de foie. Tout est question de mesure et de façon de déguster !

Que souhaitez-vous pour l'avenir ?
J’espère voir un jour le chocolat bôkaz être consommé par tous en Guadeloupe et ailleurs tout bonnement, d’un geste simple, sans attendre Pâques ou les fêtes de fin d’année. A quand le jour où le chocolat «industriel», qui arrive en container va être concurrencé à juste titre par le chocolat artisanal. A quand le jour où le bâton de kako va être ressorti des placards de cuisine pour faire le chocolat chaud du matin, pour la pâtisserie etc.
Et en tant que TPE (très petite entreprise) - je souhaite à tous les entrepreneurs de cette taille de pouvoir fonctionner avec moins de pressions fiscales, avec des outils et des procédures plus adaptés et qu’une meilleure part du marché soit réservée à la production locale (prix, lieux de commercialisation, publicité, exportation dans la Caraïbe et à l’international…)

Un dernier mot ?
Globalement, ce Salon du Chocolat reste une épreuve-expérience très porteuse, l'investissement en hommes et en moyens techniques en valait la peine (location du stand, voyage, acheminement des stocks de vente et de dégustation, hôtel, transport, PLV, kit de communication, kakemonos et calicots, tenues vestimentaires, recrutement d'une chargée de communication …) : une grande affluence sur le stand.
Merci à mon parrain le député-maire Ary Chalus et ma marraine la comédienne Firmine Richard. Merci surtout à tous mes partenaires, à savoir : la mairie de Baie-Mahault, le Conseil Régional, le Conseil Général, le Crédit Agricole, Air France, le CTIG, GMA, Le Rotary Club, Jabès, Nouvelles Semaine, Max Rippon… et quelques sponsors privés qui m'ont permis de répondre positivement et dans un tel délai à cette invitation, d'y être présente de manière professionnelle et efficace auprès des plus grands mondiaux.
J’ai représenté les chocolats NAOMI MARTINO certes, mais j’ai évidemment eu à joué quelque part mon rôle d’ambassadrice de la Guadeloupe. Grande charge - Mission accomplie !





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