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Meya, une femme de style


Portraits | Par | Le 15 Mars 2014 | Lu 2011 fois

Louée pour l'élégance de ses créations, son style épuré et maîtrisé « des vêtements bien coupés, dans une matière de qualité » la styliste indépendante revendique une approche intimiste et artisanale de son métier.


Elle est parisienne de naissance, franco-congolaise de culture, guyanaise de résidence et de notoriété styliste.  Elle se nomme ... Meya ! La styliste est une aubaine pour la mode en Guyane ! C’est l’avis qui court dans le milieu depuis 2013, année de la première édition de la Guyane Fashion Week. Elle était alors la marraine de cette grande manifestation de mode. Un statut particulier, auquel on n'accède pas juste en sachant gribouiller sur une feuille de papier.
« Je pense que l'organisation a fait son choix en s'appuyant sur mon expérience professionnelle. » Elle a si bien rempli son rôle, qu'elle sera de nouveau la marraine (aux côtés d'Alex Rotin) de la prochaine édition prévue courant septembre 2014.
Essayons-nous à une chrono-biographie de cette working girl à laquelle tout réussit.

Crédit photo : Erick Loitiere Images
Crédit photo : Erick Loitiere Images

Une carrière sur mesure

Meya, l'enfant, se passionne déjà pour le métier. « Être styliste et indépendante est le seul métier qui me passionne depuis toujours.»  Elle s'exerce donc très tôt au dessin, mais refoule la couture. « Enfant, je m'exerce et dessine des robes sur papier, mais je ne me place jamais derrière une machine pour coudre. C'est encore le cas aujourd'hui ! La couture, je n'aime pas ça et ce n'est pas mon domaine. D'ailleurs j'admire énormément les couturières et leur travail.» Sa passion-vocation est par la suite irriguée par des études spécialisées puis bétonnées par diverses expériences professionnelles.
 
Meya, l'étudiante, après son baccalauréat, contre l'avis de son père, elle s'inscrit dans une école de stylisme en région parisienne. « Durant ces années, être styliste n'est pas à la mode; de plus, les frais de scolarité sont déjà très élevés. Autant dire qu'à l'époque mon père ne voit pas ça d'un bon œil ! Cependant je décide de le faire quand même et grâce à un défilé organisé en terminale (toujours sans aucune notion de couture), je réunis les fonds pour payer ma première année.» En deux ans de formation, elle développe ses aptitudes de créatrice et apprend à concevoir des vêtements pour de grandes entreprises. Avide de savoir, elle fait également une formation de patronnière gradueuse, durant laquelle elle apprend les rouages du métier, avant de se lancer dans le monde professionnel.
 
Meya, la jeune femme active, décroche très vite son premier boulot au bureau de style Renaud Soulier. Elle y est styliste hommes, femmes, enfants pour la grande distribution. Durant « environ quatre ans » elle travaille pour diverses entreprises, sans jamais y rester très longtemps. « Mon objectif est de me mettre rapidement à mon compte, donc je ne reste pas très longtemps au sein de la même entreprise; quelques mois juste le temps d'apprendre et de me perfectionner. »  Elle fait donc ses premières armes dans les ateliers de Gérard Cahu en créant des collections sport-wear hommes et femmes. Elle travaille également avec le grossiste fabriquant Kim Do, chez qui elle occupe pour la première fois le poste de modéliste. « C'était une petite entreprise donc il fallait être polyvalent. »

MEYA Styliste et SALOME Mannequin
MEYA Styliste et SALOME Mannequin
Meya, la mère de famille, lève le pied. 1996 est un tournant dans sa vie de femme. Cette année elle accouche de sa petite Lya et décide donc de se consacrer à son rôle de mère. « À ce moment de ma vie, j'ai conscience que depuis des années je suis autocentrée, concentrée, obsédée par mon travail. J'ai donc cette envie de moins travailler et de me consacrer un peu plus à moi. » Elle s'exile donc à Paris pendant deux ans. Mais créer manque à cette artiste dans l'âme qui, progressivement, redonne de l’envergure à sa passion et revient en Guyane « Je ne suis pas restée longtemps sans être en activité et je retravaille très vite.  Je  crée notamment une collection pour la Guyane depuis Paris. »
 
Meya, le professeur, enseigne parallèlement en lycée professionnel.  « Je tombe dans l'enseignement par hasard. Au début je réponds à une offre pour enseigner les métiers de la mode durant juste une année scolaire. Finalement l'aventure dure de 2001 à 2013. » Son objectif : transmettre son savoir à la jeune génération. « La transmission des  savoirs est importante pour la pérennisation du métier. De plus, je ne suis pas une grande adepte de la mondialisation, mais je veux que le travail qui est fait chez nous dépasse nos frontières. Comme je l'ai souvent dit à mes élèves, on ne crée pas des vêtements que pour soi, mais aussi et surtout pour les autres. »
 
Meya, aujourd'hui, est l'exemple d'une épatante réussite. La sobriété et la légèreté de ses créations séduisent  toujours ses clientes qui les qualifient comme étant raffinées et sensuelles. Dans sa boutique située rue du 14 juillet à Cayenne, elle propose donc des tenues « essentiellement de jour qui s’adressent à une femme active et élégante. » Un prêt-à-porter qui finalement lui ressemble !
 
Découvrir l'univers de Meya : Facebook


Nancy Lafine
Passionnée par l'écriture... En savoir plus sur cet auteur


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