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Mères isolées, mères courage - Partie 2


Par | Le 23 Avril 2016 | 0 commentaire(s)




© Zdenka Darula
© Zdenka Darula
Dans la 1ère partie du thème " Mères isolées, mères courage ", j'avais pu aborder les batailles administratives et celles liées au quotidien et à l'organisation. Hélas, les combats des mères solos ne s'arrêtent pas à celles-ci. Leur vie professionnelle et leur envie de reconstruire une vie sociale et amoureuse est aussi un long cheminement caillouteux. Il y aurait encore bien d'autres aspects à aborder, mais il faudrait une saga en dix volumes pour les mettre en lumière. Je me contenterais des principaux aspects. Commençons par les méandres de la vie professionnelle des mères célibataires.

Vie professionnelle et carrière le combat des mères célibataires

Selon l'INSEE, les femmes seules ont souvent du mal à trouver un emploi. Elles sont ainsi beaucoup plus souvent au chômage : c’est le cas de 29 % d’entre elles, contre 23 % des mères en couple. Sans rentrer dans une multitude de statistiques, nous pouvons faire purement appel à la logique. La femme en couple fait face à moins de difficultés personnelles qui peuvent impacter sa recherche d'emploi ou ses possibilités de progression professionnelles (évolution de carrière, promotion...). Tout d'abord, celles-ci disposent d'un double-revenu lié au couple et donc leurs contraintes financières sont moins pénalisantes. Elle peut aussi mieux gérer son temps, pour se former, se spécialiser ou opter pour un travail valorisant mais moins rémunérateur par exemple. Contrairement à la femme seule qui doit privilégier l'aspect financier et la disponibilité nécessaire au poste recherché... tout en disposant, souvent, de qualifications moindres.

Revenons aux chiffres, pour comprendre cet aspect. Toujours selon l'INSEE, les difficultés accrues rencontrées par les femmes isolées s’expliquent notamment par une formation initiale moins élevée que celle des mères en couple. En effet, seulement 28 % ont un diplôme niveau bac ou plus, contre 37 % des mères avec conjoint. Et l’écart se creuse au fur et à mesure que le diplôme s’élève. En Guyane, les mères isolées sont encore moins souvent diplômées ; en Martinique, elles le sont un peu plus. 

Bref, il s'agit de pure logique, les femmes mamans célibataires connaissent plus de difficultés organisationnelles et financières lors de la reprise d'études, de formations, ou dans leur emploi, car ceux-ci sont rarement compatibles avec une vie de famille. De plus, leur vie professionnelle entraîne l'augmentation des frais de garderie et/ou de très fortes difficultés pour faire cohabiter les horaires professionnels et familiaux. Un burn-out quasi-systématique, tant la société ne prend pas en considération le quotidien de ces femmes qui ne peuvent être partout à la fois efficacement. À moins d'avoir une famille conciliante en renfort, ou des enfants capables de se gérer seuls, ces femmes sont vouées à l'échec ou à l'épuisement moral et physique.

Loin de moi l'idée d'y porter une vision négative, mais c'est un simple constat. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l'INSEE, lorsqu’elles occupent un emploi, celui-ci est moins qualifié. Les ouvrières et les employées sont plus nombreuses parmi les mères seules. 71 % d’entre elles sont employées ou ouvrières, contre 62 % des mères avec conjoint. À l’autre bout de l’échelle des professions, elles sont moins souvent cadres, chefs d’entreprise ou professions intermédiaires.

Comme je le citais dans l'article précédent : la société tolère les familles monoparentales, mais rien n'est fait pour faciliter leur implantation. Le monde du travail en est une des preuves évidentes. Réussir professionnellement, quand on doit gérer seule son foyer est un lourd combat. Voilà pourquoi de nombreuses femmes, attendent patiemment que leurs enfants grandissent et soient autonomes pour reprendre en main cet aspect délaissé de leur vie. Ce qui est fort dommageable, car le temps perdu se rattrape difficilement.

Leur vie personnelle est aussi un combat constant, car la mère isolée doit lutter aussi contre la solitude qui la pénalise au quotidien.

Le célibat longue durée la double peine des mères

J'ai pu lire ce constat sur un site spécialisé : " entre les amis en couples qui ne vous invitent (bizarrement) plus et les amoureux potentiels un peu refroidis par votre tribu, vous commencez à vous demander si vous êtes condamnée à être seule " cf -planete.vertbaudet.com -. C'est un fait avéré !

Le célibat n'est guère enchanteur, quand vos enfants font partie de l'équation. On a l'impression de devenir une pestiférée pour le commun des mortels. Vos amis s'évaporent à vitesse grand V et les amoureux transis rebroussent chemin quand vous évoquez vos enfants. De plus, elles n'ont déjà pas de temps pour elles-mêmes, alors pour leur vie sociale, vous pensez bien qu'il tombe directement dans la case " oubliette " ou au mieux dans " les non-prioritaires ". Si l'on rajoute à cela, que toutes les mères célibataires n'aspirent pas forcément à refonder un foyer dit " famille recomposée ", je vous laisse déduire toutes les embûches qui s'offrent à elles.

Revenons aux chiffres de l'INSEE. Hommes ou femmes, ils sont, en effet, beaucoup plus souvent célibataires : c’est le cas de 81 % d’entre eux en Guyane, 67 % en Martinique et 62 % en Guadeloupe. La famille monoparentale antillo-guyanaise reste ancrée dans le célibat. En 1990, la part des célibataires, déjà importante, était inférieure dans chacune des régions. Le célibat est plus fréquent chez les femmes. Dans le cas des enfants nés hors mariage, les mères assument le plus souvent leur garde. Aux Antilles, les deux tiers des mères isolées sont célibataires, contre la moitié des pères. La différence est moins nette en Guyane où le célibat concerne 82 % des mères et 70 % des pères. Bref, les statistiques sont claires. Si le célibat peut sembler attrayant pour les femmes sans enfants, il en est tout autre pour les mères qui font face à des désillusions sur l'amour. Concilier sa vie de femme et de mère, exige un savoir-faire bien précis et le mode d'emploi n'est trouvable nulle part.

Malgré tout, il est important de finir sur une note positive, car désormais, les mères solos ne considèrent pas leur statut comme un obstacle insurmontable pour rencontrer l'amour. D’après l’étude de Meetic, seule 1 européenne sur 10 se refuse à tout rendez-vous galant lorsqu’elle a des enfants. Pour les autres, ce n’est qu’une question d’organisation. Comme le précise Sophie Cadalen, psychanalyste et spécialiste du couple, « cela nécessite quelques moyens pour faire garder les enfants. Il faut aussi avoir la chance d’être aidé par la famille ou les amis ».
 

J'aborde le premier aspect (Partie 1) dans cet article


Marie-catherine IDEL
Je suis auteure de romans, nouvelles et livres jeunesse. J’utilise ma plume en tant que... En savoir plus sur cet auteur


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