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Marvin : « Je me définis vraiment comme un enfant adopté des Antilles-Guyane »


Par | Le 17 Septembre 2016 | Lu 576 fois

Amour sans loi, Sans toi, Coup de soleil, Ma vie sans toi… Les tubes de Marvin se succèdent et séduisent un public aussi éclectique que ses morceaux. Des Antilles à l’Afrique, en passant par la France et l’Océan indien, son charme et la beauté des mots et des émotions qu’il partage au travers de ses paroles ont fait de ce chanteur d'origine franco-ivoirienne l’une des valeurs sûres du zouk. Il a dévoilé, le 5 août dernier, son nouvel opus baptisé Mes Couleurs. Un condensé de sonorités caribéennes, empli d’amour et (encore) une belle preuve de son talent.


Girlykréyòl : Si vous deviez définir en trois mots votre musique, lesquels choisiriez-vous ?
Marvin : En trois mots, je dirai « sentimentale », pour des raisons qui me semblent assez évidentes. (Rires) Ensuite, je dirai « rythmée », parce que je pense que ce qui sépare ma musique de la variété française, ce sont les rythmes caribéens. Ensuite, je dirai « sincère », car c’est ma seule manière d’écrire.

Girlykréyòl : Après Mon univers, vous revenez avec l’album Mes couleurs, quelle est l’histoire de cet opus ?
Marvin :
J’ai décidé d’appeler mon nouvel album Mes couleurs, parce que je voulais faire un parallèle entre mon métissage et l’éclectisme de ma musique. J’ai été autant inspiré par la soul, le R&B, le jazz, la variété française que par le zouk et les musiques caribéennes en général. Alors ça m’a paru évident de nommer mon album ainsi.

Girlykréyòl : En ce moment, les radios diffusent votre dernier single Dans ma life, en duo avec la chanteuse Nesly. Comment choisissez-vous vos collaborations ?
Marvin :
Je me suis toujours accordé le luxe de ne collaborer qu’avec des artistes qui me touchent et dont je suis sensible à la voix, au charme, à l’univers artistique. C’est vraiment mon seul critère. Que l’artiste soit connu ou non ça m’est égal. Dès que je suis touché par la démarche d’un autre chanteur, par la chanson, je suis sûr que ça plaira aux gens ensuite.

Girlykréyòl : Vous êtes souvent présenté comme l’un des représentants de la nouvelle génération du zouk, c’est un statut avec lequel vous êtes à l’aise ?
Marvin :
Je suis assez à l’aise avec toutes les étiquettes qui me sont attribuées pour la simple et bonne raison que je n’avais jamais imaginé « faire carrière » dans ce milieu musical. Je pars du principe que les choses ont été écrites par le destin. Et puis concernant la façon dont les gens me perçoivent, dont je fais de la musique sincèrement…, je pense qu’une part de réalité se reflète dans ce que je fais.

Girlykréyòl : Vous avez fait vos premières scènes aux Antilles-Guyane, est-ce que cela a forgé une relation particulière entre ces territoires et vous ?
Marvin :
Oui c’est certain ! J’avais cette appréhension au début, celle de venir d’ailleurs, d’être un métis originaire de Côte d’Ivoire qui vient chanter aux Antilles. J’avais peur d’être confronté à un certain communautarisme, voire un rejet. Et ça n’a pas du tout été le cas ! Aujourd’hui, je me définis vraiment comme un enfant adopté des Antilles-Guyane. Que ce soit en Martinique, en Guadeloupe et également en Guyane, je suis accueilli comme un enfant du pays. À chaque fois que je foule le sol de ces territoires, je me sens vraiment comme chez moi.

Girlykréyòl : Quelles sont les autres passions (méconnues) de Marvin ?
Marvin :
J’ai un rapport vraiment particulier à l’océan. J’aime beaucoup la mer. J’ai grandi en Bretagne et j’aime tous les sports nautiques. Je passe le plus clair de mon temps à faire du surf, du jet-ski, du kitesurf  ou de la plongée sous-marine.

Girlykréyòl : Vous voyagez énormément, quelles sont les destinations que vous affectionnez particulièrement ?
Marvin :
J’aime beaucoup les territoires de l’Océan indien. J’aime beaucoup l’ouverture d’esprit des gens qui y vivent, leur accueil et leur gentillesse. Bien sûr, j’ai une affection particulière pour toutes les destinations que j’ai visitées, car j’ai des histoires avec chacune. Mais c’est vrai que la Réunion, les Comores, Maurice sont des endroits que j’aime énormément.

Girlykréyòl : Vous écrivez pour de nombreux artistes (en plus de vous-même), quel est votre rapport à l’écriture ?
Marvin : 
Je n’avais jamais rêvé d’être sur le devant de la scène. J’aurais pu être très épanoui en écrivant et en composant pour d’autres et en ne faisant que ça. Il se trouve que mon histoire a été écrite autrement, mais je crois que ma passion première c’est la composition. Ce lien que j’ai avec un instrument ou la symbiose que j’arrive à trouver entre une musique et un texte. J’aime beaucoup jongler avec les mots, jouer avec leurs sonorités. Je trouve ça très important et si j’avais une recette musicale, ce serait celle-là : de réussir à trouver le bon ton, la bonne sonorité au bon moment.

Girlykréyòl : Par ailleurs, avec quels artistes (pas forcément caribéens) rêveriez-vous de collaborer ?
Marvin :
Mon rêve ultime… J’aurais adoré même pas forcément collaborer, mais juste faire un bœuf (NDLR faire un concert improvisé) ou chanter deux minutes avec Stevie Wonder.

Girlykréyòl : La Cigale, l’Olympia, l’hippodrome de Paris-Vincennes : quelles sont les autres scènes/salles en France et ailleurs qui vous ferait rêver ?
Marvin :
L’Olympia, c’était clairement un rêve d’enfant et je suis vraiment content de l’avoir réalisé. Si maintenant je devais suivre mes rêves, j’aimerais faire découvrir ma musique à des gens qui ne la connaissent pas forcément. C’est l’une des choses que je préfère. J’ai eu l’occasion de chanter à Sydney en Australie et c’était une expérience assez forte. J’aimerais aussi — même si j’y vais déjà — développer cette expérience du côté des États-Unis. Faire découvrir cette musique caribéenne, qui est de plus en plus en vogue chez les artistes internationaux. J’aimerais vraiment faire découvrir au public américain cette musique en profondeur avec ses réels codes et pas forcément comme elle est représentée au travers des morceaux commerciaux que l’on peut entendre sur les grosses radios.

Girlykréyòl : Votre premier morceau Amour sans loi parle d’une histoire amour et aussi de métissage. Dix ans après sa sortie, vous avez observé des évolutions sur cette question de métissage ?
Marvin :
Je pense que le travail se fait, que nous avançons et paradoxalement qu’il existe toujours des difficultés. J’ai l’impression, en l’occurrence par rapport à ces derniers mois, qu’il y a un petit recul par rapport à la question du métissage, un repli des communautés sur elles-mêmes. Je trouve ça un peu triste, parce que comme je le disais dans la chanson et que je pense toujours : seul l’amour peut dépasser tout cela…, et c’est encore le cas. Ce n’est pas forcément évident pour ceux qui sont concernés par le métissage et je n’ai pas l’impression que ça va aller en s’arrangeant.

Girlykréyòl : Quel est le prochain single de l’album Mes couleurs que vous allez présenter ?
Marvin :
Ce sera probablement la chanson Amour en sursis, qui constitue une suite de la chanson Dans ma life avec Nesly. Nous allons tourner le clip dans quelques jours.

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BONUS (inédits) : GK vous présente " Le Musical " de l'artiste d'origine franco-africaine et vous révèle 5 de ses coups de cœurs musicaux.




Sélène Agapé
Jeune journaliste, ma curiosité maladive se marie plutôt bien avec ma passion de l’écriture. En savoir plus sur cet auteur


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