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Les relations parents-enfants aux Antilles


Par | Le 8 Novembre 2014 | 0 commentaire(s)




© akiradesigns - Fotolia.com
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Quel sujet délicat ! J'entends déjà les coups de ceinture des familles à l'éducation d'antan et entrevois l'air offusqué de la famille à l'éducation moderne qui passe par la communication avant tout. Chaque famille est différente et unique. Tenter de rédiger un article court et généraliste sur les relations familiales aux Antilles qui mettrait tout le monde d'accord est utopique. Je ne peux qu'exprimer un avis personnel sur ce que j'ai pu observer globalement et en tirer ma propre analyse.

Je démarre sur un constat simple, la génération de nos grands-parents et arrière-grands-parents fonctionnait sur l'"éducation par la certitude" : ils étaient certains que l'autoritarisme et le châtiment corporel résolvaient tous les problèmes.  Tu fais ce que je dis et tu obéis...  sinon gaffe à la claque, le coup de ceinture ou l'humiliation publique.  Un souci à l'école avec son gamin ? La matriarche se déplaçait avec un ceinturon pour un châtiment en place publique et une engueulade mémorable qui mettait fin à toute forme de rébellion de leur progéniture. Le patriarche prenait le relais, au retour du travail, pour mettre les points sur les "i" à travers une seconde salve de châtiments et des punitions physiquement épuisantes (tâches ménagères,  travaux manuels....) pour expier le mal dans les entrailles du fautif. Tu fais ce qu'on te dit, tu fais ce qu'on te demande, tu marches droit point à la ligne ! Maman veille au grain, papa sévit, la famille et les voisins prennent le relais en cas de besoin. Une masse unie en bloc contre l'enfant désobéissant pour le remettre sur le droit chemin. Tais-toi et obéis ! L'église et la religion finissaient de redresser les âmes rebelles !
Une éducation qui ne choquait personne, car son efficacité semblait évidente. Les adultes savent tout et ont toujours raison, les enfants ne savent rien et on tort ! Tout est réglé !

En grandissant, cette génération d'enfants qui a vécu et surtout enduré cette éducation de la certitude et de la répression a décidé d'activer l'éducation inverse en représailles à leur enfance tourmentée ou seuls leur silence et leur obéissance étaient acceptés. Un enfant est un être humain à part entière, qui suit sa propre évolution naturelle et possède son propre cheminement de pensée et d'action. Respecter cet état de fait, fera de lui un adulte bien plus équilibré et indépendant, qu'il n'a pu être à sa jeune époque. Une forme de rébellion tardive suite à une éducation trop sévère faite de brimades et reproches ôtant toute confiance en soi aux adultes de demain. Nos parents ont choisi la voie de la communication avant tout. Expliquer et laisser s'exprimer l'autre. Comprendre pour apprendre. Certains diront qu'est né le règne des enfants-rois, d'autres diront qu'est née l'ère de l'enfant qui sait ce qu'il fait et agit en âme et conscience. Avec cette nouvelle forme d'éducation sont venus se greffer les psychologues spécialistes de l'éducation parentale. Un seul mot d'ordre : communication et compromis ! L'autorité parente se réduit à un cercle très restreint : papa et maman, éventuellement les aînées des fratries. La famille, les amis, l'école n'ont plus leur mot à dire et ne sont plus impliqués. Chacun gère sa progéniture chez soi. Ce qui se passe au sein des familles se règle entre quatre yeux et entre quatre murs.

Puis est arrivée la génération suivante, la nôtre. Celle des trentenaires actuels, nommés la génération Y.

Enorgueillis par une éducation faite de communication, de compromis et donc plus permissive, leur enfant à le droit à la parole et peut-être en désaccord avec les décisions parentales. L'éducation est intellectualisée, le parent ne cesse de se remettre en question à chaque friction avec sa progéniture et doute de plus en plus ses capacités parentales. L'enfant gagne en assurance face aux doutes et perditions parentales. Il se retrouve sur un pied d'égalité sur le podium de l'autorité. Chaque échec de part et d'autre est ressenti comme une incompréhension dans la communication. L'enfant fait ce qu'il veut et le parent tente tant bien que mal de lui expliquer ce qui est bien ou mal. Avec notre génération les associations parentales et les psychologues spécialisés ont commencé à pulluler. Les guides littéraires et les émissions de téléréalité de type "super nanny" viennent à la rescousse. Rajoutons à cela un monde qui a changé considérablement. Le travail, le courage, la force, la ténacité étaient valorisés. Le cheminement évident à suivre pour tous. Aujourd'hui le règne de la consommation à outrance, le matérialisme, la paresse, l'égocentrisme et le goût de l'argent facile complique davantage l'éducation parentale. Face à ce chamboulement, les parents ont de moins en moins d'autorité et de pouvoir sur leurs enfants.

Une claque ? Un coup de ceinture ? Ces gestes sont considérés aujourd'hui comme une violence physique et l'enfant est en droit de porter plainte auprès des instituts compétents. Le terme "châtiment mérité" se confond avec "enfant battu". L'enfant prend le pouvoir, sur des parents en perdition qui ne savent plus comment agir et trouver la bonne réponse. L'enfant n'est plus simplement un enfant à guider lentement mais sûrement.... mais un adulte en gestation qui a déjà toutes les réponses et n'attends qu'un guide pour le freiner dans des élans inconsidérés, ce qui complique considérablement les relations et l'éducation.

En faut-il conclure que nos familles d'antan avaient raison et que leur éducation répressive était la solution ?

La communication valorisée par les familles actuelles n'a-t-elle pas dérivé sur une forme de laxisme ? Il y'aurait tant de questions à soulever. Je ne dirais qu'une chose, à mon humble avis, aucune génération n'a tort ou raison. En matière d'éducation il n'existe pas UNE formule magique et UNE méthode parfaite. Dans toutes les générations et les méthodes d'éducation, il y'a du bon et du mauvais. Savoir se remettre en question, trouver le juste milieu et retrouver une place claire et définie pour chaque membre de la famille me semble la priorité. Ne l'oublions parents perdus = enfants sans repères.


Marie-catherine IDEL
Je suis auteure de romans, nouvelles et livres jeunesse. J’utilise ma plume en tant que... En savoir plus sur cet auteur


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