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Le moment où j'ai compris que j'étais trentenaire


Par PSJ | Le 2 Avril 2016 | 0 commentaire(s)




© fotofabrika
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Et Bam ! Chaque année depuis que j'ai dépassé les 29 ans, à l'approche de mon anniversaire, je me prends la tête sur les actifs et les passifs, le bilan de mon année (eh oui moi, ça ne se fait pas à la fin d'année). Je vous épargne les détails, ce serait trop long et je garde mon jardin secret. 
À près de 35 ans, j'ai constaté que cette fois, la routine était plus virulente, ma remise en question ante-anniversaire, j'ai vu des images de mon enfance, mes petits copains, mes boulots, mes entreprises, mon mariage défiler sous mes yeux (mais qu'est-ce que c'est cette connerie ?). Et ma copine – depuis le collège – née au même mois qui me balance : « Pff, on aura 35 ans ! », et oui le temps passe, maintenant qu'est-ce que je fais de ma vie ? Question à moi-même.
Malgré une enfance et un début de vie d’adulte compliqués, à 18 ans, j'envisageais ma vie de trentenaire vivifiante, une vie de couple passionnante, une entreprise florissante (depuis toujours, j'ai de l'urticaire, par le seul fait de penser à travailler dans une boite avec un patron et des collègues), être propriétaire, faire des voyages ... J'avais fait le tour de la question et je m'y voyais déjà, un avenir où tous mes rêves se réaliseraient, la jeune femme ne dépendant plus des autres adultes, « vive la liberté ».
Mais le constat, c'est que j'en suis loin, j'ai réalisé que j'ai passé tout ce temps à chercher, à essayer de comprendre ma famille (finalement, j'ai saisi que ce n'était pas seulement elle qui a un sens inné du drame, que la majorité des familles ont leur lot de non-dits, secrets, de problèmes), l'amour à deux (un tiers de ma vie), les amis (pour le si peu), les gens autour de moi, le genre humain tout court.
Tout ce temps à régler mes comptes (ma colère), à clarifier, à cicatriser mes blessures d'enfance, mon karma (j'y vois plus clair grâce à ma quête spirituelle), mon corps (celui-là, il m'en a donné du fil à retordre ou c'est l'inverse), mais le plus fou ça été cette recherche d'Amour, ce désir – besoin d'être aimée, de ne pas être abandonnée. Et j'ai finalement compris : « apprends à t'aimer, toi ! ». Bon, c'est plus facile à dire qu'à faire, ça demande du boulot, surtout quand il y a des lacunes. Et le sexe, on n'en parle même pas, du temps pour assumer ma féminité, je ne suis pas encore méga libérée, mais ça, ce sera peut-être pour une prochaine vie (rires).

Bon ! Les notes positives, dire que je me sens mieux qu'à 20 ans, c'est indéniable ...

... j'adore la femme plus sage que je suis devenue, plus à mon écoute, plus bienveillante (mon adjectif préféré du moment). Maintenant, je m'accepte, j'apprends à m'améliorer et à éliminer mon ego (j'ai fait quelques incantations, prières pour ça), même si je ne fais pas partie de ces filles qui ont depuis toujours une confiance en elles en béton armé (je crois que je l'ai perdu très jeune quand j'entendais les adultes dire en créole « ou two gran madam »). Aujourd’hui, je m'efforce même à le gonfler (donc en avoir trop, ce n'est pas mon cas), même si j'ai un sale caractère pour certains, je dirai plutôt que malgré mes faiblesses, j'ai un fort caractère pour certaines choses, par bonheur, si je n'avais pas fait de la résistance, franchement, il y a quelques personnes qui m'auraient fait tourner comme une toupie, bref !

J'ai compris que ma mère était une femme formidable et que ce n'est pas si simple d'être femme (c'est fou, jeune, le nombre de trucs qu'on aurait fait différemment que les femmes de notre famille), donc tous mes griefs d'adolescente s'éloignent depuis quelques années de mon champ d'horizons (il m'aura fallu quand même pousser des cris dans la vingtaine). Je ne suis pas devenue maman (elle m'aurait peut-être fait morfler la fille que je n'ai pas eue), mais j'ai réussi à comprendre ma maman et accepter notre histoire. En définitive, la relation mère-fille de génération en génération est complexe (bon, ça c'est dans un prochain article, réflexion à pousser avec l'ethnopsy).

Je ne croyais pas au grand amour par extension à la vie amoureuse des femmes de mon entourage (j'ai éprouvé par procuration leurs troublantes disputes, leurs obligations de soumission...) au point de me demander, pourquoi je ne suis pas un homme ? Je crois quand même qu’inconsciemment les dessins animés qui ont bercé mon enfance m'ont aussi conditionnée, « ils vécurent heureux... », tout cela s'est confronté avec ma réalité et condition de femme. Il faut être douce, aimante, conciliante, pardonner, mais si l'on n'est pas vigilante... Parce que la plupart des hommes antillo-guyanais (les référents que je connais) en couple ont toujours un rapport de force avec leur compagne (histoire post-esclavagiste, je reporte le débat), sans oublier les rivales à gérer, même si j'ai assimilé que la seule rivale, c'est soi-même, je développerai une prochaine fois, juste pour dire que la rivalité n’excite pas, il vous trompe, il se trompe lui-même, ça c'est dit, j’assume mes propos !

Professionnellement, je ne culpabilise plus de ne pas avoir dépassé le Bac+2 (je ne suis pas une ratée pour autant), je me suis découverte de super-pouvoirs en tant qu’autodidacte, moi qui disais tout le temps à qui voulait bien l'entendre que je n'étais pas créative, je me bluffe (on a tous des talents, n'en doutez pas). Et surtout, j'y crois toujours au business à succès (je n'en démords pas), j'adhère aux champs des possibles (vive le développement personnel, ça a bouleversé mes croyances) et oui, comme Ophélie : « Dieu m'a donné la foi ».

Et aujourd’hui plus que jamais, j'ai de la gratitude pour cette vie ...

... pourtant dure qui m'a donné tant de choses à comprendre... Finalement, je suis heureuse de cette école, je n'ai pas tout de suite compris les leçons, j'en apprendrai sûrement de nouvelles, mais maintenant, j'essaye de mettre mon autosaboteur (mental) en sourdine et j'active mes antennes pour mieux entendre mon âme – celle qui me veut du bien.
Enfin, à l'approche de mes 35 ans, je sais ce que je suis prête à accepter, à faire ou pas, mon complexe du « oui, oui », je lui ai dit adieu (depuis un bon moment), je m'accorde la liberté de faire ce qui me plaît et ce le sera encore plus dans l'avenir (mais non, ce n'est pas de l’Égoïsme, un bon mix, j'équilibre).

Bilan de cet article ...

... j'ai fait des choses sympas, j'en ai moins réussi d'autres (j'ai appris des deux), je connais la recette du bonheur  (oui, copine de GK, je te passe le bon plan). En ce moment, il me reste plus qu'à appliquer, pour continuer sereinement et positivement, je me sens femme, plus belle, plus intelligente et grâce à tout cela, je peux changer de vie quand bon me semble. Tout est possible ! Note pour moi-même (sourire).

Ah oui, j’oubliais, de la prière, un peu de méditation, j'ai écouté comme une folle mes morceaux de soul préférés, saouler ma copine de mon coup de blues (même si je sais que toutes les réponses sont à l'intérieur de moi), deux verres de vin rouge, mon niveau d'énergie est remonté, j'ai pu écrire cet article. Maintenant, je suis à bloc pour mon annif jusqu'à mes 40 ans (ah, ce n'est pas si loin que ça), à hurler de rire ! À en croire les on-dit, ce serait le plus bel âge !


 

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