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Le carême aux Antilles – Une accalmie après la débandade


Par | Le 28 Février 2012 | 0 commentaire(s)




"Sé kannaval ki ka rivé, toùt moun an lari-la"…

© JM-Guyon - Fotolia.com
© JM-Guyon - Fotolia.com
Le Carnaval est là ! Le Carnaval c’est ça ! Le seul moment de l’année, où la pression peut être relâchée. Une soupape d’évacuation qui vaut toutes les thérapies et les méthodes antistress. Quatre jours (et bien plus encore), où les costards-cravates, les uniformes guindés, les hauts placés se mêlent aux éboueurs, balayeurs, femmes de ménage, huissiers et contrôleurs des impôts sans que cela n’ait d’importance. Il n’y a plus de castes, de catégories sociales, d’ethnies, tout le monde se retrouve dans l’unique but de faire la fête et d’oublier tout le reste. Le quotidien, la routine, la pression restent à la porte. On peut se permettre ce qui n’est pas permis, qui nous en tiendra rigueur ? Il n’y a plus de patrons, plus de supérieurs, plus de « que diront les voisins ! ».

L’inhibition est enfouie sous un déguisement et se libère corps et âme

Plus personne n’a d’identité propre, tout le monde n’en forme qu’un. Une unicité, complicité qui n’arrive qu’une fois dans l’année. Là où le petit Jésus de Noël échoue lamentablement, les cadeaux et le marketing, ayant vidé les églises depuis longtemps, Vaval, lui, change la donne.

Le peuple se tient la main et forme une chaîne d’une solidarité sans faille. Une chaîne qui se mêle parfois à ses risques et périls ! Même pour les aristocrates-spectateurs qui semblent vouloir rester à distance de la partouze géante. Ils ne sont pas protégés pour autant. Le démon de Vaval coule dans leurs veines pour des péchés ensorcelants. Bacchanales, excès et libertinages donnent des lendemains au purgatoire des regrets. Vaval est mort, après des festivités parfois indécentes. On a oublié la bienséance et on s’est oublié soi-même. Notre limite n’a plus de barricade et la sécurité mise en place par les officiers n’y change rien.

Baby-boom dans les maternités, neuf mois plus tard. Qui est le père ? On ne sait plus trop

Le carnaval est devenu un brouillard vaporeux. Taux d’alcoolémie proche du coma éthylique pour une nausée qui peut perdurer et laisser le goût d’une fête bien amère. Une photo qu’on aurait préféré oublier, qui se retrouve sur Facebook. Une infidélité qui arrive dans l’oreille de la cocufiée. Une mauvaise blague qui tourne mal et finit à la une des journaux. Le Carnaval peut laisser des traces indélébiles et briser des âmes.

Mais qu’importe, la période de pardon s’enclenche. Le « carême » est la repentance des pêcheurs et des dépravés. Les églises retrouvent leurs fidèles, trop longtemps infidèles. Les patrons retrouvent autorités et élégances et les uniformes retrouvent leurs propriétaires. Le repentir des âmes et des corps à purifier. Quarante jours de privations, pour exorciser les démons qui se sont emparés des festivaliers. Après les jours gras viennent les jours de vaches maigres.

La tradition veut que les plus croyants respectent une période d’abstinence et d’auto flagellation, pour exorciser le mal. Le peuple reprend le chemin de la piété et du seigneur, entre jeûne, prière et aumône. 

Un moment de réconciliation avec sa religion… jusqu’au prochain carnaval.



Marie-catherine IDEL
Je suis auteure de romans, nouvelles et livres jeunesse. J’utilise ma plume en tant que... En savoir plus sur cet auteur


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