Le sex revenge, que faut-il en penser ?


Par La Rédaction | Le 12 Septembre 2015 | 0 commentaire(s)


Mettre sur internet des photos ou vidéos intimes, c'est le phénomène sur le web depuis quelque temps. Mais qu'est-ce qui se passe dans la tête de celui qui publie ces scènes embarrassantes et expose sa partenaire sexuelle ?



© Wisky
© Wisky
En des temps reculés, il n'était pas évident d'enregistrer ses ébats sexuels. Il fallait avoir la panoplie avec caméscope et cassette pour faire son porno amateur. À ce moment-là, si on possédait une cassette nuisible et que l'on souhaitait se venger, il était regardé entre potes ou seulement en petit nombre. On entendait parler de ces scandales de « vengeance par le porno » dans les films, séries ou quelques indiscrétions de gens riches.
Aujourd’hui, grâce à la technologie, une personne sans scrupule peut sans hésitation livrer l'intimité de sa partenaire sexuelle à la vue de tous (pas de limite sur le net). Car évidemment, pour la grande majorité ce sont des hommes – des jeunes hommes qui s'y adonnent et la femme ou la jeune fille qui en subit les conséquences (humiliation, suicide…). Pourquoi ?

Des hommes frustrés
Quand l'homme ne supporte pas la séparation, il arrive que son ego en prenne un coup. En occultant le fait qu'il était complice et/ou amoureux de son amante et que par respect et loyauté, ces photos ou vidéos doivent rester dans le secret de leurs intimités. Mais, le désir de vengeance – rancœur, ressentiments – prend forme et tous les moyens sont bons pour blesser l'autre. La vengeance est un plat qui se mange froid, en créole « An pa ka manjé soup an-mwen cho ». 
Offrir l'autre en pâture est jouissif, exaltant (même pour un court moment). Quelques-uns pourront avoir des regrets, mais le mal sera déjà fait.
Tous les hommes ne sont pas susceptibles de franchir le pas. « Mon compagnon est trop gentil pour faire ça même si on se sépare un jour ! » explique sombrement Brigitte. 
Mais la revanche n'est pas une question de gentillesse (qui peut-être éventuellement une façade) ou de méchanceté. Est-ce qu'on connaît vraiment son partenaire ? Se connaître soi-même n'est pas toujours évident, donc on peut être surpris des réactions de l'autre, quand l'ego prend le dessus.

Pour éviter tous risques de se faire avoir, il est souhaitable de :
- Supprimer tous les fichiers compromettants avant de vous séparer, particulièrement si votre compagnon est rancunier et/ou impulsif.
- Passer par le biais d'une application si vous envoyez des messages érotiques (pas de sauvegarde de l'objet préjudiciable).
- Ou s'abstenir et opter pour du sexe en live, il n'en gardera que les souvenirs.
Lors des ébats, évitez de garder le smartphone tout près de vous, surtout si c'est un homme que vous connaissez à peine.
Deux sûretés valent mieux qu'une, mieux vaut prendre trop de précautions que pas assez. Avec l'ampleur de ce phénomène (ce ne sont plus des cas isolés), la justice sanctionne.
Les peines sont moins lourdes qu'aux États-Unis, cependant, la justice française ne badine plus sur ce sujet : un homme a été condamné à Metz en avril 2014 à une amende et la prison avec sursis pour préjudice moral et atteinte à la vie privée.

Des garçons inconscients, par manque d'éducation ou de réflexion
Mais quelles sont les justifications de ces jeunes hommes mineurs (majorité sexuelle à 15 ans en France) ou jeunes majeurs qui bafouent la réputation d'une jeune fille, en divulguant et plus flippant encore, en filmant à leur insu leur acte sexuel ?
Il y a quelques jours, une jeune fille de 15 ans tentait de se suicider en Martinique à cause de la diffusion d'un revenge porn. Est-ce qu'on peut parler de revenge porn ? Est-ce que c'est de la vengeance ou de l'inconscience, un manque d'éducation ou de réflexion ? (Nous ne sommes pas dans la confidence).
Et pourquoi ces jeunes filles acceptent lors du passage à l'acte de laisser un tiers capturer ? À leur âge, à la même époque, aurions-nous refusé !? Et si non, pourquoi ? Moins d'aveuglement, plus de pudeur, moins d'insouciance...
Est-ce qu'il faudrait mettre en application un protocole dans les écoles : plus d'informations sexuelles pour les adolescents même si le sexe est banalisé de nos jours. Les responsabiliser sur le sujet, leur apprendre à respecter leur corps, mais aussi celui de l'autre.
Devons-nous attendre sur l'état ou parler à nos filles, à nos sœurs ? Pour éduquer nos fils et frères à valoriser et respecter le corps de la femme ?

Aucun jugement n'est porté dans cet article

Parce que s'il y a une chose que l'on a saisie...
... c'est qu'il faut éviter de juger – nous femmes – ces femmes ou jeunes filles. Le professeur Louis Jehel, psychiatre lors de son intervention sur Martinique 1ère (septembre 2015), expliquait l’importance de soutenir et de ne pas renforcer ce sentiment de honte qu'une – jeune – femme peut ressentir dans ce contexte. L'humiliation peut-être dangereuse et créer un risque de suicide.

La femme occidentale a gagné beaucoup de liberté. On ne partira pas sur un énième débat, s'il existe une réelle différence entre l'homme et la femme. Mais il ne faut pas se leurrer, notre conditionnement éducatif ne peut pas s'effacer en quelques décennies. La femme n'est pas égale à l'homme sur différents aspects sexuels, n'en déplaise à certains.




Santé | Paroles de femmes | J'aime ça | Mariage | Love&Sex | Mode | Interview | Beauté | Bien-être | Forme | Cuisine | Kaz Pratique | Famille | Société | Hors-Séries | Top Musique | Travail | Inclassable


Facebook
Twitter
Google+
App Store
Mobile
YouTube Channel