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L’Ego dans toute sa splendeur !


Par Nina Buval | Le 25 Février 2017 | 0 commentaire(s)


On peut le qualifier de masque social, d’image de soi renvoyée aux autres et à soi-même. Quoi qu’il en soit, il fait beaucoup parler de lui ! Réactionnaire, omniprésent, plutôt que de le diaboliser, essayons de comprendre le sens de sa présence et pourquoi pas, tâchons de nous en faire un allié !



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Lecture optimisée sur vos ordis   6 min

Selon sa définition sur internet, l’Ego est un substantif, tiré du pronom personnel latin (moi/je). Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi-même. Il est considéré comme le fondement de la personnalité (en psychologie), mais aussi comme une entrave à notre développement personnel (en spiritualité).

QUI ES-TU ? À QUOI SERS-TU ?

L’Ego est donc la « conscience de soi », « conscience de notre individualité ». Lorsqu’on parle de soi (JE m’appelle comme ceci, JE suis de telle origine, J’aime faire du sport, MOI, je préfère…), c’est simplement notre conscience de nous-mêmes qui s’exprime. À ce stade, l’ego reste neutre, en n’exprimant que des faits. Notre conscience de qui nous sommes et de notre individualité (l’ego) fait partie de nous, comme notre conscience des autres, de notre corps, de notre âme (conscience supérieure), du monde.

EGO, AMI OU ENNEMI ?

Une mauvaise compréhension de sa nature peut nous le faire considérer comme un « ennemi » à détruire. En réalité, il est à considérer comme un outil de survie, ni bon ni mauvais, dans sa vocation. Cependant, il peut devenir « malsain » quand il devient contrôlant dans notre fonctionnement sur l’illusion de n’être que le seul moyen dont on dispose pour communiquer. Il a tendance à s’imposer lorsque la conscience de soi se limite à une conscience physique ou sociale (apparence, âge, sexe, statut social, religion, biens matériels). Lorsqu’elle se détache, se déconnecte complètement, des autres êtres et de notre conscience supérieure (âme). Sa connotation négative est apparue avec les courants philosophiques, religieux et spirituels, le considérant comme pire ennemi de l’humanité, de la paix, lui attribuant la responsabilité des problèmes de l’humanité (actes égoïstes), contraires à la faveur collective. Selon eux, l’homme se construit uniquement sur le « visible » (physique, palpable, terrestre, matériel). L’ego « négatif » se nourrit de peur, d’anxiété, de ressentiments, de jugements, de possessions, mais aussi de « résistance ». L’humain, au travers de sa perception de lui-même (son ego), excelle pour trouver matière à se justifier d’avoir à agir « ego-ïstement ».

SON RAISONNEMENT

« J’agis, avec mon ego, pour mon propre intérêt, faisant fi de l’intérêt commun à chaque personne impliquée. JE peux alors me justifier de voler quelqu’un, car mon ego m’affirme, que JE suis en droit de le voler, étant donné qu’il a plus que moi. JE suis persuadé que mon action n’est pas “mauvaise”, dédouané de toute culpabilité. Idem si JE tue quelqu’un à cause de son appartenance à une autre religion, car JE suis persuadé, que mon Dieu à moi est le bon Dieu et que toute autre chose est une aberration. Mon ego m’a convaincu que JE fais le bien en commettant cet acte, puisque J’élimine ceux qui servent un mauvais Dieu ». SES CONTRADICTIONS DÉCELABLES L’ego en excès développe un surplus de confiance en soi, ne se remet pas en question. Lorsqu’il enchaîne les échecs, il n’assume rien, n’accepte pas d’aide, veut encore avoir raison, se montre de mauvaise foi, accuse les autres. Il est très fanfaron, excessivement fier, subjectif (moi je...), vaniteux, orgueilleux, autoritaire, arrogant... Il recherche la compétition avec les autres, tout en étant intimement persuadé d’être supérieur... Pour continuer à s’amplifier.

ÉLEVER SA CONSCIENCE

L’homme peut décider d’élever sa conscience de lui-même par un travail spirituel, en se détachant de son identification physique et mentale, en prenant du recul sur ses visions de lui-même et du monde, en observant avec sa conscience supérieure, son ego opérer, en y incluant les autres « êtres » peuplant sa planète (la nature, les animaux) et en décidant d’élargir sa perception et d’utiliser son individualité pour le bien collectif. L’« individu » comme Nelson MANDELA, par exemple, a utilisé son individualité (son nom et son identité personnelle, en tant qu’être humain vivant et conscient), pour le bien commun. Dans son projet, il a mis son ego positif, au service des autres.
A contrario, d’autres individus néfastes (dictateurs) ont nourri leur ego négatif et agi dans une idéologie personnelle, entraînant une masse d’individus dans une énergie dévastatrice pour l’humanité. Ils se sont servis des autres pour nourrir et gonfler leur ego, dans leurs projets funestes. Dans le même registre, l’émotion de la colère est également décriée comme polluante pour la paix intérieure et pour la paix dans le monde. Réputée comme non « spirituelle », elle peut engendrer chez l’être en quête de spiritualité un « ego spirituel ». L’individu alors, pour s’en détacher, peut-être influencé par un discours religieux considérant la colère et le désir comme des émotions nocives, dont il faut se déconnecter pour ne plus les ressentir.
Et au final, se détacher de toute émotion, pour ne pas nourrir de culpabilité à vouloir, à désirer plus beau et plus grand. Les émotions demeurent notre baromètre et notre météo internes pour réajuster l’excès de ce qui prend trop de place. Être dans cette écoute est un acte d’amour envers soi. La « perfection spirituelle » est souvent imagée comme une méditation hors d’atteinte, dénuée d’émotions. Toutes ces croyances nous portent au jugement (une bonne-sœur rockeuse, un moine DJ, un Martiniquais mormon, sont autant d’idées incongrues pour le collectif).

Pourtant colère comme ego, bien utilisés, peuvent aider à se prémunir de tentatives d’effractions d’autrui, en posant ses propres « barrières ressenties saines ». Être incapable de mettre des limites dans ce que les autres ont le droit de nous faire est un désamour de soi. L’ego qui se bat pour rester risque au contraire de passer pour une « absence d’ego » par une illusion d’humilité (difficile de tomber le masque en s’avouant ne pas aimer sa propre image, par exemple ne pas supporter la vision de soi en photo). Au final, je souhaite m’efforcer d’être dans l’amour inconditionnel par « ego » de me dire que « moi » je suis capable d’aimer même mes détracteurs. Certaines espèces animales fonctionnent en conscience collective (certains oiseaux, mammifères, poissons, fourmis), agissant à l’unisson pour le bien de tous. L’humain est différent, chacun a sa propre conscience de lui-même. Certaines populations, souvent les plus démunies, développent l’esprit collectif, car elles agissent pour le bien de la communauté. Le contraire de l’Occident où, très jeune, on entraîne à la rivalité. Cela favorise l’alimentation de l’ego dans ses extrêmes, pour finalement s’y identifier, se démarquer, prouver aux autres ses capacités dans une représentation faussée, se vivre socialement important.

LES OUTILS POUR S’EN FAIRE UN ALLIÉ

Arrêter de vouloir toujours avoir raison pour satisfaire son ego. Cela génère des relations conflictuelles. Si l’interlocuteur est dans cette dynamique d’ego, le laisser avoir raison selon lui, et réaliser que cette attitude est contre-productive. Tout en restant fidèle à soi et à sa façon de penser, si on la juge meilleure. Éviter de parler de soi tout le temps, de se mettre en avant dans l’espoir que les autres nous encenseront.
Car en réalité, quelqu’un qui ramène toujours tout à sa personne fatigue et donne une image négative. Plutôt apprendre à écouter l’autre pour être dans un véritable échange et une meilleure compréhension, dénuée de jugement (envers les autres puis soi). Limiter les posts incessants sur les réseaux sociaux de type selfies, photos du plat pris au resto, géolocalisation, les statuts « en direct », etc. L’ego y prend trop de place, se gargarise des « like » et a contrario, se vexe lorsqu’il y en a moins qu’attendu (insatisfaction permanente). L’ego, pour se montrer socialement accepté, pour prouver aux autres et faire voir sa vie intéressante, tombe dans l’excès et empêche de vivre le moment présent (projection d’espérance, de reconnaissance, l’attente latente empoisonnante).

COHABITER

Être honnête dans les réponses que l’on se fait : « en vérité, si j’étais si humble, je ne nourrirais pas de jalousie, d’envie, à vouloir ressembler à un autre, me comparer sans cesse, à vouloir pouvoir oser comme lui, des choses que je ne m’autorise pas à faire ».
Se demander « pourquoi, ce besoin de se comparer à l’autre ? », prendre conscience que se comparer entraînera soit un sentiment d’infériorité, soit de supériorité. Donc faire toujours de son mieux, avec ses propres atouts objectifs et bienveillants aux autres et à « soi-m’aime ».
Considérer que la compétition n’a pas lieu d’être ! Deux personnes exerçant la même activité, le même travail, proposeront en réalité, une méthode certes basée sur un socle commun, mais différente, parce qu’empreinte chacune de leur propre personnalité, dans leur façon de délivrer le message qu’elles veulent y transmettre. Savoir se poser pour prendre conscience de son ego, pour comprendre la place qu’il prend chez soi, son ampleur, réaliser honnêtement quand il nous pose problème, non seulement dans les interactions avec les autres, mais aussi dans notre développement personnel.
Il ne s’agit pas de s’engager dans une lutte (qui ne ferait que le renforcer en puissance), ou de tenter de nier sa présence, mais plutôt de se réconcilier avec soi-même et d’accepter son ego avec ses passions et émotions.
Dans ce travail, il devient la matière première du travail non violent, non agressif, dans la méditation, la conscience du moment présent, l’analyse de ses ressentis. Cette dynamique favorisera la transformation d’attitudes passionnelles pour les dissoudre. Un ego est équilibré dès lors qu’il y a ajustement entre la conscience de son individualité, la conscience supérieure et la conscience collective. Devenir positif !

Nina Buval, praticienne de sophrologie.
Martinique, rendez-vous au : 0696 046 674
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