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Kareen GUIOCK : "Tous ces aspects de ma vie sont des passions"


Par La Rédaction | Le 18 Avril 2011 | Lu 3598 fois


Crédit Photo : Amos
Crédit Photo : Amos
Qui est Kareen Guiock ?
KG : Oh la la, elle est terrifiante cette question !(rire). Euh... Eh bien... C'est une femme que je découvre ! Il y a tout de même un délicieux avantage à mûrir, c'est qu'avec le temps, on se connaît mieux et on se surprend. Ces dernières années, j'ai appris de moi que j'avais besoin de m'épanouir dans plusieurs domaines, que faire de la musique était essentiel à ma vie et que le journalisme était une vocation. Entre 20 et 30 ans, j'étais toujours la plus jeune dans les équipes que j'intégrais. Et aujourd'hui, j'ai une jolie expérience sur laquelle je peux m'appuyer.

Quel est votre parcours professionnel ?
KG : Il est assez atypique. À 13 ans, avec des camarades de collège, à Cayenne en Guyane, j'ai monté un projet de magazine sur le métissage à l'image de notre réalité. Évidemment, à l'époque, personne n'a voulu nous financer, mais le quotidien "France Guyane" a entendu parler de notre envie et nous a offert une page hebdomadaire.
C'est comme ça que j'ai écrit mon premier article.
Ensuite, j'ai participé régulièrement à un forum jeune en radio, sur RFO Guadeloupe, j'étais en effet au lycée de Petit-Bourg. Quand je suis arrivée à Paris, après le bac, un ami m'a proposé de co-présenter une émission bi-hebdo sur Média Tropical. C'est là que j'ai rencontré Claudy Siar qui était, à l'époque, directeur d'antenne. Il m'a proposé de travailler avec lui sur RFI, en tant que chroniqueuse et assistante de production.
Parallèlement, je me suis retrouvée rédactrice en chef d'un magazine culturel afro-caribéen mensuel, "Koktel mag". À ce moment-là, j'avais fait le choix de ne pas faire une école de journalisme et je me suis orientée vers une fac de philo.
J'avais du temps, et j'en profitais pour apprendre ce métier. C'est en 2000 que j'ai commencé à faire de la télévision. J'ai présenté le JT sur une petite chaîne, qui n'existe plus depuis, LCA la chaîne africaine.
1 an plus tard, j'ai intégré l'équipe de Turbo sur M6. J'ai beaucoup pigé pour d'autres chaînes : Arte, France Ô, TF1, Autoroute FM, comme reporter, chroniqueuse ou animatrice.
En 2007, Claudy m'a proposé d'animer Laisse Parler les gens, au lancement Tropiques de FM. Une émission que j'ai dû arrêter, en septembre dernier, faute de temps, puisque je ne pouvais raisonnablement plus cumuler ma rubrique dans Turbo et la chronique "Expliquez-nous" dans le 19h45, sur M6. Mon parcours a vraiment été guidé par des rencontres et de bonnes surprises. Je n'ai jamais eu de plan de carrière.

Est-il difficile d'être une Femme dans votre milieu Professionnel ?
KG : Je n'en ai jamais eu le sentiment, au contraire même. À Turbo, j'ai la chance de travailler avec une équipe géniale. Les garçons sont vraiment des grands frères pour moi, et être une femme, c'était avoir un regard différent sur l'automobile. Dans le milieu journalistique, il y a beaucoup de femmes et ce n'est absolument pas un "défaut" (rires).

Comment arrive-t-on sur la chaîne M6 à présenter une émission comme Turbo ?
KG : Alors déjà, je ne présente pas l'émission. Dominique Chapatte reste la figure emblématique de l'émission. Il en est le fondement et le repère essentiel. Il y a deux ans, lorsque nous avons travaillé sur la nouvelle formule de l'émission, le directeur délégué de l'information, qui m'avait déjà permis de présenter des flashes dans le Morning live en 2006, m'a proposé de faire la rubrique Turbonews. J'ai été la première surprise. J'ai accepté avec plaisir, bien sûr. C'était un honneur pour moi, d'autant que je travaillais pour Turbo depuis 2001.

Vous êtes journaliste, animatrice radio et chanteuse, comment conciliez-vous la vie familiale et professionnelle ?
KG : C'est difficile en effet de concilier toutes ces activités. C'est une question d'organisation. Je me suis ménagée du temps pour la musique et pour la vie!!! (rire). Parce que le boulot, c'est super, mais finir toutes ses journées épuisées, ça n'a pas de sens. C'est pour cela que j'ai quitté Tropiques FM. Pendant 3 ans, j'ai eu un rythme d'enfer, et je ne pouvais plus continuer comme ça. Comme tout est une priorité, il faut simplement s'organiser. Tous ces aspects de ma vie sont des passions, et elles doivent toutes s'exprimer sereinement.

Avez-vous déjà été confrontée à un dilemme de Femme Active ?
KG : Un dilemme ? Pas vraiment. Je fonctionne par priorité, donc j'ai rarement des dilemmes. Je réussis presque toujours à faire ce dont, j'ai envie et ce qu'il faut faire. Je crois les doigts pour que ça continue.

Elle vous fait rêver, Qui est votre Femme Active préférée ? 
KG : Je vais vous décevoir, mais personne ne me fait vraiment rêver. J'admire des parcours, des idées, des personnages, mais ça ne me fait pas rêver. Sans doute, parce que je tente de réaliser mes propres rêves et que, de ce fait, la réalisation des autres reste à mes yeux le symbole de leur idéal accompli. À moi d'accomplir le mien ! Il est forcément différent du leur.
Je peux m'inspirer de leurs qualités, de ce qui leur a permis de s'affirmer : la détermination, l'audace, la conviction, le sentiment que ne pas s'engager sur le chemin, c'est renoncer à soi-même. Par exemple, j'admire une femme comme Christiane Taubira, J'aime sa force, son intelligence, son verbe et j'espère être un jour aussi "Doubout" qu'elle l'est. J'admire ma mère qui est d'une bonté et d'une intelligence magistrales. Elle m'a appris à être une femme antillaise solide, libre et optimiste.

Crédit Photo Bellevilloise: Max venite
Crédit Photo Bellevilloise: Max venite
Vous êtes plutôt Style BCBG, Glamour, Tendance ou Naturel, pouvez-vous nous décrire votre look ?
KG : J'ai besoin d'être à l'aise dans mes fringues, pour être parfaitement naturelle. La robe moulante, sur laquelle on est obligée de tirer toutes 2 secondes parce qu'elle remonte, ce n'est pas pour moi !(rire).
Résultat, je ne me reconnais dans aucun style. Il faut que ce soit pratique et sobre. Sobre, parce que je suis grande, 1,78 m, je ris et je parle fort, je ne vais pas en rajouter avec de l'excentricité, ce serait too much ! (rire). Il y a un point essentiel pour moi, cependant, ce sont les chaussures. J'en ai des centaines. Il faut vraiment que je me fasse soigner, parce que c'est pathologique (rire) ! Mais c'est ce qui fait la différence. Pas besoin de fringues dingues ! Juste avec une paire de talons un peu décalée, ça définit l'allure.

Si vous deviez partir sur une île avec un seul objet, quel serait cet objet ?
KG : Mon IPhone !!! Mon Iphone et son chargeur (Allez soyez sympa !) pour la musique, pour mes mails, pour rester suspendue des heures au téléphone, pour textoter et aller sur le net. Faut vraiment qu'il y ait une prise électrique sur votre île, sinon je n'y vais pas ! (rire)

En conclusion, quelle est la rubrique que vous pourriez lire d'un trait sur GirlyKréyol ?
KG : A ha ha ha ! Mode non, je ne suis pas les tendances. Beauté... Non. Ça m'a pris des années, mais ça y est, enfin, j'ai fait le point sur les gestes et les produits essentiels. Cuisine& Déco... hum, non plus. Mère&Enfant, euh... Pas encore ! ; -) Love & Sex... OUI ! Pour me marrer un peu.

GirlyKréyol gratifie la femme active, un dernier mot ?
KG : Alors à toi, la femme active ! (rire) Fais-toi toujours confiance, n'aie pas peur de ton audace, accepte de vouloir faire différemment, crois que tout est possible et fait ce que tu aimes. Une petite citation d'Henry Ford pour les bilingues, parce que toi la femme active, tu es bilingue : whether you think you can or can't, either way you are right. Cette phrase résume à merveille ma philosophie.





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