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Jessica Campbell : « Je regrette l’époque où on prenait le temps de construire une carrière musicale »


Par | Le 8 Avril 2017 | Lu 13988 fois

« Derrière chaque grand homme se cache une femme », écrivait l’auteur français Gabriel-Marie Legouvé. Un adage bien connu et souvent utilisé pour illustrer la puissance qui émane d’un couple, suscitant l’inspiration. Dans la famille Campbell, il y a Christy – aka Admiral T – qui déchaîne les foules quand il se produit sur scène. Et il y a bien évidemment… Jessica. Son épouse, sa manager, son associée, qui l’accompagne depuis de nombreuses années. Une « team » forte et complice qui concilie vie privée et vie professionnelle au quotidien.


Jessica Campbell : « Je regrette l’époque où on prenait le temps de construire une carrière musicale »
Qui est Jessica Campbell ?
Jessica Campbell :
Je suis une cheffe d’entreprise, née en Guadeloupe, à qui le travail ne fait pas peur. Je suis une maman de trois enfants qui sont la prunelle de mes yeux. Je suis également manager. Une manager pour qui les ambitions ne sont jamais trop grandes. Je suis Jessica Campbell, cette femme au caractère bien trempé qui sait ce qu’elle veut, mais qui ne perd pas de vue l’essentiel.

Manager, cheffe d’entreprise, maman, comment faites-vous pour être sur tous les fronts ?
Jessica Campbell :
Il est vrai que toutes mes fonctions me mobilisent beaucoup de temps et d’énergie, mais je réussis à combiner toutes ces casquettes parce que je suis quelqu’un de très dynamique et vif d’esprit. La plus grande difficulté c’est de ne pas laisser le travail prendre le dessus sur le temps réservé à la vie de famille.

Pouvez-vous nous parler des projets dont vous êtes fière ?
Jessica Campbell :
Tous mes projets naissent d’une volonté d’innover et de repousser mes limites, donc les mener à terme procure évidemment un sentiment de fierté. « Wok Line » (NDLR Marque de vêtements) est un projet dont je suis fière, c’était une aventure audacieuse notamment avec les défilés atypiques que nous organisions. Celui sur l’eau rivalisait tout autant avec l’originalité de celui sur la plate-forme d’un semi-remorque ou celui en pleine rue dans la ville de Pointe-à-Pitre. « L’Habitation Campbell » fait partie de mes plus grandes fiertés. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un espace dans lequel ont lieu de très beaux événements privés.

Quels sont vos passe-temps ?
Jessica Campbell :
J’aime le jardinage, je pense que je tiens ça de ma mamie. J’ai grandi en la voyant prendre du plaisir à sarcler, planter, récolter les fruits et légumes de son jardin. Aujourd’hui, je partage ce passe-temps avec ma fille avec qui je plante et arrose les plantes ou arbustes que nous avons scrupuleusement choisis au préalable dans une pépinière. À côté de cela, je suis une grande passionnée de photo et vidéo alors j’aime prendre de beaux clichés de scènes de vie ou les immortaliser en vidéo.

Quelle place occupent les femmes dans l’industrie de la musique antillaise ? (On ne connaît pas beaucoup de femmes managers.)
Jessica Campbell :
Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’industrie musicale, j’avais tout juste 20 ans et effectivement il n’y avait qu’une seule femme dans le métier, Juliette Fievet, qui a ma connaissance officiait au poste de manager. Aujourd’hui, les choses ont quand même pas mal changé, il y a davantage de femmes dans le métier.

Y a-t-il des choses que vous aimeriez changer dans l’industrie ?
Jessica Campbell :
L’industrie change avec son temps et il faut s’y accommoder. Bien entendu, je regrette l’époque où on prenait le temps de construire une carrière, l’époque où les singles ne se consommaient pas comme du fast-food, l’époque où on ne jugeait pas la qualité artistique d’un single au nombre de vues qu’avait générées son clip, l’époque où les artistes créaient des œuvres originales et avaient une vraie identité musicale, l’époque où il ne suffisait pas d’avoir des milliers de followers pour prétendre à s’investir dans une « carrière » musicale.

Le 15 avril prochain, Admiral T (votre artiste-époux) sera sur scène. Comment le vivez-vous (en tant que manager et épouse) ?
Jessica Campbell :
J’attends très impatiemment l’arrivée de cette date pour présenter au public le spectacle que nous avons préparé. En tant que manager, je suis particulièrement fière d’avoir cette place aux côtés d’Admiral T, le Totem en qui j’ai toujours cru et pour lequel j’ai beaucoup de respect. Je l’ai accompagné tout au long de sa carrière et Bercy est en quelque sorte l’aboutissement de plusieurs années de travail. En tant qu’épouse, je suis très très émue de voir mon mari se produire en tête d’affiche à Bercy, car je suis témoin depuis plus de 16 ans de tout son travail et j’ai hâte de partager ce moment exceptionnel avec lui. Au final, ce n’est pas si simple de dissocier la casquette du manager de celle de l’épouse, car dans les deux cas ce que je ressens est pareil.

Quel regard portez-vous sur la carrière de votre artiste ?
Jessica Campbell :
J’éprouve une immense fierté de voir tout ce qu’il a déjà accompli en 20 ans de carrière. C’est un véritable exemple de réussite par le travail. Il a prouvé qu’on peut réaliser de très grandes choses tout en restant authentique, humble et en prônant les valeurs universelles.

Vous êtes un modèle de réussite, que diriez-vous aux jeunes filles, femmes de Girlykréyòl ?
Jessica Campbell :
Je voudrais tout simplement leur dire que quand on a des projets, même si ce n’est pas toujours évident d’atteindre ses objectifs, il ne faut jamais perdre de vue l’objectif. Tout ce que j’ai pu construire aujourd’hui ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Il m’a fallu de la patience, de la volonté, de la ténacité, de l’audace et du courage pour aller au bout de mes projets et c’est tout ce que je vous souhaite. Soyez honnête dans tout ce que vous entreprenez, ayez confiance en vous et lancez-vous !

Actu

Ne ratez pas le show d’Admiral T – le premier artiste solo au répertoire caribéen à se produire sur la mythique scène de l’Accor Hôtels Arena. En exclusivité, son nouvel album totalement inédit sera destiné à tous ceux présents à ses côtés le 15 avril 2017 grâce à un précieux sésame, le ticket de concert.

Merci à Rebecca Marival



Sélène Agapé
Jeune journaliste, ma curiosité maladive se marie plutôt bien avec ma passion de l’écriture. En savoir plus sur cet auteur


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