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J’arrête de juger ?!


Par La Rédaction | Le 8 Juillet 2017 | 0 commentaire(s)


« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » En créole : « Ou ka wè pay la ki adan zié mwen, ou pa ka wè pié bwa'a ki adan ta'w la ». On ne cesse de tout critiquer. Le Net a eu un effet libérateur, mais a contribué à un grand déchaînement de jugement à l’encontre des autres. Au point où l’on juge lamentablement : je juge, tu juges, il juge… Nous sommes tous dans le jugement.



© Oleksii Sergieiev
© Oleksii Sergieiev

Pourquoi jugeons-nous ?

Cette attitude « moralisatrice » est ancrée dans notre système social et est en grande partie définie par notre éducation – le style de vie familiale. Il est même prouvé que le cerveau joue aussi un rôle dans ce processus. Selon une étude publiée dans la revue Scientific Reports, l’amygdale, une zone du cerveau fortement liée au contrôle des émotions, s’active. On est alors en présence de deux mécanismes distincts : les gens jugent les actions conduisant à des conséquences négatives comme étant plus intentionnelles que celles conduisant à des actions positives.

Je juge qui, quoi ?

Le jugement n’est en soi ni bon ni mauvais, c’est son expression et son utilisation qui font toute la différence. Selon le psychanalyste, Norbert Chatillon « le jugement est aussi essentiel et naturel que la respiration. Critiquer autrui, c’est souvent lui attribuer les défauts ou les qualités que nous n’osons pas reconnaître en nous, une façon de rejeter ce qui nous trouble... Ce n’est que lorsque nous passons de l’altérité, caractère de ce qui est autre, à l’altération, action de dégrader, que nous polluons le jugement en tant que fonction psychique vitale. »
Juger est une activité nécessaire qui nous permet de nous forger des opinions, mais celle-ci est trop souvent liée à une condamnation morale hâtive (surtout sur les réseaux sociaux). Et elle devient toxique quand elle sombre dans la médisance ou l’insulte, en permettant de se sentir supérieur, au point de conduire au rejet de l’autre. Cependant, beaucoup ignorent que « juger l’autre, c’est porter un jugement sur soi. Car on en dit plus sur soi-même que sur l’autre » note le psychanalyste.

Ne confondons pas jugement et discernement !

La définition du Larousse « Jugement : action de se faire une opinion sur quelqu’un ou sur quelque chose ; manière de juger. », « Discernement : faculté d’apprécier sainement les choses ; intelligence, sens critique ». Sans être complaisant ni béni-oui-oui, nous pouvons essayer de comprendre, de prêter systématiquement une intention positive à autrui (même si nous croyons que l’autre a démérité), de trouver la qualité cachée derrière le défaut apparent. Et faire attention à la gestion de ses émotions face à la situation semble être la clé pour faire la différence.

Ce n’est pas un ennemi à éviter à tout prix. Il n’est pas question de fuir le jugement ni de rejeter sa part d’ombre (et se complaire : Ah ! Ce n’est pas bien de juger !). Il est seulement important d’être plus conscient pour éviter que cela devienne malsain, arbitraire...

Et si nous apprenions à être vigilants ? Juger moins, mais mieux ? À chacun de nous d’oser faire un travail sur soi. Pour clouer le bec aux jugements gratuits, faciles et méchants. Sans oublier de cultiver L’AMOUR !




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