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J'ai créé mon entreprise et j'ai été au bord du burn-out


Par La Rédaction | Le 30 Janvier 2016 | 0 commentaire(s)


Créer sa boite, c'est le Graal, mais la surcharge de travail ou les difficultés, les problèmes d'argent... peuvent amener à l'épuisement professionnel.



© Alistair Cotton - Girlykréyòl
© Alistair Cotton - Girlykréyòl
Après notre dernier article sur la souffrance au travail, où nous avions mis en avant le burn-out qui peut toucher un salarié surmené, la remarque d'une femme entrepreneure nous avait interpellés : « Moi, je ne suis pas salariée, mais à cause de mon business, je risque de faire un burn-out ». Ce phénomène, certaines l'ont vécu, elles étaient au bord de l’épuisement professionnel, des trentenaires, femmes entrepreneures nous racontent.

Reprenons la définition du burn-out, d'après le Larousse, c'est un « syndrome d’épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d’impuissance et de désespoir ».

Avoir sa petite entreprise, ça fait rêver ! S'il est vrai qu'on est heureux de créer sa boite, d'être son propre patron, au fil du temps, on peut s'apercevoir que la liberté a un prix et peut coûter très cher.

L'histoire de Stéphanie :
« Je me suis lancée en 2010, les trois premières années, je bossais ailleurs en même temps et depuis deux ans, je suis à plein temps sur mon business, quelques réussites effaçaient mon stress au quotidien. Mon compagnon s'occupe des dépenses du foyer parce qu'après 2 ans, je ne me suis toujours pas encore versé un salaire... Et à un moment, je me suis aperçue que je n'avais plus d’énergie, que je n'avais toujours pas la reconnaissance financière... On m'a fait constater que je ne parlais plus à grand monde, il est vrai que je me sentais démoralisée. Heureusement qu'on parle énormément du burn-out, ça m'a permis de prendre conscience qu'il fallait ralentir, maintenant, j'essaie de faire plus attention à moi. »

Créer, c'est prendre un risque : l'entrepreneur est un couteau suisse, il doit être sur tous les fronts –  multitâches – sans compter sur le fait qu'il doit être endurant face aux diverses difficultés (administratives, financières...), les crises, le stress en lui-même.
De surcroît, une femme entrepreneure devra en plus jongler avec sa vie de couple et de mère. L'engagement de l'entrepreneur est à 100 % (il ne compte pas ses heures, donne toute son énergie), certes aujourd’hui, il est plus facilement aidé, accompagné... Mais il se retrouvera toujours seul à gérer les aléas de l'entrepreneuriat. En cas de faillite, il est seul à tout perdre... Pour toutes ces raisons – et celles non citées – l'entrepreneur, à ce rythme est plus susceptible d'être esquinté au bout d'un moment et de faire un burn-out.

Même chose pour Carole : 
« Quand j'ai créé en 2008, j'avais la rage, même en période de coups durs, je ne regrettais pas, j'avais mis toutes mes économies, j'avais souscrit à un prêt et en quelques mois, ça a foiré, trop de dettes, un minimum de ventes, mon chiffre d'affaires ne grimpait pas, un manque de soutien de la banque... Bref, je ne l'ai jamais avoué, mais j'avais des crises de larmes, de panique, tellement que j’étais épuisée. Je me retrouvais régulièrement chez le médecin, pour un rhume, avoir un traitement pour mieux gérer le stress, la fatigue. Mais en dépit de ma force de caractère, des médicaments, ce cocktail explosif a eu raison de moi. Je n'ai pas lâché tout suite, j'ai insisté parce que je ne voulais pas perdre ce que je construisais, malheureusement, cela s'est mal fini. »

Le psychologue et psychothérapeute américain Herbert J. Freudenberger publiait en 1980, un livre de référence sur l'épuisement professionnel. Il y écrit : « En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d'incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consommer comme sous l'action des flammes, ne laissant qu'un vide immense à l'intérieur, même si l'enveloppe externe semble plus ou moins intacte ».

Le premier but de l'entrepreneur, c'est la réussite. Il doit exercer son génie pour transformer son idée en entreprise florissante, « le génie, c'est 5% d'inspiration et 95% de transpiration », disait Ludwig Van Beethoven. En créant une activité, l'entrepreneur s'emploie de toutes ses forces à atteindre ses buts en espérant que tous ces efforts seront récompensés.

Gaby en témoigne, même après la fermeture d'une entreprise, l'épuisement professionnel se poursuit, l'incendie peut continuer à faire des ravages.
« Tout a commencé en 2007, quand j'ai créé ma boutique, à l'époque, je me suis fait accompagner et eu accès aux aides financières remboursables, la première année malgré la fatigue et les nombreux accrocs, j'étais heureuse d'avoir franchi le cap. Mouvement de grève en Guadeloupe, 2009, difficultés financières, impossibilité d'honorer les crédits, manque de trésorerie pour patienter... Et badaboum, j'ai laissé tombé, les problèmes devenaient de plus en plus difficiles à affronter, manque de contrôle... Quelques mois après la fermeture, la liquidation judiciaire, j'ai subi maladie sur maladie, c'est en prenant soin de moi (yoga, repos), en faisant ma remise en question que j'ai recommencé à respirer, maintenant que je connais les symptômes, je sais que j'avais fait un burn-out. »

Reconnaître les symptômes...
... la souffrance physique et psychique comme l'insomnie, des maux de tête, d'estomac, l'irritabilité voire l'agressivité, la fatigue chronique, la perte de concentration... accompagnés de quelques signes tels que : ressentir une grande fatigue au réveil en étant démotivé ; malgré le travail fourni, un mauvais rendement ; limiter les rencontres (famille, amis) ; ne pas se sentir reconnu à sa juste valeur...
Le burn-out n'est pas reconnu comme une maladie professionnelle, mais il fait des dégâts d'une ampleur exceptionnelle, même un entrepreneur (bien qu'il ait choisi son travail, l'indépendance) doit être en alerte quand le stress devient chronique, la surcharge de travail épuisante, et que le mal-être s'installe, il faut consulter un médecin tout en essayant de réguler son rythme de vie.




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