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Il y'a des jours sans ...


Vie de maman célibataire | Le 14 Mai 2016 | Lu 1460 fois



Il y'a des jours sans ...
Je voudrais mettre en lumière ces fameuses journées que je nomme "la grève assumée de la maman qui sature". Comme dirait l'adage, il y a des jours « avec » et des jours « sans ». On peut rajouter le mot que l'on souhaite derrière ces fameux "avec et sans", selon le contexte. La vie de maman célibataire, je la compare aux montagnes russes, un jour ça peut aller, le lendemain on en a marre de tout. Il est vrai que si l'on est en couple sous le même toit, les tâches sont partagées de manière plus ou moins équitables. Quand l'un faiblit, l'autre prend le relais. Un binôme qui permet d'affronter la vie et ses turpitudes, main dans la main. Mais quand on ne peut compter que sur soi-même, 24h/24 – 7j/7, la donne n'est pas la même.

La faiblesse, la fatigue, la saturation, le ras-le-bol nous sont interdits. Il faut assurer dans tous les domaines. Quand on sait qu'être maman est déjà le plus rude métier au monde, la solitude rend ce métier deux fois plus difficile. Une famille se compose d’une maman, d’un papa, de la mamie et du papi, des taties et des tontons, cousins, cousines, marraine, parrain, des neveux du côté de la maman, et l’on reproduit tout ça du côté du papa, avec la belle-famille ... il y'a aussi les amis. En bref, autant de gens pour vous épauler au quotidien dans l'éducation et la gestion de vos chérubins.

Maintenant, si l’on ôte de l'équation le papa, qui est plus ou moins présent selon les relations, l'éloignement et son dévouement, la belle-famille s'évapore avec lui, généralement. Il reste la famille de la mère. Etant donné que nous sommes citoyens du monde, les familles sont désormais étalées sur divers continents et les retrouvailles sont plus rares que variées. L'individualisme galopant fait que chacun mène sa vie, sans se soucier de celle des autres. Si l’on ajoute encore à cela les complexités des familles antillaises, il est fort probable que les parents ne se croisent qu'aux fêtes de fin d'année et encore, quand les embrouilles n'ont pas altérés les relations. Il reste donc les amis. Enfin du moins ceux que l'on parvient à garder quand l'organisation de la vie se complique et que le temps qui leur est alloué s'amenuise en peau de chagrin. Qui reste-t-il finalement auprès des mères célibataires ? Plus grand monde ! Bien entendu, chacune à son propre parcours et l'entourage diffère mais les statistiques me donnent souvent raison. Si les mères célibataires se sentent seules, c’est bien parce qu’elles sont seules ! Je dirais même que c'est un passage quasi-obligé, quand le divorce est prononcé. Mais je vous rassure, on y survit et le ciel s'éclaircit au fil du temps ... cela fera l'objet d'une chronique prochaine.

Revenons à ces fameux jours « sans ».

Ces jours où la solitude nous fouette jusqu'à la moelle et le quotidien nous semble un Enfer que l'on n’a plus l'énergie d'affronter. Vous savez, ces journées grises, où vous lever pour rayer toutes ces fichues choses à faire sur la liste du jour vous déprime par avance. Les enfants, leur école, les devoirs, les repas, le ménage, l'organisation, les courses, le travail, vos études, etc. Quand le hurlement primaire vous guette et que vos larmes menacent. Tout abandonner vous semble la solution la plus adéquate. Ouvrir votre porte et partir loin de tout ça ! Fuir loin, le plus loin possible de cette vie que vous n'avez pas demandée, ni voulue. Bien entendu, vous ne pouvez pas le faire. Il vous reste un zeste de sens des responsabilités. Vos enfants, vous les aimez, même si l'envie de les balancer par la fenêtre vous traverse parfois l'esprit.

Alors les jours « sans », vous vous contentez de rester au fond de votre lit et éteignez pour la troisième fois votre réveil matin. Tout le monde sera en retard, par votre faute. Tant pis. J'ai longtemps souffert lors de ces fameux jours « sans ». Au point de sombrer dans des déprimes colossales, parfois même des dépressions. On ne se sent plus à la hauteur, l'impression de nullité nous broie la motivation. Les larmes coulent, encore et encore. S'il n'existe aucun remède miracle contre ces journées noires, j'ai opté pour la grève quand je frôle le point de non retour. Je préviens mes filles : " Aujourd'hui, Maman n'a pas envie d'être forte. C'est votre tour de prendre soin d'elle. Vous voulez-bien ? ".

Alors j'ai droit à mon petit-déjeuner trop sucré, trop beurré, mais fait avec amour. J'envoie un mail pour dire à la fac que je serais absente pour cause de maladie imaginaire, et à mes employeurs que demain sera un jour meilleur. Je reste tapie au fond de mon lit à lire un bon livre ou regarder des chouettes films. Si l'énergie revient dans mon corps, je pars flâner dans les rues ou humer l'air marin. Allez, demain je revêtirai à nouveau ma cape de « super maman », mais pas aujourd'hui ... car même les super-héros ont droit à un jour de repos.

Retrouvez ma chronique mensuelle " Ma vie de maman célibataire ", chaque 2ème samedi du mois, sur votre webmag favoris.





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