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Harcèlement scolaire : comment faire ?


Par Malika Bouquety | Le 7 Mars 2015 | 0 commentaire(s)




© Luis Louro - Fotolia.com
© Luis Louro - Fotolia.com
Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a fait de la lutte contre le harcèlement une priorité du ministère de l’Éducation nationale.

Car le harcèlement va à l’encontre des valeurs défendues par l’école : le respect de chacun, l’acceptation des différences, l’apprentissage de la citoyenneté. La loi du plus fort ne peut pas régir les rapports entre élèves.
Pour faire face aux urgences et aux situations déjà malheureusement installées, le ministère a mis en place des dispositifs multiples : numéros verts national et académiques, réseaux de référents «harcèlement» pour écouter et accompagner les familles et les établissements. 

Face aux difficultés rencontrées par certains enfants, victimes de harcèlement, le premier geste à faire est de recueillir la parole quand c’est possible, de détecter les changements de comportements.
Ensuite, c’est essayer de traiter la situation dans sa globalité. Souvent, dans les situations de harcèlement, le silence des élèves constitue un obstacle à la prise en charge de la souffrance de la victime et renforce le sentiment d’impunité du harceleur.

Comment faire alors ?

Selon le psychologue Eric Verdier «pour masquer une personnalité fragile, le harceleur va terroriser une personne vulnérable qui affiche une différence que lui-même tente de refouler. Il est primordial de ne pas diaboliser les harceleurs car ils sont également en grande souffrance ».

Ne pas diaboliser ne signifie pas ne rien faire. Dans un premier temps, il faut sanctionner le manquement au respect de l’autre dans sa dignité, au respect des règles de vie de l’établissement… afin d’assurer la sécurité de tous.

Si les 2 protagonistes du harcèlement sont en souffrance, il faut alors engager un dialogue, permettre une médiation au sein de l’établissement.
Il faut aussi mettre en place des dispositifs de prévention pour garantir une cohésion scolaire et valoriser tous les acteurs de l’école. La médiation par les pairs permet aux élèves d’assurer en collaboration avec les adultes un exercice de la citoyenneté et une responsabilisation de tous.

J’invite à visionner les vidéos « Graines de médiateurs » de l’Université de la paix. Des références existent sur la communication non violente à l’école. L’intérêt est d’instaurer un espace de communication où les émotions, les besoins sont exprimés, mieux compris. Les élèves peuvent alors chercher des pistes de solution profitables pour les deux, victime et harceleur.

Une autre référence intéressante pour les parents notamment, l’ouvrage « Te laisse pas faire, aider son enfant face au harcèlement à l’école » d’Emmanuelle Piquet (Payot). Elle est Psychopraticienne spécialisée dans les souffrances scolaires. Il est aussi possible de visionner une vidéo de sa démarche « Mieux armer les enfants contre le harcèlement scolaire  ». 

Le harcèlement à l’école est inadmissible car il contribue à couper l’enfant du lieu d’apprentissage et de développement social dans lequel il passe toute sa journée.

Il l’isole à un moment de sa vie où il est vulnérable parce qu’en construction. Ce genre d’expérience conditionnera une partie de sa vie, son rapport à l’autre, sa capacité à se positionner dans la société. Cela arrive souvent aux plus « faibles » en terme de confiance en eux, retrouver cette confiance nécessitera parfois des années.

Inadmissible aussi, car les parents ont souvent peu d’alternatives. Ils mettent leur confiance en l’institution, lui confie l’être le plus précieux et le plus cher, leur enfant et n’ont que peu de prise sur ce qui se passe dans l’enceinte de l’établissement.

La violence à l’école reflète la violence vécue dans la société. Tant que les adultes n’intègreront pas dans leurs pratiques une autre manière de communiquer, d’être présent à l’autre, d’être bienveillant, nous connaîtront de manière récurrente ce genre de travers.

Il est primordial de ne pas imposer la règle d’en haut, de manière unilatérale, mais bien d’impliquer les élèves afin de les responsabiliser, de les valoriser et d’instaurer un climat de coopération et de communication.

Il est surtout indispensable de vulgariser des outils

des pratiques en ce sens dans la formation des professionnels (les professeurs, les conseillers d’éducation, les surveillants…), des parents (ateliers de parents…) et des élèves afin d’améliorer les relations, de gérer les conflits, de mieux se comprendre et s’affirmer. J’ai fait, à ce titre, une demande de poste de chargé de mission « Bienveillance à l’école  » auprès de mon Inspecteur afin d’œuvrer en ce sens.

Merci à Malika BOUQUETY "Professeur des Ecoles"
Créatrice de Profbienveillant.com  et Martinikids.eklablog.com




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