Est-ce que le tatouage s’est démocratisé ?


Par La Rédaction | Le 19 Août 2017 | 0 commentaire(s)




© Radu Mihai
© Radu Mihai
La Miss Martinique 2017/2018 ne représentera pas la Martinique au concours national, à cause d’un tatouage sur l’épaule qui l’élimine d’office – ce qui est stipulé dans le règlement du comité. État des lieux d’une pratique qui n’est plus tabou chez les jeunes, mais demeure toujours mal perçue par la société.

Cette pratique ancestrale et universelle est longtemps restée marginale. Aujourd’hui, elle connaît un vif succès, tout le monde – tous âges et milieux socioculturels confondus – exhibe fièrement son marquage. Il paraîtrait que le tatouage s’est démocratisé, même banalisé... Selon une étude réalisée par l’institut de recherche IFOP (en 2010), un Français sur dix est tatoué, un jeune sur cinq âgé de 25 à 34 ans déclare ainsi posséder un tatouage.

Pourquoi cet engouement ? Cette nouvelle génération – particulièrement les jeunes femmes – n’a pas connu le tabou du tatouage. Elles ont toutes grandi en voyant un membre de leur entourage en arborer un et considèrent celui-ci comme un « effet mode », un vent de libération. On ne s’inquiète plus, on se tatoue – où l’on veut – pour raconter son histoire singulière, très intime. On l’associe de nos jours à l’esthétique et à l’artistique plus qu’à une appartenance ou à un rituel de passage, un acte de rébellion face à la société, à l’autorité. Même si certains choisissent de se marquer pour exprimer un malaise ou d’autres expressions émotionnelles (morale et/ou physique). Cependant, l’emplacement reste symbolique même inconsciemment, les – jeunes – femmes ont tendance à privilégier les parties du corps dites sensuelles telles que le haut et le bas du dos, la cheville... Tandis que certaines, pour ne pas être gênées ou jugées, voire subir une pression sociale, le placeront à un endroit caché ou facile à cacher.

Malgré tous les tatouages vus par-ci par-là, ce marquage ne s’est pas encore affranchi des normes de notre société (professionnelle, représentation, etc.) et peut devenir un frein.  Est-ce qu’il doit rester personnel, se contenter d’appartenir à la sphère privée ? Faut-il privilégier un tatouage qui se cache et ne se dévoile pas, ne s’exhibe pas ? Parce qu’il n’autorise guère de retour en arrière, c’est un engagement à vie, contrairement au piercing qui s’enlève sans difficulté. 

Que faire quand certains règlements stipulent bien que les tatouages et les piercings « voyants » sont interdits ? Doit-on changer les règles ? Mais n’oublions pas que la majorité de la population est composée de « non-tatoués » ; et eux, qu’en pensent-ils ?

Toléré certes, le tatouage ne s’ancre pas encore dans notre société. Le débat reste ouvert.




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