Connectez-vous S'inscrire

Émeline PIERRE : La journée de la femme


Par La Rédaction | Le 28 Février 2012 | Lu 687 fois

La journée de La Femme vue par une écrivaine !


Émeline PIERRE : La journée de la femme

Que représente pour vous, La Journée de La Femme ?

La Journée de la Femme est une invention tardive qui répare une injustice.

Toutes les manières d’être, toutes les façons d’aimer, furent au prix d’un don, celui de donner la vie. Le désintéressement des femmes dans ce mystère rayonnant nous donne, en cette journée, matière à penser. Le rôle de la femme, son statut actuel, ne sont pas des enjeux abstraits, mais demeurent encore un peu partout dans le monde, malgré des avancées sociopolitiques remarquables, l’enjeu de batailles complexes.

Que pensez-vous de la situation de la Femme dans la société d’aujourd’hui ?

La condition féminine s'est considérablement améliorée. J'en veux pour preuve cette journée qui nous est dédiée. Pourtant, si je pense à la situation de la femme issue des Antilles-Guyane, je crois qu'elle a cherché (et cherche encore) à s'émanciper. Loin d'être simple "poto mitan" (quoiqu'elle a beaucoup apporté à notre société), elle désire s'affranchir de cette représentation. J'en parle dans mon ouvrage Le caractère subversif de la femme antillaise dans un contexte (post) colonial. Dans mon recueil de nouvelles Bleu d'orage, les femmes se battent et font face à des difficultés : foyer polygame, fanm dewô, immigration clandestine, violence conjugale, prostitution, etc. S'il est vrai qu'il s'agit de fiction, elle puise assurément dans la réalité.

Les objections qu’on a pu formuler à l’encontre du féminisme ont au fond renforcé la confiance des femmes en la nécessité de poursuivre des combats dont les objectifs ne sont jamais acquis. Le printemps arabe, les luttes sociales en Guadeloupe, Martinique ou à la Réunion révèlent la place éminente qu’occupent les femmes au sein des réalités sociales et politiques. Leur situation réelle, les risques qu’elles prennent dans l’organisation des réseaux, ou lorsqu’elles exercent leur métier de journaliste ou d’écrivaine, par exemple, en tant que femme inscrivent la question de l’oppression masculine, parce que plusieurs risques leur vie. Certaines en meure.

Quel message, feriez-vous passer à la Femme noire surtout des Antilles-Guyane ?

D’exercer leur capacité de capture des intensités sociales, de révéler leur manière d’être aussi bien dans les œuvres créatrices que dans les formes de lutte. De renouveler l’imaginaire affectif, de façonner leur corps avec leur beauté et d’exprimer leur créativité, plus intimement encore.

En conclusion ?

Le bonheur, l’instinct, l’amour n’ont rien de spécifique à un genre (masculin ou féminin). L’effet est toujours étrange quand on me pose cette question, mais ma vie de femme excède le discours féministe. Elle cherche un accord profond, joie et tristesse mêlés, parce qu’on est jeté dans la vie sur un plan plus fondamental, un absolu de la naissance qu’on donne aux hommes.

Bibliographie

Le Caractère subversif de la femme antillaise dans un contexte (post)colonial 2008
Bleu d'orage, Québec, La Pleine Lune, 2010.





Retrouvez votre webzine
sur l'APPLI Google Play
Téléchargez le Hors Série
Magazine PDF