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Dominique Cesar de My-Money.fr


Par La Rédaction | Le 7 Juin 2014 | Lu 2039 fois


Vous êtes la créatrice de My-Money.fr, comment et pourquoi en fait avez-vous lancé ce concept ?
Dominique CESAR : J’étais salariée comme la plupart des gens. J’ai laissé mon emploi parce que j’avais le projet de créer une franchise en Martinique. J’ai donc pris tous les renseignements, réalisé un business plan. J’ai suivi la démarche normale d’un porteur de projet. J’ai pris rendez-vous avec le banquier qui a trouvé mon projet très intéressant, tout était parfait (idée, emplacement…), il a même été surpris par mon business plan qu’il trouvait très bien conçu. Il m’a donné des conseils, j’étais contente. Un mois après, on s’est revu comme prévu : et voilà que notre banquier avait changé d’avis. J’ai eu l’impression que le ciel me tombait sur la tête. Je ne comprenais plus rien : il disait maintenant tout le contraire. S’en était fini de mon projet !
Du coup, ça m’a fait un déclic. Comment faire pour qu’un projet viable ne reste pas au fond d’un placard ? Il y a sûrement d’autres porteurs de projet qui sont bloqués à cette étape ! Je suis de ceux qui aiment trouver sa solution à tout problème. Il fallait que je trouve un moyen de permettre aux projets de passer cette étape financière. Je démarre mes recherches sur le net sur les modes de financement etc. Euréka, je tombe sur un groupe de crowdfunding (financement participatif), c’est un concept qui fonctionne. J’ai même testé plusieurs plateformes pour comprendre les mécanismes, les démarches…. J’ai bien étudié tout cela dans mon coin. Pas de hasard : trois mois plus tard, à la télé, une dame explique que son fils doit passer son brevet de pilotage. Ne disposant pas de la totalité de la somme, elle s’est décidée à faire appel à la générosité de la population pour l’aider dans ce financement. Apothéose : une dizaine de jours passent et France-Antilles Martinique relaie l’information que cette dame a en fait réussi à réunir 12 000 euros. Et que son fils a ainsi pu réaliser son projet.
Cette belle histoire fait tilt en moi : un besoin précis… de la générosité qui se transforme effectivement en contributions… il faut d’un outil. J’ai dès lors accéléré le développement du projet, contacté des acteurs du financement participatif, mis en place des rencontres et des réunions. J’ai même fait campagne auprès d’amis sûrs. On s’est mis à réfléchir ensemble, en catimini, je dirais même de façon totalement secrète. Finalement, il s’est avéré qu’il n’y avait aucune raison de retarder l’échéance pour mon projet : justement pas de plateforme en Martinique… raison de plus pour que cela se réalise… My-Money.fr a vu le jour.

Est-ce que ça été facile de mettre en place cette plateforme de financement participatif ?
DC : La complexité pour toute plateforme, c’est qu’il y a deux prérequis exigés par la loi. Il faut que l’entité soit adossée à un établissement bancaire certifié AMF (Autorité des Marchés Financiers) pour ne pas tomber dans l’exercice illégal du métier de banquier. De plus, il faut s’associer à un partenaire de monétisation en ligne agréé à l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) puisqu’aucun individu ne peut «comme ça» gérer les fonds d’autrui. Ce fut le plus complexe parce que le financement participatif n’est pas encore dans le fonctionnement des banques en Martinique. J’ai été obligée de passer par des partenaires en France Métropolitaine qui ont les accréditations et agréments. Et autre point fondamental, fonctionner sur le net et de surcroît avec l’argent d’autrui exige un maximum de sécurisation : j’ai opté pour les meilleurs partenaires dans le domaine. La logistique banque réglée, il m’a fallu prendre l’attache pour le back-office, de partenaires très pointus qui m’offrent des solutions de crowdfunding qui conviennent à mon cahier-des-charges  et qui gèrent toute la partie technique.

Comment avez-vous vécu tout ce parcours de combattant, de conquérant… toute la complexité et la lourdeur de la mise en place d’une telle plateforme ?
DC : Figurez-vous que suis une littéraire à la base. J’ai ensuite plutôt occupé des fonctions administratives (notamment dans la grande distribution…). La finance n’était pas du tout mon coeur de métier. Mais il est vrai que j’avais cette envie d’apporter quelque chose à mon île. Sans prétention. Pas forcément à grand échelle. Mais apporter ma pierre à l’édifice. Mes amis me décrivent souvent comme quelqu’un qui aime trouver des solutions, qui est généreuse, qui aide les autres… On parle de la crise. On dit qu’il n’y a pas d’argent, peut-être que c’est une réalité…  Mais à mon avis, il y a de l’argent : il circule… il faut trouver les connexions. J’ai créé My-Money dans cet optique de trouver ces connexions pour que les martiniquais (parce que je vis en Martinique), toute la diaspora, les Antilles, la Guyane, ceux qui veulent vraiment entreprendre, qui ont des idées puissent enfin voir leurs projets éclore.

Quel est le rôle de My-Money ?
DC : Le rôle de My-Money, c’est un espace dédié à la créativité, à l’entreprenariat. Nos clients ont des profils multiples : entreprises, associations… Les concepts accessibles sur la plateforme sont aussi divers, exemple : Coups-de-main, Coups-de-cœur (évènements tels anniversaires, mariages, départs à la retraite). My-Money, c’est une alternative au système bancaire : à savoir, permettre de trouver des financements. Fini le diktat des banques pour les porteurs de projet ! Sur une telle plateforme on bénéficie d’un espace de liberté, quelque soit son idée, son projet, son envie.
 
Quels sont les principaux avantages qu’offre votre plateforme, My-Money ?
DC : C’est plus facile pour un porteur de projet issu d’une de nos régions d’Outre-Mer de présenter son projet sur une plateforme régionale. En  France métropolitaine, le projet n’aura pas le même écho. Tout ce qui est sur le net est accessible. Des plateformes de ce genre sont lancées tout le temps. Ça fonctionne, c’est une alternative au système bancaire. Au milieu de tout cela, My-Money souhaite faire la différence en travaillant sur nos spécificités. Je vous donne un exemple : un jeune domien a pour projet de redynamiser son quartier. S’il passe par une plateforme en Europe, son projet ne parlera pas vraiment à des contributeurs européens. C’est là que My-Money, plateforme de crowdfounding dédiée aux Antilles-Guyane prend tout son sens et sa force en s’adressant à des Antillo-Guyanais, résidents ou expatriés, à des contributeurs non domiens mais intéressés de soutenir des projets Région-Outre-Mer. Notre cible première est celle-ci mais My-Money n’en reste pas moins une plateforme sur le net, ouverte à tous. Autre avantage : la visibilité optimale relayée par nos comptes Facebook, Twitter pour toucher le premier cercle qu’est la famille, les amis… ensuite les contributeurs. Nous sommes en train de finaliser la mise en place de relations avec les médias qui nous permettrait d’exposer un projet au plus grand nombre.
 
Votre avis sur les atouts premiers d’un projet pour réussir le crowdfunding ?
DC : On a rien inventé, nous avons pris exemple sur l’existant. Nous avons vu les statistiques, fait un bilan et tiré les conclusions. Pour un candidat au crowdfunding,  l’atout premier pour réussir une campagne, c’est le PROFIL. Ça a l’air bizarre mais c’est important à considérer. C’est-à-dire que Monsieur Lambda peut avoir un super projet mais s’il ne présente pas le profil qu’il faut, la campagne de crowdfunding - c’est-à-dire pour lever des fonds - ne sera pas fructueuse.  Je m’explique, dans un premier temps, il faut que le porteur soit acteur de son projet. On lui indique la marche à suivre et lui recommandons de se tenir aux recommandations pour développer. Cela demande une implication à 100% de sa part, voire plus. My-Money ne peut pas faire à sa place. Nous avons l’exemple d’entrepreneurs qui avaient mené un nombre important d’actions de communication : leur campagne pour lever des fonds s’est avérée être une réussite. Et inversement, ceux qui se sont les moins investi, ont connu une situation d’échec. Au-delà de nous faire confiance et donc de suivre nos conseils, le candidat doit être au cœur de son projet et aussi se poser les bonnes questions : Quelles sont mes valeurs ? Suis-je prêt à me mettre en campagne ? Quel usage précis vais-je faire des fonds levés ? Le projet est-il viable et attractif pour le public visé ? Du fait que la toile ne permette aux apporteurs de fonds de rencontrer le candidat au crowdfunding, il leur faut avoir accès à un maximum d’informations claires. Sur le même principe des télé-réalités, une campagne de financement participatif doit fournir les informations sur le candidat, du style : Qui il est ? D’où vient -il ? My-Money conseille même de poster des vidéos (présentations, réponses à un maximum de questions susceptibles d’être posées).
 
Pensez-vous que le Crowdfunding est la solution miracle pour les entrepreneurs, les artistes… ?
DC : Je ne vais pas dire que c’est la solution miracle pour tout porteur de projet. Il n’en reste pas moins que le crowdfunding permet assurément d’accéder à une première levée de fonds. My-money vient de démarrer : nous n’allons donc pas lancer des projets qui demandent 1 million d’euros par exemple. Nous laissons cela à d’autres plateformes majeures. Je dis souvent aux porteurs de projet : Demandez-vous combien d’argent il vous faut pour démarrer ? My-Money rejoint les candidats dans la phase de démarrage de leur activité. A ce titre, un entrepreneur peut souhaiter vouloir lever des fonds juste pour l’achat d’une machine. Le crowdfunding c’est une alternative mais aussi une complémentarité. De plus, le candidat qui dépense de l’énergie pour monter un dossier de crowdfunding peut devenir un interlocuteur plus intéressant à considérer pour un banquier : son profil devient plus rassurant. Qui sait - cela peut provoquer un déclic chez le banquier, un miracle !
 
Quels sont vos arguments pour ceux qui n’osent pas franchir le pas et proposer leur projet ?
DC : Je suis passée par les mêmes hésitations que certains candidats en recherche de financement. Je n’avais que mes yeux pour pleurer quand j’ai reçu le refus de la banque. Il faut oser, oser dans la vie. Les problèmes existent toujours mais c’est chaque individu qui fait la différence avec son état d’esprit, dans la façon de traiter les problèmes. Ne jamais abandonner au lieu d’avoir à regretter. A l’instar de ceux qui ont réussi de grands projets - ils ont commencé quelque part, et surtout ils sont passés de petit à  de plus en plus grand. J’ai envie de dire aux porteurs de projets : «Nous sommes dans un monde où entreprendre est plus difficile, il y a de  la morosité… maintenant c’est à vous de savoir si vous voulez changer quelque chose à votre échelle, dans votre vie, dans votre environnement. Libre à chacun de devenir un exemple !» L’investissement pour une campagne est tellement important humainement, techniquement, mentalement que c’est une façon d’acquérir de la confiance en soi et de la force suffisante pour se surpasser en tirant le meilleur parti d’un tel réseau. Le seul fait de postuler pour My-Money, vous fait créateur de communauté.
 
My-Money.fr est bien sûr présent sur Facebook et Twitter. La page Facebook est très intéressante, nous y publions régulièrement des informations, des astuces. Les membres de l’équipe de My-Money sont joignables par mail . Toute une équipe qui  vous accompagne dans l’accès au financement de vos projets.

Nous profitons pour remercier nos partenaires - Contact-Entreprises  - Martinique développement  et Initiative Martinique  pour leur soutien.


Site : my-money.fr





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