Dinh VZ : « Je suis fier d’être un artiste multiculturel. »


Par La Rédaction | Le 23 Juillet 2016 | Lu 1553 fois

Le changement dans la continuité : Vietzoukeur endosse un nouveau pseudo « Dinh VZ ». Avec lui, tout se fait dans la douceur : chant, mélodies, textes. Il revient avec un titre qui représente un vrai mariage musical des Antilles et du Viêtnam. Dinh VZ n’est plus seulement un Vietnamien chantant en créole, il est un chanteur qui véhicule L’AMOUR (tình yêu), il est touchant et le monde en a bien besoin.


Girlykréyòl : Que signifie votre nom de scène « Dinh VZ » ?
DVZ :
En fait, j’ai voulu garder mon vrai prénom, Dinh et VZ sont les initiales du nom de scène que j’avais à mes débuts, c’est-à-dire Vietzoukeur.

Girlykréyòl : On revient toujours à la même rengaine, comment un Vietnamien en vient à parler et chanter en créole ?
DVZ :
Il est vrai que l’on me pose souvent cette question. Pour vous répondre, je suis arrivé aux Antilles à 30 ans et pour la première fois de ma vie, je ressentais ma différence. J’ai voulu m’intégrer et pour cela, il fallait que j’apprenne le créole, mais également la culture des Antilles, car bien souvent, on pense que la culture antillaise ne se résume qu’à la langue créole et à la cuisine, mais c’est bien plus que ça. Quant au fait de chanter en créole, c’était pour moi une façon de faire passer un message, mais surtout essayer de changer la vision des gens sur les Asiatiques qui sont majoritairement chinois et qui ne s’intègrent pas.

Girlykréyòl : Mais, justement, y a -t-il une certaine difficulté à apprendre le créole ?
DVZ :
Le créole est facile à apprendre quand on connaît quelques règles. La difficulté était que les personnes que je connaissais n’arrivaient pas à me l’expliquer. Il faut savoir qu’aux Antilles, les gens parlent le créole, mais certains ne savent pas le lire et encore moins l’écrire. J’ai donc acheté le peu de livres que j’ai pu trouver et avec l’aide de ma compagne de l’époque, je l’ai appris.

Girlykréyòl : Vous vous imaginiez un jour devenir un chanteur de Zouk connu aux Antilles ?
DVZ :
(rire.) Non, pas du tout. D’autant plus, qu’à la base, je ne suis pas chanteur et j’ai d’ailleurs un coach vocal pour travailler ma voix. Mais cela montre que la vie nous réserve souvent des surprises inattendues !

Girlykréyòl : Qu’est-ce que cela vous fait ?
DVZ :
Vous savez, il y a quelques jours, l’extrait de mon nouveau clip « Ola ou yé » a fait un buzz inattendu sur les réseaux sociaux. Même si un buzz reste un buzz, positif ou négatif, je ne m’attendais pas à tant de haine et d’insultes pour autant. En voyant tous les messages, j’ai été très déçu de constater que certaines personnes – de diverses origines – n’ont toujours pas l’esprit ouvert, n’acceptent pas qu’une personne étrangère veuille représenter une culture – parfois la leur – pour la faire voyager au-delà des frontières. Alors j’ai décidé de faire une vidéo pour répondre à ces personnes. Une fois de plus, j’ai été surpris, mais cette fois, par tous les messages positifs que j’ai pu lire. Alors pour répondre à votre question sur ce que cela me fait d’être un chanteur de zouk, je répondrai que je suis fier d’être un artiste multiculturel qui représente les Antilles, mais aussi l’Asie, car je n’oublie pas ni ne renie mes origines. J’aimerais aussi profiter de cette interview pour remercier toutes ces personnes qui m’encouragent, croient en moi, ou qui soutiennent simplement ma démarche culturelle.

Girlykréyòl : Vous avez vécu 9 ans en Guadeloupe. Avez-vous le sentiment que cela a changé votre vie ?
DVZ :
Énormément. Vous savez, lorsque j’ai quitté la France Hexagonale en 2006, j’étais alors cadre chez IBM et éleveur de bulldogs anglais (champion de France en 2005 et champion du monde en 2006). J’ai tout plaqué pour aller où ma destinée m’emmenait. J’ai tout recommencé à zéro, mais dans d’autres voies : la téléphonie et la musique. Et je peux dire aujourd’hui que mon aventure humaine vaut tout l’or du monde.

Girlykréyòl : Qu’est-ce que la Guadeloupe représente à vos yeux ?
DVZ :
La Guadeloupe est ma terre d’adoption, chère à mon cœur et à mon âme même si elle m’a fait souffrir, car même si je me suis intégré, cela n’a pas été facile. Mais comme je dis souvent, c’est dans la difficulté qu’on apprend. Aujourd’hui, je vis entre la Suisse et la France, mais je dois avouer que la Guadeloupe me manque beaucoup.

Girlykréyòl : Vous faisiez beaucoup de scènes en Guadeloupe. Depuis votre départ de l’île aux belles eaux, comment vivez-vous votre passion ?
DVZ :
Vous savez, revenir en France, ça veut dire prendre de nouvelles habitudes, activer les contacts que l’on avait déjà, mais aussi s’en faire de nouveaux. Donc au niveau scène, j’étais en stand by. De plus entre l’écriture de mes textes, les séances de coaching, etc., je prends mon temps. J’ai d’ailleurs créé mon équipe, car en Guadeloupe, je devais tout gérer seul. Maintenant, je suis entouré d’une attachée de communication & consultante : Valéria Coqk, sur l’album, je travaille avec un très bon programmateur musical : Frédéric Wurtz, et pour mon clip « Ola ou yé », j’ai choisi le réalisateur Jima Kanor.

Girlykréyòl : Un regret ?
DVZ :
Pour l’instant… aucun. Vous savez, même si parfois je me dis que j’aurais dû faire telle ou telle chose de telle ou telle manière, je n’ai pas de regret pour autant, car j’essaie de vivre en ayant peu de regrets et de faire les choses que j’aime avec le plus de droiture possible.

Girlykréyòl : Vos chansons sont empreintes de positivité, d’amour... Ce seront les couleurs de votre premier album à venir ?
DVZ :
Tout à fait. Aujourd’hui, je pense que nous vivons dans un monde où nous avons besoin de messages positifs et d’amour. D’ailleurs, sur cet album, vous retrouverez « Twa Kilti  », « Mèsi » et « Eu te encontrei » qui parlent d’amour, d’humanité, de mixité des cultures, et bien évidemment, mon tout nouveau titre zouk « Ola ou yé », sorti le 20 mai, qui est plein d’espoir et vous invite à positiver après une déception amoureuse.


© Rikko Ross
© Rikko Ross

MINI-BIO

Né au Viêtnam, Dinh VZ plus connu comme « Le Vietzoukeur » a grandi en Haute-Savoie.
De son vrai nom Dinh NGUYEN, il découvre la culture antillaise en 2006 en s’installant en Guadeloupe, c’est ainsi que son aventure commence.
Quelque temps après, il se met à chanter des titres en créole dans un karaoké, cela provoque l’euphorie de la foule. Il prend alors conscience qu’utiliser la musique serait pour lui une façon de montrer son intégration et son amour du pays. Tout s’enchaîne, il se retrouve sur scène en live accompagné de grands musiciens locaux, et en mars 2013, il sort son premier single « Twa Kilti » dont il est l’auteur-compositeur.
En juin 2013, il fait le buzz lorsqu’il sort le clip de « Twa Kilti  » avec 180 000 vues en 4 semaines. Il est sollicité pour des prestations en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à Saint-Martin, à La Dominique et en France hexagonale et a même la chance de performer au Canada.

Ce buzz lui a non seulement permis de se faire connaître dans le milieu musical antillais en moins d’un an, mais aussi d’être nommé comme révélation de l’année au « HIT LOKAL AWARD » (récompense musicale domienne à Paris).
En mars 2014, il sort son second opus qui est un compas haïtien. Il a de nouveau collaboré avec de grands musiciens – cette fois haïtiens. Courant 2015, il sort deux morceaux : un son d‘ambiance « 1, 2, 3, 4 bougé ! », en collaboration avec Christian Yéyé – morceau présent sur la compil « Zik à Gogo » – et un kizomba « Eu Te Encontrei », dans lequel il chante en 4 langues (portugais, créole, français et vietnamien).

Le 20 mai 2016, il sort son nouveau single « Ola ou yé » en collaboration avec Frédéric WURTZ.
Pour son retour dans le zouk, il a choisi de chanter en créole et vietnamien pour nous parler d’amour et de positivité. Son message est clair : « Adan la vi fo pa ou blamé an contrariété (dans la vie, il ne faut pas blâmer une contrariété) ». Il prépare doucement, mais sûrement, son premier album dont la sortie est prévue pour cette fin d’année.

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