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Audrey Nollet de La Caribéenne


Par La Rédaction | Le 24 Mai 2014 | Lu 1569 fois


Audrey, parlez-nous de votre parcours ?
Audrey Nollet : Ouh là là, J'ai vécu de multiples expériences avec un parcours scolaire et professionnel enrichissant.
J'ai quitté la Martinique à 13 ans, pour aller étudier en Métropole. Après mon baccalauréat, je me suis dirigée vers des études en cosmétologie, tout en multipliant différents emplois pour financer ma formation et mes dépenses quotidiennes. Puis le destin m'a dirigé vers le secteur de l'événementiel. J'ai pu travailler pour le groupe de production audiovisuel Endemol sur des plateaux télévisés.
 
Je suis partie à Londres, quelques années, pour continuer dans l'événementiel. Puis j'ai suivi une formation afin d'obtenir le certificat de sécurité sauvetage (C.S.S), devenu certificat de formation sécurité (C.F.S) qui m'a permis d'être P.N.C (Personnel navigant commercial-hôtesse de l'air). 
 
En parallèle, je me suis découvert une passion pour les cheveux avec une amie. Nous dépensions énormément d'argent en soin capillaire et dans les salons de coiffure, sans connaître la composition des produits ni leur utilité réelle. Jusqu'au jour ou j'ai décidé d'entretenir seule mes cheveux et apprendre à les connaître. Nous avons donc démarré nos recherches sur différents sites et blogs américains pour en savoir plus.
 
À mon retour en Martinique, il n'était plus possible de trouver les produits que j'avais l'habitude d'acheter en Angleterre. Un constat auquel s'est rajoutée une prise de conscience sur mon insatisfaction professionnelle et donc l'envie de passer à autre chose.  Le déclic a été la naissance de ma fille qui m'a donné le courage d'oser entreprendre. Ainsi, c'est matérialisé l'idée de commercialiser tous ces soins efficaces qui n'étaient pas encore présents aux Antilles-Guyane. J'ai démarré en 2011 Caraïbes Hair Care, je vendais en réseau à domicile. L'année suivante, la création de www.lacaribeenne.com  nous a permis de nous ouvrir sur la Guyane et la Guadeloupe. Il y a aussi notre partenaire, la boutique "Les Hairoines" située à Dakar gérée par mon amie et qui vit actuellement là-bas.

Est-ce que c'est plus facile parce que vous êtes une femme de réussir dans le domaine du cheveu ?
AN : Femme ou homme, domaine du cheveu ou autre, entreprendre n'est pas une chose facile. 
La conjoncture française est compliquée actuellement certes, mais il faut aussi acquérir  le sens de la gestion. Faire de sa passion un métier est aussi une grande motivation pour surmonter les difficultés. 
 
Y a-t-il un engouement de la femme antillo-guyanaise pour les produits capillaires ?
AN : Oui, les femmes antillaises et guyanaises ont toujours eu un engouement pour tout ce qui touche la santé, le bien-être et la beauté. Mais nous sommes désormais plus exigeantes. On ne peut plus se contenter de vendre des soins capillaires uniquement, sans maîtriser l'aspect informatif et de consommation ! Les clientes ont besoin d'être guidées et conseillées en fonction de leurs besoins et types de cheveux. Je tente de leur fournir des réponses via le Blog de La Caribéenne.com entre autres.  

Est-ce qu'une femme-entrepreneure peut réussir toute seule ?
AN : Hum ! Qu'entendez-vous par "toute seule"? Une femme peut créer, financer, gérer, et se donner les moyens d'assumer seule son entreprise. Ce qui est mon cas. Mais l'entourage est aussi un paramètre important. Pour ma part, je prends certes les décisions seules, mais j'ai aussi le soutient moral de mon mari, ma famille et de "mon club des 4" qui sont mes meilleures amies que je ne peux pas négliger. Je suis aussi croyante et je ne peux pas commencer ma journée sans avoir demandé à Dieu de me guider. 
Mais cela n'est pas propre à la femme. Quel chef d'entreprise peut se vanter d'avoir emmené sa structure au summum seul ? Lorsqu'une entreprise se développe, il y a  une équipe qui travaille dans l'ombre. Si tu réussis, c'est que tu as une bonne équipe. Je remercie la mienne. Donc je dirais homme ou femme nous ne sommes jamais réellement seul. 
 
Faut-il faire des sacrifices pour réussir ?
AN : Oui ! Quand nous créons une entreprise et que l'on se fixe des objectifs, c'est toute notre vie qui est chamboulée. J'ai deux enfants, une vie de famille, des amis et il y a des choses que je ne peux plus faire, car je m'investis dans ma vie d’entrepreneur. Il faut du temps pour ma famille et pour mon entreprise. Je me réveille à 5h du matin, je ne suis pas couché pas avant minuit. Mon sommeil est lui aussi sacrifié (rires).

Quelle perspective avez-vous pour votre entreprise dans les 2-5 ans ?
AN : Déjà dans un terme plus court, c'est-à-dire dans quelques mois, il y aura plein de nouveautés : de nouvelles marques à mon catalogue, des évènements... J'ai des projets plein la tête : restez branché(e)(s) sur lacaribeenne.com  !
 
Un dernier conseil pour celles qui souhaitent entreprendre ?
AN : Premier conseil : bien étudier de la faisabilité du projet, bien définir ses objectifs sur 3 à 5 ans. Deuxième conseil : si elles croient vraiment en leur projet, ne pas hésiter à poursuivre jusqu'au bout. S'attendre à ce que des erreurs soient commises : l'essentiel, c'est d'en tirer le meilleur enseignement. Et surtout ne pas se décourager. Les débuts sont souvent très difficiles, il faut s'accrocher.

Votre conseil numéro un pour l'entretien des cheveux ?
AN : En deux mots, de l'amour et de la patience. Il n'y a pas de produits-miracles. Bien entretenir ses cheveux, c'est adopter de bons gestes et utiliser de bons produits...
 
Un conseil d'experte pour un cheveu naturel ?
AN : Le cheveu crépu naturel est contrairement à ce que l'on peut penser un cheveu très fragile. Apportez-lui une bonne hydratation et manipulez-le avec douceur. 

Je vous laisse le dernier mot…
AN : Beaucoup de réussite à Girlykréyòl, vous êtes un partenaire de choix dans la promotion de nos entreprises émergentes.

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