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Au secours, mon enfant est en surpoids


Par | Le 21 Novembre 2015 | 0 commentaire(s)


Des joues rondes, des cuisses potelées... Lorsqu’on voit son enfant s’arrondir, il n’est pas facile d’avoir la bonne réaction. Entre la crainte de le voir souffrir à la fois physiquement et psychologiquement de son embonpoint, les injonctions des messages de prévention de la mode qui ne cessent de nous dire que la beauté est une question de poids, sans parler de la pression de la famille ou de l’entourage, il n’est pas si simple de savoir comment faire pour aider son enfant en surpoids sans lui mettre la pression… Voici quelques conseils qui devraient vous aider à gérer au mieux cette situation et une liste des erreurs à ne surtout pas commettre !



© dementevajulia
© dementevajulia
Cela commence par quelques difficultés pour habiller nos chers petits… On commence à avoir du mal à trouver un pantalon qui soit assez large sans pour autant devoir le raccourcir de 10 cm, un tee-shirt dans lequel le petit ventre va entrer sans avoir les manches qui pendouillent. Bref, ce sont souvent les vêtements qui nous alertent sur le surpoids de nos enfants. C’est vrai, tous les parents le savent, les enfants ont tendance à « grandir dans le désordre ». Ils s’arrondissent durant quelques mois, on s’inquiète et puis, comme par magie, durant les mois suivants, ils poussent en hauteur et tout s’équilibre. Du coup, on ne sait pas trop à quel moment s’interroger, à quel moment il faut s’inquiéter d’un enfant en surpoids.

Son carnet de santé, tu consulteras
La première chose à faire, c’est de prendre soin de remplir les courbes de taille et de poids qui sont dans le carnet de santé de nos chérubins. Elles sont un indicateur. « Elles tiennent compte d’un poids dit normal qui se situe dans le poids moyen plus ou moins 20 % » explique Catherine Colomb, Pédiatre. « Oui on peut être d’un poids normal à plus ou moins 20 %, il ne faut donc pas s’inquiéter tant que l’on est dans cette courbe. Enfin, c’est un peu plus subtil. En fait, ce qui doit alerter en premier lieu, c’est une monté en flèche de cette courbe si elle était auparavant régulière » poursuit la quinquagénaire.

Catherine Colomb confie qu'elle voit arriver de plus en plus souvent de mères paniquées parce que leur enfant n'est pas dans le bas de la courbe du poids figurant dans le carnet de santé. « Parfois, l'inquiétude est justifiée par un vrai début d'obésité. Mais souvent, ces enfants sont simplement au milieu, voire en haut de la courbe. Il y a une vue de l'esprit selon laquelle la valeur basse de la courbe est devenue la norme. Ceci est faux ! Tout le monde n'est pas programmé pour être filiforme ». Certains enfants son programmés pour être plus ronds, mais la courbe est très régulière… Ils sont toujours à + 25 % au-dessus du poids moyen. D’autres ont un poids moyen tout à fait standard, et d’un seul coup, la courbe monte ou descend, il y a dans ce cas-là lieu de comprendre ce qui se passe. « Ce qui doit alarmer, c'est lorsque l'IMC (rapport du poids en kg sur le carré de la taille en m2) se met à grimper rapidement » explique la praticienne.

Paniquer, tu ne devras pas, la solution est toujours à portée de main
Si votre enfant est en surpoids, la première chose à « ne pas faire, c’est de sur-réagir » martèle Catherine Colomb. « Évitez le catastrophisme, ne transmettez pas votre inquiétude, ne le passez pas à la loupe en permanence », insiste la pédiatre. Bref inutile de le stresser avec vos angoisses. C’est un enfant ! Si vous êtes angoissée sachez qu’il n’y a rien de catastrophique, que vous avez tout le temps pour réagir. Le monde ne va pas s’écrouler pour quelques kilos de trop, en revanche, selon votre réaction, « vous pouvez, ou pas, provoquer un véritable cataclysme dans l’esprit de votre enfant. Cela pourra laisser des séquelles à tout jamais dans son psychisme, et même avoir l’effet inverse à celui que vous cherchiez à obtenir : faire qu’il se réfugie dans la nourriture ! » Confirme Catherine Colomb.

« Sans le passer au scanner 24 heures sur 24, observez votre enfant en surpoids. Est-ce qu’il mange plus, est-ce qu’il mange en cachette, est-ce qu’il mange différemment ? Est-ce qu’il a arrêté le sport, est-ce qu’il va à l’école en bus ou en voiture alors qu’il y allait à pied ? Est-il stressé, vous semble-t-il malheureux ? » Poursuis la spécialiste. En observant son comportement, vous comprendrez peut-être ce qui a changé dans sa vie pour qu’il s’arrondisse ces derniers mois. Il sera donc possible d’agir sur ce qui coince. Si vous devez maintenant l’accompagner à l’école en voiture, car c’est plus loin que l’an dernier, proposez-lui une activité physique le week-end ou un soir de semaine, par exemple. S’il mange plus pour son goûter et en particulier des céréales hyper sucrées ou des biscuits, rendez ludiques des en-cas à base de fruits, etc. « Il est parfois facile de trouver de tous petits trucs pour rétablir un bon équilibre » explique joyeusement la pédiatre.

Enfin, si votre enfant en surpoids vous semble malheureux, mal dans sa peau, essayez de parler avec lui afin de savoir ce qui ne va pas et n’hésitez pas à consulter un spécialiste. Il arrive qu’un enfant vive très mal une séparation, le deuil d’un parent, d’un grand-parent, ou d’autres choses sur lesquelles il n’est pas possible d’agir. Si le fait d’en parler avec lui n’est pas suffisant, ou s’il refuse d’en parler avec vous, ne le laissez pas s’enfoncer dans la dépression.

S’il s’agit d’un autre problème comme des moqueries d’autres enfants de sa classe, par exemple, ne lui dites surtout pas : « Bah, tu vois si tu étais moins gros cela n’arriverait pas ! »… Au contraire, soutenez-le, montrez-lui que vous êtes là, à ses côtés. Parlez avec lui des solutions pour se défendre, pour répondre, proposez-lui d’en parler avec ses professeurs.

Un médecin, tu iras voir… Un bon état d’esprit, tu devras garder
Si vous vous retrouvez coincée, que vous ne comprenez pas ce qui se passe, pourquoi votre enfant a pris du poids, ou que vous n’arrivez pas à établir de dialogue avec lui, parlez-en à votre médecin. Là encore, du tact et de la mesure. On ne va pas voir le médecin en disant : « Je viens vous voir parce que mon fils est trop gros, c’est grave et je n’y comprends rien ! » ! On peut en revanche aller voir le médecin avec son enfant en surpoids en disant : « Nous venons vous voir avec notre fille, car ces derniers mois, elle semble s’être arrondie un peu et que nous voudrions savoir si tout va bien ? »… On reste positif. C’est essentiel.

L’attitude de votre médecin est, elle aussi, capitale… S’il se moque de votre enfant en lui disant « Alors, petite, on prépare le concours de Sumo ? »… Fuyez !!! Pareil, s’il semble alarmiste et qu’il vous dresse un tableau de toutes les maladies mortelles auxquelles votre fille va succomber s’il ne fait rien ! Un enfant ne peut pas gérer un tel stress, et ce n’est d’ailleurs pas son rôle ! Et puis surtout, ce n’est pas pour cela que vous allez voir le médecin, mais pour faire un point, comprendre ce qui se passe et voir ce qui peut être fait.

Un spécialiste, tu consulteras dans certains cas
Si votre consultation avec le médecin généraliste n’a rien donné, n’hésitez pas à consulter un spécialiste de l’obésité et du surpoids des enfants. Il y a des services spécialisés dans chaque département français.
En consultant un spécialiste, vous avez l’assurance de rencontrer un médecin formé à l’accueil des enfants en surpoids qui saura faire avec vous et votre chérubin l’analyse de ce qui se passe et vous proposer des solutions.

Maigrir, ton enfant évitera… Son poids, tu devras stabiliser
Il y a une chose que les parents ne savent pas assez et qui est capitale : il est inenvisageable de faire faire un régime drastique à un enfant.
« L’enfance et l’adolescence sont les meilleurs moments de la vie pour envisager une perte de poids. Pourquoi ? C’est tout simple. Ce sont les seules périodes de la vie durant lesquelles on grandit » dévoile la pédiatre Catherine Colomb.
« Ainsi, il suffit qu’un enfant stabilise son poids et qu’il grandisse pour que son Indice de Masse Corporelle se rétablisse et retombe dans la norme. Il ne s’agit donc pas de faire maigrir votre enfant, mais de l’aider à stabiliser son poids et tout ira bien ! », précise la spécialiste.

Pour rétablir un bon équilibre alimentaire, on passe souvent par des petites astuces : mélanger des légumes verts avec des féculents, remplacer les biscuits par du pain et un bout de chocolat, etc. « Il est très important que votre enfant comprenne qu’il n’y a pas d’aliments qui font grossir et d’autres qui font maigrir ». La pâte à tartiner ne fait pas grossir, et les haricots verts ne font pas maigrir… « En revanche, 300 calories de haricots verts et 300 calories de pâte à tartiner n’ont pas la même densité et ne représenteront donc pas la même quantité » indique Catherine Colomb… En lui expliquant tout cela et en lui montrant qu’il peut choisir tous les jours entre deux cuillères de pâte à tartiner ou une bonne assiette de haricots verts et de pommes de terre, il devrait facilement savoir varier.

Une activité physique, tu lui feras faire…Ludique, elle devra être
Plutôt que de parler de sport, pensez activité physique. Il y a dans le sport une dimension « être le meilleur » qui n’est pas toujours positive. L’essentiel n’est pas que votre enfant soit le meilleur au foot, mais qu’il se dépense et qu’il s’amuse.
L’activité physique ne doit jamais être une contrainte, elle doit toujours être ludique. C’est d’ailleurs le moment pour vous aussi de rebouger un peu… Les promenades en campagne, le week-end sont excellentes par exemple, à la fois pour bouger, mais également pour partager un bon moment.
Si votre enfant est très rond et qu’il a du mal à bouger, ne le mettez pas en échec en lui proposant une activité physique trop rude pour lui. Trouvez ensemble une solution pour bouger sans se faire mal et sans devoir subir les quolibets des copains.

Pour son bien-être, demander de l’aide, tu ne devras pas t’en passé
Comme nous l’avons évoqué plus haut, le poids de votre enfant, son alimentation, rien de tout cela ne doit devenir un enjeu entre vous. Si c’est le cas, il est quasiment certain qu’il mettra toute son énergie à vous contredire plutôt que de continuer à grandir tranquillement.

Le maître-mot est la bienveillance. Nous avons tous autour de nous des personnes rondes qui ont été, osons le dire, mal traitées dans leur enfance par des parents persuadés de bien faire et surtout de faire pour le bien de leurs enfants. Des enfants qui ont été humiliés par leurs parents devant leurs camarades, leur famille, des enfants à qui l’on a fait des remarques à longueur d’année, des enfants que l’on empêchait de manger et qui, du coup mangeaient en cachette, etc.

Parmi les témoignages que nous avons eus sur ce sujet quelques-uns traduisent ces situations d’échec :
  •  des parents qui donnent de l’argent de poche en fonction du poids perdu à leur enfant de 10 ans.
  • des enfants qui, pour leur anniversaire, n’ont pas droit de toucher à leur gâteau et n’ont droit qu’à une pomme pendant que le reste de la famille ou les copains mangent le gâteau.
  • des enfants privés de nourriture, frappés s’ils sont pris en train de manger en cachette.

Il ne s’agit pas de jeter la pierre aux parents, mais de mettre en garde contre l’effet absolument contre-productif de ces pratiques. « Elles ne permettent en général pas à l’enfant en surpoids de perdre du poids durablement et développent souvent des troubles du comportement, voire des troubles du comportement alimentaire » développe Catherine Colomb.
 
Il faut aussi penser que les enfants peuvent faire des dépressions à la suite du décès d’un proche, d’une séparation, de l’arrivée d’un autre enfant dans la famille, etc. Mais ce n’est pas tout, un enfant en surpoids est souvent victime de vexations à l’école, dans la famille... Cela peut aussi entraîner une grave dépression.

Vous le voyez, si votre enfant est en surpoids, la première chose à faire, c’est de ne pas paniquer, de ne pas lui communiquer un stress supplémentaire. S’il y a lieu de surveiller et d’intervenir afin que l’on ne passe pas d’un surpoids modéré à une obésité voire une obésité massive, on n’oublie pas qu’il est beaucoup plus facile de rectifier une courbe de poids durant l’enfance et qu’il n’y a pas lieu de se précipiter. Rassurez votre enfant : votre amour pour lui n’a rien à voir avec le nombre de kilos sur la balance, et quel que soit son poids, vous n’aurez jamais honte de lui… En suivant ces quelques règles, tout devrait très rapidement rentrer dans l’ordre !

Il y a gros, obèse, et gros obèse…
L'homme le plus gros du monde, vivant actuellement, pèse plus de 550 kg. Il ne peut plus se mouvoir, est cloué sur un lit qui ressemble plus à une plateforme. Il est malheureux. On est classé comme obèse lorsqu'on a un indice de masse corporelle supérieur à 30. Pour le calculer, c'est simple : votre poids divisé par votre taille au carré, exprimée en mètres. On peut avoir honte de "3 kg en trop"... bien des gens sont complexés... Mais les obèses, souvent, n'ont pas une image réelle de leur silhouette. La plupart du temps, ils se voient "enrobés" ou "ronds", et ont un coup de massue.


Nasra ANASSI TARACONAT
Journaliste passionnée par la famille, la santé... « Ecrire, Communiquer, Partager, c’est être... En savoir plus sur cet auteur


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