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Allaiter ou ne pas allaiter au sein, telle est la question ?


Par La Rédaction | Le 23 Janvier 2016 | 0 commentaire(s)


Le débat fait rage entre celles qui ne sont que pour l'allaitement maternel et celles qui acceptent l'allaitement artificiel. Est-ce que ce n'est pas un choix qui appartient à chaque mère ? Poussons la réflexion...



© MurielleB
© MurielleB
Depuis la nuit des temps, la mère donne la tétée, cet acte naturel a toujours été une source de discussions, de controverses... Et la libération de la femme en France a joué un rôle sur la mère-allaitante. L’allaitement est devenu pour une majorité de femmes une « obligation » et a vu apparaître le droit au non-allaitement. Cette lutte a trouvé un écho auprès des fabricants de substituts, ce qui a permis de passer du sein au biberon, le biberon devenant la règle et le sein l'exception. Le délaissement du sein et la distribution d’échantillons gratuits ont poussé, en 1981, à adopter le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, un moyen de limiter leur consommation au profit de l'allaitement maternel.

Dès les années 90, le taux d'allaitement exclusif au sein a augmenté même s'il chute au bout de trois mois. L'OMS (l'organisme mondial de la santé) prône l'allaitement au sein, se réapproprier cette alimentation idéale pour l'enfant à coups de campagnes et en intronisant la semaine mondiale de l'allaitement maternel (dans plus de 170 pays). Le lait maternel exclusif (ni autres aliments [lait en poudre], liquides [lait de vache], y compris l'eau), jusqu'au sixième mois – dans l’heure suivant la naissance – matin et soir à la demande avec une précision, que la maman se dispense de biberons, tétines pour éviter la confusion... 
Mais pourquoi toutes ces recommandations ? Parce que l'allaitement au sein apporterait tous les nutriments dont bébé aurait besoin pour une bonne croissance, un bon développement sensoriel et cognitif, une protection contre les maladies (infectieuses et chroniques [obésité, diabète, allergie, maladies cardiovasculaires]), le lait maternel contient des anticorps qu'il est le seul à posséder. Sans omettre les bienfaits pour la maman : réduction du risque de cancer ovarien ou mammaire, la perte de kilos. Et en plus, a un avantage pour la planète, eh oui, c'est écologique d'allaiter son bébé.

L'ALLAITEMENT PAS SI FACILE QUE ÇA...
La future maman se retrouve submergée par divers doutes, craintes – influencée par le point de vue des femmes de sa famille, de ses amies – sur sa capacité ou incapacité à donner le sein. 
Pour celles qui ne veulent pas donner le sein tout court, les raisons invoquées sont : les seins qui tombent (le droit de les préserver), le sein qui appartient au père (une forme d’érotisme), la situation au travail, le regard de l'autre (donner le sein en public) ... Et pas les moindres, la fatigue parce que donner le sein est éprouvant, que ce soit sur le plan moral ou physique (douleurs, crevasses). En revanche, certaines mamans veulent donner le sein sans aucune hésitation, mais se retrouvent confrontées à : une sécrétion de lait insuffisante, un bébé qui refuse le sein... Et préfèrent abandonner en donnant le biberon. La Leche League France (association pour le soutien à l’allaitement maternel ) confirme qu'allaiter, ça s'apprend ! Oui, oui, les positions, la mise au sein...

L'ALLAITEMENT ET LE TRAVAIL
Il n'est pas évident pour une femme de travailler et d'allaiter. La CoFAM (coordination française pour l'allaitement maternel) dans un communiqué de presse en 2015, soutenait que « l'allaitement et le travail, c'est possible, relevons le défi ». La question se pose, comment une mère active peut continuer l'allaitement ? 
L'OMS sollicite les employeurs à encourager les mamans à allaiter en mettant en place des actions pour les y aider comme par exemple avoir des horaires flexibles, travailler à distance ou à temps partiel, et même les collègues en étant solidaires...
Le Dr Myriam Szejer dans son livre « l'art de nourrir bébé », explique que « Nourrir un bébé, dans l'esprit d'une mère, dépasse largement la dimension alimentaire et les débats classiques de la puériculture... Touchant à l'histoire consciente et inconsciente de chaque sujet, il s'inscrit dans une relation issue elle-même du contexte familial et socioculturel... »
Une maman heureuse (au sein ou au biberon) c'est aussi un bébé heureux selon les spécialistes, il est primordial de se faire soutenir et si possible d'impliquer le papa, un vrai soutien psychologique. Pour conclure, aucune culpabilité, il n'y a pas de mère parfaite, chaque mère fait toujours de son mieux.

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Quatre mamans en parlent :

Franceline, 53 ans, trois enfants
« J'ai allaité tous mes enfants au sein, j'avais besoin d'être au plus près de mon bébé (peau à peau) et j'ai adoré cette relation-sensation avec chacun d'eux. Ça nous faisait du bien à tous les deux. Je les ai allaités pendant 6 mois exclusivement, c'est mon dernier qui n'a plus voulu de la tétée, j'ai dû passer au biberon. Le lait maternel est meilleur pour le bébé, je reconnais que le dernier a souffert d'otites à répétition et que ma fille aînée a une santé fragile malgré l'allaitement. Qu'en est-il du lait maternel avec tout ce que l'on mange aujourd’hui ? Mais malgré tout, si une mère peut allaiter son enfant, c'est mieux ! »

Cécilia, 34 ans, deux enfants
« Je suis pour les deux formes, le sein et le biberon, c'est un réel plaisir d’allaiter et le biberon dépanne. En allaitant au sein, il y a vraiment un lien qui se crée ou s’amplifie ; en tirant mon lait, ça m'a permis de me libérer quelques heures et c'était l'occasion pour le papa de créer sa place en donnant le biberon. J'ai allaité pendant 6 mois, en reprenant le travail, elle avait déjà un an et elle avait arrêté le sein, donc je n'ai pas eu de difficulté. »

Josette, 60 ans, 1 enfant
« Je n'ai pas donné très longtemps le sein à mon enfant, j'avais des crevasses et ça saignaient depuis l’hôpital, donc au retour à la maison, j'ai continué le lait en poudre. »

Aline, 25 ans, 1 enfant
« On me demande pourquoi je ne veux pas allaiter au sein, avec un regard désapprobateur, comme si j'étais une bête curieuse, une mauvaise maman... Mon manque d'envie, je n'ai pas à le justifier, je préfère donner le biberon à mon enfant, c'est mon choix, on met une trop grande pression aux mamans... »




Grossesse & Bébé | Vie de maman célibataire


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